Albert Ràfols-Casamada

"Espai i llum"
(Espace et lumière)

jusqu'au 4 novembre 2000
Peintures et dessins

Dossier enseignant

Liste des œuvres 

L'artiste et l'œuvre

Parcours de l'exposition

Textes de Ràfols-Casamada

Poème de Ràfols-Casamada

Les moyens de la peinture chez Ràfols-Casamada

Pistes pédagogiques

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Reprographie - Bibliographie


L’artiste et l'œuvre
 

"Le monde, explique RAFOLS-CASAMADA, m’apparaît un peu comme un ensemble de vibrations chromatiques, et c’est là ce qui m’intéresse de traduire sur la toile. Tant que n’existent pas sur la toile ces tensions entre les couleurs qui produisent une certaine vibration, la toile ne fonctionne pas. Je cherche aussi à montrer, non les objets, mais la présence des choses, sans l’anecdote que décrit l’objet. Cela me conduit à réduire à la plus simple expression, mais aussi, en revanche, à insister sur l’élément que je tiens pour l’élément communicatif par excellence, je veux dire la couleur." Barcelone, 1978 - Catalogue FRAC Midi-Pyrénées

Repéré comme l’un des grands peintres espagnols de sa génération, Ràfols-Casamada, né à Barcelone en 1923 vit toujours en Catalogne. Elevé dans un milieu sensible à la culture et à l’art - son père était lui-même peintre - il se détermine très tôt pour une carrière artistique. Après un court passage à l’Ecole d’Architecture, il fréquente l’Académie de dessin de Tarrega (Barcelone), ce qui le détermine à se consacrer à la peinture. Cependant son œuvre plastique va se développer en parallèle avec une activité d’écriture : poèmes et entretiens se nourrissent de sa peinture.

Il expose dès 1946 avec le groupe Els Vuit (Les Huit). Ces artistes catalans, dépassant la censure qu’impose le franquisme, sont sensibilisés par les avant-gardes étrangères. Mais c’est lors de son premier séjour en France, en 1950, que sa peinture jusqu’alors influencée par l’Impressionnisme, mais aussi par Cézanne, Matisse et Braque ainsi que par le peintre uruguayen Torres-Garcia (chef de file du mouvement catalan Noucentista) va se caractériser par une interprétation du Cubisme. Peu à peu, construite sur une recherche d’authenticité qui puise aux sources des maîtres de la modernité, son œuvre évolue vers une figuration de plus en plus allusive.

A partir de 1958, ces voyages le confrontent avec les premières grandes expositions d’art moderne en Europe puis aux Etats Unis. Ses toiles sont alors influencées par l’abstraction lyrique développée par l’Ecole de Paris, et plus particulièrement par la manière de Bissière. Puis c’est le mysticisme de l’œuvre de Rothko, associé au constructivisme de Mondrian, qui va permettre à Ràfols-Casamada d’évoluer vers une peinture tournée vers l’émotion ; solide mais transparente, non expressionniste et absente d’implication politique bruyante. Ce positionnement expliquant peut-être un parcours artistique repéré mais moins médiatisé que ceux de ces compatriotes Tapiés et Saúra.

Toujours attiré par ce que l’époque offre de plus innovant, les œuvres des années 1960 intègrent des éléments extérieurs dans sa peinture, en référence au dadaïsme réinterprété par les artistes du Pop Art, mais en s’abstenant d’y insérer une dimension de dérision. De même son intérêt pour le Nouveau Réalisme "à l’espagnole" illustré par le groupe Equipo Chronica animé par un anti-franquisme, se traduit chez Ràfols-Casamada par une peinture à rapprocher des solides constructions de Léger.

Les années 1980 marquent l’aboutissement d’un parcours qui a conduit l’artiste à l’élaboration d’un style personnel qui atteint sa maturité dans les œuvres majoritairement montrées dans cette exposition Espai i Llum.

Les dessins ne sont pas qu’une simple étape préparatoire à l’élaboration de toiles futures, ils inscrivent par le geste fugitif, par la trace légère du fusain ou du pinceau, des formes qui se limitent à l’essentiel, qui traduisent l’essence des choses, une présence.

Le travail sur la toile, lui, porte essentiellement sur la couleur, sa réduction au quasi monochrome, mais aussi à sa vibration, sa force expressive. Il inscrit un référentiel qui tend à l’autonomie des formes ou plutôt des signes créant des tensions entre les surfaces colorées, transparentes, à l’aspect non-fini, où les traces du pinceau sont très sensibles. Le thème soutenu par le titre mais réduit à une légère suggestion n’est qu’un prétexte à la structure d’espace et de couleur. Ce thème, même quand il ne le dit pas se nourrit du voyage ; voyage en Méditerranée, voyage Homérique ou voyage simplement poétique. Un voyage intime à travers l’espace et la lumière que l’artiste inscrit dans une "peinture pure" qui garde en mémoire les émotions fugitives, fugaces devant le monde qui nous entoure.

 

Noucentisme : mouvement artistique qui se développe en Catalogne dans les années 1920 – 1930, en parallèle avec celui du Retour à l’ordre français et celui du Novecento italien. Dans un élan à la fois esthétique et éthique, en rupture avec les avant-gardes mais se défendant d’un esprit passéiste et nostalgique, il prône un classicisme non académique qui vise à l’harmonie.

Conception : Service Educatif - Josiane Bellan, Chargée de mission pour le Rectorat de l'Académie de Toulouse.
Réalisation : Caisse d'Epargne de Midi-Pyrénées


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