ci-dessus : "Narcisse se mirant dans l’eau", pierre noire estompée,
1792,
Quimper, musée des Beaux-Arts

Pierre-Henri de Valenciennes


Biographie

Valenciennes et la théorie du paysage
extraits de Elémens de Perspective Pratique suivi de Réflexions et conseils à un Élève sur la Peinture, et particulièrement sur le genre du Paysage, par Pierre-Henri de Valenciennes (an VIII) :

Rome, les voyages

la nature, les ciels

les arbres, les ruines

 

Quelque cinquante ans après la première exposition monographique consacrée au peintre Pierre-Henri de Valenciennes par le musée Paul-Dupuy en 1956, Toulouse choisit de remettre à l’honneur l’un des ses plus célèbres créateurs du XVIIIe siècle, dans une exposition intitulée :

" La nature l’avait créé peintre, Pierre-Henri de Valenciennes ", du 19 mars au 30 juin 2003.

L’artiste, qui a fait carrière à Paris après de longs séjours en Italie, a été l’un des plus grands peintres de son temps et est actuellement reconnu, sur le plan international, comme un paysagiste de premier rang dans l’histoire des arts européens. Cette exposition organisée par le musée Paul-Dupuy propose un parcours de quelque 130 œuvres, – dont plus de la  moitié est exceptionnellement prêtée par le musée du Louvre –, qui permettra au public d’apprécier l’œuvre du peintre à l’aune des analyses les plus récentes de l’histoire de l’art.

Les compositions exposées sont, pour la plupart, des œuvres préparatoires aux paysages historiques composés en atelier selon les critères du "beau idéal", qui ont fait la renommée du peintre auprès de ses contemporains. Peintures à l’huile sur carton, dessins à la plume et au lavis évoquent le travail d’observation et de rendu de la nature sur le vif, et nous révèlent l’univers intime de l’artiste. En effet, l’étude directe de la nature est un principe auquel le peintre a été attaché toute sa vie et qu’il a transmis à ses élèves, aussi bien dans son enseignement que dans son traité théorique. Daté de 1799, celui-ci s’intitule Élémens de perspective pratique, à l’usage des artistes, suivi de Réflexions et conseils à un Élève sur la Peinture, et particulièrement sur le genre du Paysage ; il est considéré à juste titre comme un ouvrage fondamental pour comprendre la peinture de paysage de tout le XIXe siècle français.

ci-dessus : "Paysage : à Montlouis",1775
pierre noire estompée, lavis gris et rehauts de blanc sur papier jaune,

Toulouse, musée Paul-Dupuy

Dans ces dessins et tableaux qui présentent, au gré des nombreux voyages que Pierre-Henri de Valenciennes a réalisés en France et en Europe, des paysages naturels ou des vues urbaines, l’artiste s’attache à décrire l’atmosphère, la vibration de la lumière et le sentiment éphémère que les lieux lui ont inspirés.

L’Italie, patrie de référence pour tous les artistes classiques est largement représentée dans son travail. Rome, Naples et ses environs, la Sicile constituent une source inépuisable de sites et de panoramas, souvent façonnés par l’histoire et chantés par les poètes antiques.

L’appréciation du peintre par la critique a fortement évolué depuis le XVIIIe siècle. Considéré comme l’égal de Poussin et reconnu par ses contemporains comme le plus grand paysagiste de son époque, Pierre-Henri de Valenciennes a été peu à peu oublié, puis injustement frappé du sceau de " l’académisme " à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. Certains critiques ont délibérément occulté ses réflexions sur l’art du paysage et ignoré son influence picturale sur des peintres comme Corot, Courbet et les Impressionnistes. A l’inverse, après 1930 et la redécouverte de ses études peintes grâce à la donation de la princesse Louis de Croÿ au musée du Louvre, d’autres critiques ont pris en compte uniquement cet aspect " moderne " de son art pour faire de Valenciennes le précurseur direct des Monet, Degas, Pissaro etc., dont le credo était de peindre en plein air, pour rendre par touches les impressions lumineuses des paysages.

Aujourd’hui, à la lumière des dernières recherches prenant en compte l’ensemble de son œuvre, Pierre-Henri de Valenciennes est considéré comme l’un des peintres les plus importants de son temps, dont l’influence a été déterminante sur plusieurs générations d’artistes, au même titre que David.

Ce sont les différents aspects de son génie que l’exposition organisée par le musée Paul-Dupuy se propose de mettre en valeur. Délaissant la dichotomie traditionnelle entre l’artiste officiel classique et académicien d’un côté et le dessinateur talentueux, voyageur, sensible et passionné de l’autre, elle entend réconcilier les divers aspects d’une œuvre complexe, visionnaire et imprégnée de la culture et des préceptes de son temps. En présentant des tableaux de plusieurs élèves, de Valenciennes, notamment Achille-Etna Michallon qui fut ensuite le maître de Corot, l’exposition souligne également l’influence immédiate exercée de son vivant par l’artiste.

L’œuvre de Pierre-Henri de Valenciennes a le mérite d’être aisément accessible et séduisante. Ses sensuels paysages italiens, ses délicates études de ciels, de ruines ou d’arbres suscitent directement l’émotion du spectateur. Le plaisir esthétique immédiat ressenti devant ces études démontre qu’au-delà de toutes considérations historiques dans l’analyse de son art, Pierre-Henri de Valenciennes est un artiste qui se suffit à lui-même pour susciter l’admiration du public de notre temps. Un catalogue, édité par Somogy est publié à l’occasion de cette manifestation ; il est rédigé par deux chercheurs italiens, Luigi Gallo et Chiara Stefani ainsi que par Jean Penent, conservateur du musée Paul-Dupuy.

 

La ville de Toulouse et le musée Paul-Dupuy tiennent à remercier pour leur très aimable collaboration lors de cette exposition les musées et établissements suivants :

Auteurs : Luigi Gallo, Chiara Stefani


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