La littérature jeunesse à l’école

Animations pédagogiques du 07 janvier et du 06 mai 2009
mardi 12 mai 2009
par  CPC EPS
popularité : 3%

Introduction

Une première intention est de qualifier le rôle de la littérature jeunesse dans les enseignements de la maîtrise de la langue. Cette entrée en littérature ne doit pas cacher les autres éléments qui composent le paysage de la lecture à l’école. L’usage du livre jeunesse dans la classe se situe dans l’ensemble des activités de lecture.
Il faut rappeler au préalable que la maîtrise de la lecture et de l’écriture est le premier rempart contre l’illettrisme. Jusqu’au savoir maîtrisé, et au delà, il faut susciter l’envie, le désir de lire : une introduction à des univers de lecture différents qui vont mobiliser l’intérêt de l’élève, le mettre en appétit.
Une appétence qui passe par l’inscription du comportement de lecteur dans des attitudes culturelles.
A l’école, il faut donc développer conjointement le savoir-lire, des compétences et une appétence, la mieux à même de ramener au livre et à la lecture quand, l’obligation scolaire ayant cessé, les jeunes seront tentés de revenir à une activité de lecture.


La littérature en textes officiels : des références pour préparer la classe

Ce premier document est une synthèse des programmes 2008, une reprise sur une même page de tous les points qui concernent la littérature à l’école : synthèse littérature des programmes 2008
Ce second document permet de donner des objectifs spécifiques afin de construire des dispositifs à partir des livres abordés en classe : des objectifs en littérature


Lire, c’est comprendre... et après ?
Il serait tentant de faire du neuf avec de l’ancien, d’organiser des lectures linéaires des textes, de proposer des fiches qui organisent la lecture des élèves à partir de questionnaires, de s’appesantir sur les aspects techniques du texte plutôt que sur ses spécificités littéraires... Roland BARTHES, dans Introduction à l’analyse structurale des récits estime que "La fonction du récit n’est pas de représenter, elle est de constituer un spectacle qui nous reste encore très énigmatique mais qui ne saurait être d’ordre mimétique ; la « réalité » d’une séquence n’est pas dans la suite « naturelle » des actions qui la composent mais dans la logique qui s’y expose, s’y risque et s’y satisfait […]".
Cette petite valse proposée par le "coyotte mauve" dans le livre du même nom, nous apprend qu’effectivement la compréhension ne peut se satisfaire de l’univers de référence que l’auteur installe. Cette curiosité qui aiguise l’attention du jeune garçon nous amène progressivement vers une fin déroutante, humoristique. Et c’est habilement que le texte et l’image sont volontairement dépouillés afin de montrer à tous ceux qui se sont laissés pièger que la curiosité est un bien vilain défaut. (Coyotte mauve de Cornette et Rochette Ecole des loisirs)

Ainsi, lire la littérature, ce n’est pas s’arrêter à l’univers qu’à construit l’auteur et dans lequel il place les personnages,les lieux et des actions mais de faire fonctionner ce qu’on peut appeler "un mécanisme de l’effet de jeu" qui résiderait dans la conscience de la possibilité d’autres significations que celle immédiate. Le rôle d’un apprentissage d’une lecture littéraire, c’est de donner des clefs pour permettre de faire résister un texte, de clarifier ce qui reste opaque.


L’usage de la complexité
Ces zones dans lesquelles la compréhension se perd, ces difficultés rencontrées nécessitent la mise en œuvre de gestes précis, une attention renouvelée au fond du texte, à ces résistances, une vigilance aux grains du texte.
En Abordant Moun de Rascal et Sophie (Ecole des loisirs), on ne peut pas se soustraire des émotions que la question de l’abandon peut soulever. Cependant, le thème général risque d’être caché par l’émotion produite, porté par un texte d’une rare poésie et des images d’une grande douceur. Il devient donc nécessaire d’amener progressivement les élèves à se détacher de l’émotion afin de porter le regard sur les questions que soulèvent le récit. Une idée serait de demander aux élèves d’écrire une lettre rédigée par les vraies parents de Moun pour expliquer les raisons de son abandon. Le texte d’origine alimente par les idées qu’il contient la lettre que les élèves doivent réaliser.
Ce qui déroute quand on lit l’introduction proposée par Chris Van Allsburgh pour son livre "les mystères d’Harris Burdick", c’est cette confusion qui existe entre la réalité et la fiction. Une porosité entre les deux mondes que l’on observe dans le choix que l’on peut donner à l’auteur, l’illustrateur, l’éditeur. Amener les élèves à se positionner dans ce livre leur permet de prendre en compte le para texte d’un livre et à imaginer que son contenu peut nous tendre des pièges dans lesquels on tombe si on n’y prend pas garde.
Giono, dans l’homme qui plantait des arbres, entretient également cette illusion. La version proposée par Gallimard, présente ce "mécanisme" dans la quatrième de couverture. Un auteur est aussi un créateur.
Les exemples pris tout au long de l’animation illustrent cette variété d’objectifs que l’on peut viser quand on prend comme objet d’apprentissage la littérature jeunesse.
Quelques exemples :
. L’homme qui allumait les étoiles, Claude Clément - Illustrateur,John Howe, Duculot 1992.
. L’oeil de la nuit, Gérard Montcomble, François Crozat Milan Jeunesse 2003
. La vérité sur l’affaire des trois petits cochons, Jon Scieszka, Lane Smith, Nathan
. Yakouba, Thierry Dedieu, Seuil jeunesse, 1994
. Scoop. RODARI Gianni PEF. Editeur. Rue du monde


Ecrire en classe de littérature
On l’aura vu tout au long de l’animation, l’écrit est au coeur des apprentissages. L’écriture est utilisée pour mener l’élève au sens des livres, pour l’accompagner dans l’acquisition d’une capacité de lecteur. Ecrire permet de clarifier pour soi le sens du texte, d’expliquer aux autres son interprétation, la rendre disponible, de garder une trace de la lecture effectuée, de montrer à l’enseignant ce que l’élève a réellement compris.
L’écrit de travail est un écrit éphémère rapidement conçu et toujours laissé brut au service de la lecture.
Des projets d’écriture peuvent, à partir des livres lus, se développer, mobilisant les connaissances culturelles de l’élève, appelant des types de textes différents, rassemblant des connaissances orthographiques et grammaticales.


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