ci-dessus : Shimon Attie "White nights, Sugar dreams", 2000

Le Printemps de septembre en 2002
visites guidées des expositions pour les enseignants et les élèves


Le site du Printemps de septembre

Il y a des titres utilisés à cerner des idées, et des titres qui servent précisément à tout le contraire, à les libérer. Le titre que nous proposons ici pour cette édition du printemps de septembre à Toulouse, Fragilités, appartient à cette deuxième catégorie.

Méditer sur notre fragilité ou celle du monde qui nous entoure est certainement l'une des réflexions les plus anciennes et les plus universelles de l'être humain. D'une certaine manière, la religion, la philosophie ou l'art rendent compte de cette disposition à déambuler parmi les méandres de nos inquiétudes et de nos insécurités. Il s'agit de parcours sinueux, par lesquels transitent la sensibilité et la pensée, et dont les sages disent qu'il est important de les traverser mais sans vraiment s'y arrêter.

Néanmoins, la nécessité pour l'homme de se stabiliser, de s'ancrer dans le paradis de l'invulnérabilité, a inventé des mécanismes, par le biais de la culture, de la science, de la politique, qui garantissent la sensation de " bien-être ".

La sécurité se vend et s'achète, comme n'importe quelle marchandise, et sa valeur d'échange sur le marché est régie par les formes dominantes de production et de contrôle. Les lois du marché de la sécurité régulent, par définition, tous ces domaines de notre vie susceptibles de subir des altérations, des changements et des transformations, c'est à dire tout ce qui nous fait sentir fragiles et éphémères.

Avec des oeuvres de plus de trente artistes, Fragilités propose un exercice d'émancipation, à la fois communautaire et personnel, envers les préjugés de tout ordre -psychologiques, sociaux, politiques, culturels – imposés par cette culture du bien-être. Selon le dictionnaire, est " fragile " tout ce qui se met en morceaux, se brise facilement. Effectivement, les propositions de ces artistes obligent, souvent, le spectateur à désarticuler les gestes quotidiens, à réduire en miettes les codes de l'expérience urbaine, de la mémoire historique ou du contrôle social, à désintégrer les conventionnalismes du regard, à égrener notre relation à l'autre, ou enfin, à nous confronter avec nous-même et nos propres fragilités. Pendant quelques jours donc, le printemps de septembre propose au spectateur d'exposer au grand jour sa propre sensibilité.

Certains de ses artistes ont été invités à réaliser leurs projets dans la ville même de Toulouse. Ces artistes, d'origines diverses et aux trajectoires artistiques différentes, concevront leurs installations sur place. Par exemple, la spécificité de Musée de la Médecine de Toulouse est accentuée par les oeuvres de Bernard Lallemand ou Daniel Canogar, l'imposante façade de l’Hôtel de Ville, place du Capitole, se transforme en écran d'ombres et de mots avec Rafael Lozano-Hemmer, l'extraordinaire cour de l’hôtel d’Assezat se déplace littéralement à la place de la Daurade avec Simone Decker De plus, le pont Saint-Pierre se transforme en forum de rencontres avec les habitants de Toulouse au travers des vidéo-biographies de Margot van Hamm, les rues de Toulouse se couvrent de banderoles et de posters remplis des messages provocateurs de Barbara Kruger. Jean Marc Bustamante, quant à lui, entreprend un voyage quasi initiatique vers sa ville natale et toute la ville peut trouver depuis un ordinateur domestique jusqu'à l'École des Beaux-Arts, un lieu de repos, de discussion et d'échange avec le projet virtuel de Daniel García Andújar et Technologies to the People.

Enfin, le programme des expositions, beaucoup plus large, s'étend en outre aux espaces du Musée d'art contemporain Les Abattoirs, au Château d’Eau, au Musée de la Médecine, aux Jacobins, à l’Espace Bazacle, à l’École des Beaux-Arts, à l’Espace Ecureuil et au Goethe Institut.

Photographie, vidéo, films, art-net et installations se donnent rendez-vous dans ces lieux où il sera possible de découvrir aussi bien les nouveaux travaux d'artistes déjà reconnus que les propositions de jeunes créateurs du panorama artistique international.

Marta Gili, commissaire des expositions

Si vous souhaitez faire bénéficier votre classe d’une visite guidée, veuillez prendre contact avec Dominique Blanc, coordonnateur des actions pédagogiques ; téléphone au 05 61 52 56 65

Afin de mieux préparer cette visite, nous vous suggérons de participer aux activités suivantes :

  • session de sensibilisation de 2 heures à l’auditorium du Lycée des Arènes le mardi 25/9 à 17h30 et le mercredi 26/9 à 14h30 sur le thème la photographie comme discipline artistique : formes historiques et contemporaines, avec présentation des artistes exposés au Printemps de septembre 2001.

  • visite commentée des expositions pour les enseignants les mardi 2 octobre à 17h30 et mercredi 3 octobre à 14h30.

ci-dessus : Carole Fékété, "La dînette", détail, 2000

La conception et la réalisation du programme pédagogique du Printemps de septembre ont été confiées au Centre de photographie de Lectoure, qui est désormais Centre national de ressources pour les arts visuels dans le cadre du Plan de cinq ans Art et culture de Jack Lang et Catherine Tasca.

Le programme pédagogique du Printemps de septembre est organisé en partenariat avec le CNDP, le CRDP Midi-Pyrénées, la Mission d’action culturelle de l’Académie de Toulouse, la DRAC Midi-Pyrénées, et la ville de Toulouse, l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Toulouse, l’Université Toulouse le Mirail.

François Saint Pierre,
directeur du Centre de photographie de Lectoure

Arrêt sur Images
Centre de photographie de Lectoure
5, rue Sainte Claire 32700 Lectoure

Tél : 05 62 68 83 72 – fax : 05 62 68 83 03

ci-contre : "The floor of Cecilia, Helena, Dan, Rakel and Klara", 1997


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