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Pierre-Henri
de Valenciennes Intérêt des voyages pour les peintres paysagistes "Jeunes élèves qui vous sentez des dispositions pour le genre du paysage (…) appliquez-vous constamment à étudier la belle nature, en quelque lieu que vous la rencontriez ; voyagez le plus qu’il vous sera possible, et surtout nourrissez votre esprit de la lecture des historiens et des poëtes ; et quand vos ouvrages seront le fruit de l’étude, de la comparaison, de la réflexion et de l’expérience, soyez persuadés qu’ils mériteront les éloges des connaisseurs et les suffrages de vos rivaux." ci-contre
: "A la Villa Borghese : groupe de maisons", |
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ci-dessus
: vue de Rome " en sortant de la Porte du Peuple ", |
Instructions générales sur les voyages " Voyagez le moins que vous pourrez en poste ; laissez ce luxe aux riches ignorants (…). Les plus beaux sites échappent à leur vue ; ils ne s’arrêtent que dans les villes ; et s’ils vont voir les objets curieux qu’elles renferment, c’est plus par ton que par sentiment. L’artiste doit voyager à petites journées, à cheval s’il est possible, et le plus souvent à pied, comme Émile. Rien alors de ce qui mérite d’être observé ou copié, ne saurait échapper à ses regards ; et si le temps lui manque pour prendre la vue générale d’un pays, il aura le soin de saisir prestement les détails qu’il pourra réunir, à la première halte, parce qu’il aura la mémoire encore fraîche des objets qu’il aura rencontrés et qui auront mérité d’être consignés dans son portefeuille. (…) N’oubliez pas non plus, en voyageant, de prendre des notes sur les coutumes et les habitudes des peuples que vous verrez. Il faut étudier les mœurs pour peindre les hommes ; et c’est de leur connaissance qu’un artiste ingénieux et observateur peut tirer des conséquences pour déterminer la composition des sujets qui leurs sont propres, et des actions qui se sont passées dans leur pays. (…) |
Tenez un petit journal abrégé de vos voyages : écrivez tout ce qui ne peut se dessiner ; anecdotes, aventures, etc., enfin tout ce qui aura pu vous intéresser ou vous amuser. (…)
Au bout de quelques années d’absence employées utilement à voyager, à observer la Nature et à vous exercer dans votre art, je vous suppose de retour, rapportant dans vos foyers vos portefeuilles garnis de dessins, de croquis et d’études, et vos tablettes pleines de notes et d’observations. Vous aurez alors à mettre en œuvre tous ces matériaux épars, et à composer des tableaux, pour établir votre réputation : c’est alors que commencera votre carrière, et que l’emploi de vos talens et votre conduite dans le monde devront vous mériter la considération et l’estime de vos concitoyens. "
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Intérêt de Rome pour le paysage " Rome, la ville par excellence, dont on ne peut parler sans admiration, qu’on ne saurait voir sans enthousiasme, ni quitter sans regret, demande un séjour de plusieurs années pour connaître à fond la quantité de chefs-d’œuvre anciens et modernes qu’elle renferme : il faut une application soutenue pour pouvoir les apprécier, et une étude suivie pour en discerner les beautés. (…) La ville de Rome est très intéressante pour un Peintre d’Histoire, et même pour celui qui ne fait que le Paysage ; mais cet intérêt pour le dernier ne peut être relatif qu’aux fabriques charmantes qui décorent la capitale du monde. Leur singularité ajoute à leur pittoresque : on voit souvent la masse principale d’un bâtiment construite sur les fondations d’un autre, qui quelquefois se trouve antique ou du moins plus ancien que la partie supérieure. (…) Ce mélange d’antique et de moderne, cet assemblage d’irrégularité et de symétrie, d’incohérence et d’harmonie, de folie et de raison, forme un tout original que l’on ne trouve qu’en Italie et surtout à Rome. (…) |
ci-dessus
: "A la Villa Farnese : les ruines", |
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