Le Musée Marcel Lenoir 
au Château de Montricoux,
Tarn-et-Garonne

Le chateau

Marcel Lenoir

"La joie de vivre"

"Vue de Saint-Antonin"

"Paysage de Penne"

Le Château de Montricoux accueille des manifestations culturelles :

Le propriétaire, Claude NAMY, collectionneur, acheta son premier lavis en 1968, après lequel suivirent de nombreuses oeuvres.
Sur les traces de Marcel-Lenoir, Claude NAMY réalise que Marcel-Lenoir "n'a pas existé" dans les ouvrages de l'histoire de l'art moderne.
Il décide de racheter cette demeure de Montricoux où le peintre est mort, afin de créer son Musée, réhabilitant et rendant hommage à cet artiste de Midi-Pyrénées, injustement oublié.
Le Musée est ouvert à un large public, français et international.
De Pâques à la Toussaint
Tous les jours
de 10 h à 12h30 & de 14h30 à 19h.
Tél.: 05-63-67-26-48       Fax: 05-63-67-26-48


Marcel Lenoir
Marcel-Lenoir (1872-1931) se situe à une époque charnière dans l'histoire de l'art.
Fin du XIXème sècle avec le symbolisme et début du XXème : époque à laquelle naissent de nombreux courants. Il s'apparente à certains, qu'il a sublimé, mais garde toujours son style, son empreinte très personnels.
Il épure pour atteindre l'Essentiel.
Son idéal était Cimabué,
Son scrupule, Albrecht Dürer,
Sa consanguinité, Ingres
Son encaillement, Caravage.

Peintre, sculpteur, poète et céramiste.
Né à Montauban le 12 mai 1872 ; père et grand-père orfèvres.

en 1889 :
A 17 ans il monte à Paris. Doué pour le dessin, expérimenté dans la ciselure des bijoux. Autodidacte, il suit les cours de l'Ecole des Arts Décoratifs pendant six mois.
Il découvre Cluny, le musée du Moyen-Age : vitraux, céramiques, orfèvrerie et surtout les manuscrits enluminés des moines. Il fréquente le Louvre où il découvre les primitifs italiens : Boticelli, Fra Angelico.
1890 à 1896  :
Il dessine à la mine de plomb, encre de chine, lavis; aux traits très libres, il grave également sur bois.
1897 à 1900 :
Toutes ses préoccupations et l'esthétique symbolisyes s'expriment dans ses oeuvres de cette époque.
1898 :
Il connaît ses premiers succès avec les enluminures. Il passe de l'objet à l'enluminure. Il extériorise son rêve. Ses personnages symbolisent l'ascension de l'Humanité vers l'Idéal. Il réhausse es gravures de traits d'or et d'argent. Il use de tout un vocabulaire symboliste : serpents, chardons, lys, scarabés, plumes de paons, cygnes, jeunes filles parées de diadèmes, jardins luxuriants.
Parallèlement aux enluminures, il s'adonne au pointillisme : une oeuvre "Le Couronnement du Christ" (1898) est tout à fait similaire au travail de Seurat de la même année.
Il se familiarise avec l'Art de Boeklin, Burnes Jones, Puvis de Chavanne. Il rencontre les poètes symbolistes : Paul Fort, Emile Boissier et l'ésotérisme des Rose-Croix. Il es t doué d'un tempérament mystique, nourri de syncrétisme religieux.
1902 :
Il revient à Montauban où il écrit ses premiers poèmes.
1903 à 1909 :
Besoin de peindre la nature. Il dit qu'on ne peint pas d'après nature, mais que l'on pense d'après nature. Il couvre ses paysages (Saint-Antonin) d'une matière épaisse, brute, sortant du tube, étallée au couteau, au doigt, sans dessin préparatoire.
1910 :
"Il avait une manière de peindre par facettes qui n'était qu'à lui" Alberto Giacometti(Propos rapportés par Stanislas Fumet).
1912 :
Année importante où il s'essaie à la fresque (La Joie de vivre) à Bruniquel, retenant la leçon des primitifs italiens.
1915 à 1919 :
Il assemble d'une façon extraordinaire des formes juxtaposées, découpe les volumes. L'influence du cubisme dans une architecture "cézanienne" transparait dans les paysages(paysage de Penne), portraits, natures mortes. Il utilise la couleur, mais aussi le fusain et le pastel (il vénérait Cézanne).
1920 à 1925 :
Les formes sont rondes, gonflées en volume cylindriques, simplifiées, définies par des aplats de couleur, cernées par des traits grisés. Retour aux sources avec l'art roman : tout s'inscrit dans un cercle.
1928 à 1931 :
Formes construites par de petites touches, s'insèrent dans un paysage qui palpite : le flochetage.
1931 :
Il s'éteint à l'âge de 59 ans dans une austère et émouvante dignité à Montricoux, laissant une oeuvre de près de 700 tableaux et de très nombreux dessins.



"La joie de vivre"  1920-1921

Une fresque :
Grande plasticité des corps. Cette épuration l'écarte du lyrisme impressioniste pour l'amener à la MONUMENTALITE. Blocs inébranlables, avec des volumes ronds. Son admiration du sculpteur transparaît (Bourdelle, Rodin, Joseph Bernard et Maillol). La gamme chromatique est douce : roses, mauves,  bleutés. La facture est lisse. Fusion des thèmes de la nature et de la maternité. Double symbole de la mère qui porte ses fruits : témoin les deux enfants rieurs et la nature qui donne également ses fruits par la coupe abondante à gauche.

Une composition en X :
La première diagonale représentée en haut à gauche par le bras qui longe l'enfant et termine sur la jambe de la femme en bas à droite.
La deuxième diagonale qui part de la tête du bébé à droite, suit le bras, le deuxième enfant sur les genous et se termine par le bras de la femme à gauche.


"Vue de Saint-Antonin"
huile sur toile, 1905

1er plan
Opposition entre les couleurs froides, privées de lumière au bas de la toile.

2ème plan
Rythme coloré en fonction de la lumière qui ensoleille le village de Saint-Antonin, dôté de couleurs chaudes : jaunes, rouges orangés.

Une esquisse de route constitue en bas à droite une petite diagonale pour donner un minimum de profondeur, tandis que la montagne ferme l'horizon.

La bande jaune (peut-être du colza) établit le lien entre les tons froids et les tons chauds.
Il contrôle la force de pensée devant le thème "nature", et ne se laisse pas emporter par es émotions.
Il couvre la toile d'une matière épaisse, sans dessin préparatoire. Le geste est vif, rapide, la peinture est jetée ardemment sur la toile, étallée au couteau et au doigt.
Sontraitement est de facture très moderne.


"Paysage de Penne"  huile sur toile, 1920

La composition est massive, encadrée solidement de deux verticales, des arbres de chaque côté.
A l'intérieur, le village s'insère dans un triangle dont le sommet est le château de Penne.
Le traitement des arbres, les champs, les maisons, le ciel est découpé par plan géométriques, se rapprochant du cubisme. Les maisons sont très construites en surfaces géométriques où transparait le style très personnel de l'artiste. Les formes sont simplifiées, épurées en aplats de peinture léchée. Marcel-Lenoir a joué avec des blancs, dont le rôle est important, posés ça et là; afin d'éclairer et d'animer une surface très serrée; faite de multiples imbrications.
La vivacité des couleurs donne une palette où dominent les verts, rouges, ocres, engendre une impression de calme et de silence.


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