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- Cependant quelques-unes des forges de Vicdessos (vallée de la mine du Rancié) étaient possédées en multipropriété, chaque tenant pouvant user de la forge pendant un temps préalablement défini.
Ils étaient forgeurs de père en fils. Ils étaient jaloux de leurs secrets et les étrangers à la famille restaient valets. Les forgeurs étaient originaires des cantons de Tarascon et des Cabannes, en particulier de Rabat et de Saurat.
a ) - Le garde forge : homme de confiance du maître; il était chargé de surveiller l'approvisionnement en minerai et en charbon.
- Le commis était aussi chargé de la surveillance. Il s'occupait des commandes et de la vente du fer.
b) La fabrication du fer était assurée par une brigade de 8 forgeurs qui travaillaient nuit et jour.
- Le foyé, premier maître en chef de brigade, montait et entretenait le creuset.
- Le mailhé, maître forgeur, dirigeait le mail, le travail mécanique du fer.
- Les deux escolas, "véritables fondeurs de ces forges" règlaient l'allure du vent et du feu et surveillaient la réduction du minerai.
- Les deux pique-mines étaient chargés de broyer le minerai. L'un était le valet du foyé, l'autre celui du mailhé qu'ils aidaient au creuset et au marteau.
- Les deux miailhous, deux valets au service des escolas pour porter la mine et le charbon au creuset.
Toutes les statistiques indiquent que la forge était servie par 8 ouvriers auxquels s'ajoutaient un garde forge et un commis.
Pour la forge de Montgailhard, il y avait, à une époque lointaine, deux équipes de 8 ouvriers qui travaillaient 6 heures chacune, et se relayaient toutes les 6 heures, ceci sur 24 heures et sur 6 jours. Les ouvriers ne rentraient chez eux que le dimanche et la forge s'arrêtait.
A une époque plus récente et jusqu'en 1960, cette forge fonctionnait avec 36 ouvriers qui travaillaient en "3 X 8 heures", c'est -à-dire 8 heures chacune sur 24 heures. La forge s'arrêtait le moins possible.
Le foyé procédait au chargement du creuset avec une pelle en bois ou en fer.
Puis l'escola s'occupait du feu, soudait le massé.
Dès que le massé était prêt, se détachait; cinq ou six hommes (l'escola et quatre valets outillés de ringards, crochets...) accrochaient le massé et le renversaient à terre. En le faisant tourner sur le sol, il était aussitôt conduit près du marteau.
Ce massé était d'abord battu par des valets avec de gros marteaux à main. Puis sur l'enclume, avec un lit de brasque et de fraisil (poussière de charbon enflammée), le marteau du martinet commençait à l'aplatir. Le massé était d'abord partagé en deux , chaque moitié appelé massoque. Chaque massoque était recoupée en deux moitiés , appelées massouquettes.
Le pique-mine pouvait alors étirer chaque massouquette en barres.
Cette opération de réduction du minerai se répétait quatre fois en 24 heures.
a) Le roulement de 7 à 8 mois par an, en totalité, de la forge à la catalane était interrompu de périodes de chômage dues au manque de minerai, de charbon de bois, les réparations au creuset ou au marteau, les basses eaux de l'été et du début de l'automne, le gel de l'hiver.
b) Sur ou près des forges, on voyait "fleurir" des croix de fargade. Elle était plantée chaque fois que les ouvriers dépassaient de façon conséquente leur production habituelle.
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