Soudain
une mélodie, venant de nulle part, semble parvenir jusqu'à moi…plus
je l'écoute et plus elle m'emplit le cœur… elle s'adresse à moi comme
si elle attendait ma venue…Je me laisse guider vers elle: c'est une
mélodie chantée, un peu comme les chants Grégoriens que chantaient
les moines de l'abbaye de Cadouin. Elle semble m'annoncer joie et espoir.
Je crois distinguer ces quelques paroles mélodieuses: "chante avec
l'âme du bois et unis son cœur à celui de l'homme" …et la musique s'éloigne
peu à peu. Cette harmonie me guide jusqu'à un vaste monument à la façade
imposante et grandiose: c'est l'Édifice dédié à St –Saturnin Saturnin
ou Saint- Sernin. Une équipe de maçons et de charpentiers achève la
construction de l'Église. Des hommes sont déjà au travail.
Ici,
un énorme bloc de pierre est hissé doucement à l'aide d'une poulie
et d'une corde par des hommes qui se maintiennent en équilibre sur
le fragile échafaudage. Là, une longue file de maçons, des paniers
de mortier sur l'épaule, gravit des échelles. Au sol, des tailleurs
de pierre, protégés par un tablier de cuir, donnent forme à une statue
de Saint, au visage de la vierge, à un chapiteau décoré d'une effrayante
tête de diable.. Le bruit des marteaux sur les ciseaux des sculpteurs
faisant leurs dernières retouches, résonne et semble accompagner jusqu'
aux cieux le chant qui sort de l'enceinte du couvent…
Je
franchis la grande porte en bois à laquelle me conduit la rue centrale,
la rue Miègeville. Je suis toujours comme guidé et porté par cette
musique envoûtante. Des moines prient en chantant, debout devant leurs
stalles, en plein chœur, ils se font face de part et d'autre de l'Eglise.
Ils célèbrent l'office des primes.