Cloîtres
et monastères disparus de Toulouse
Lexique
abbé
: (vient du mot araméen abba qui signifie "père") chef
d'un monastère qui a le titre d'une abbaye
(nom donné par Saint
Benoît).
Augustins
:
Le
point de départ est une lettre de Saint Augustin
adressée à quelques religieuses au sujet des problèmes
quotidiens de la vie en commun : elles devaient détenir tout en
commun, prier ensemble à des heures fixes, s'habiller sans recherche,
obéir à un supérieur.
"Vous
vous êtes réunis pour habiter d'un seul cœur dans une même
maison, pour n'avoir en Dieu qu'un cœur et qu'une âme, et ne rien
posséder que vous puissiez dire vôtre."
Cette
règle laisse une très grande place à l'imagination,
sa souplesse fut vite à l'origine de son adoption par de nombreux
groupes de clercs ou de laïcs.
Il
y avait une école de pensée sèvère qui insistait
sur les règles de l'abstinence, du silence, de l'humilité,
du travail manuel, et de la psalmodie, et il y avait une école "ouverte"
qui autorisait la consommation de viande, rejetait la nécessité
du travail manuel et se contentait d'asseoir la règle sur l'exigence
que tout soit mis en commun.
Les
chanoines
augustins n'étaient ni très riches, ni très instruits,
ni très religieux, ni très influents, mais ils constituent
un phénomène important. Ils étaient utiles partout,
et à toutes les classes de la société ; ils tenaient
beaucoup de petites écoles, beaucoup d'hôpitaux, et de lieux
de retraite pour les malades et les personnes âgées, les femmes
enceintes, les lépreux.
Bénédictins
:
l'ordre
de Saint Benoît est le premier dans le temps des grands ordres occidentaux
et pendant des siècles il est pratiquement le seul. Quand, au XIIe
siècle, il perdit son monopole dans la vie religieuse, il continua
d'exercer une grande influence.
L'institution
du monachisme bénédictin remonte
à la fondation de l'abbaye du Mont-Cassin en 529 par Saint-Benoît
de Nursie et à la première rédaction de la règle.
Mais la puissance et la richesse des abbayes entraînèrent
au Xe siècle la réforme de Cluny .
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L'élément
principal de la règle bénédictine est la pratique
de l'obéissance, les activités des moines s'effectuent dans
ce cadre-là.
Les
moines ne doivent rien posséder en propre ; ils ne doivent rien
attendre ; ils doivent s'accommoder de tout : pauvreté, maladie,
rigueur, parce que tout cela ramène à Dieu. Après
la réforme clunisienne, le service divin est devenu la forme majeure
de l'ascèse monastique et l'activité principale du moine.
Les
prières sont au nombre de sept : Laudes (ou matines), Prime, Tierce,
Sexte, None, Vêpres, Complies, (sans oublier les offices de nuit...).
Priorité
est donnée au culte liturgique, à la vie chorale, ce qui
constitue l'originalité des clunisiens par rapport à la règle
initiale. Les moines chantent parfois les 150 psaumes en un jour. La messe
conventuelle rassemble toute la communauté à l'heure de tierce
au milieu de la matinée. |
Les
clunisiens sont habillés de noir, ne mangent jamais de viande, mais
ils consomment surtout du poisson, des œufs, des laitages, des légumes
et des fruits.
Dans
tous les monastères importants des ateliers de copistes furent établis,
les scriptoria.
Mais
à partir du milieu du XIIe siècle, les symptômes du
déclin sont partout manifestes ; le nombre des moines bénédictins
connut partout une chute.
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capitouls
: administrateurs municipaux de la ville de Toulouse, ils ont plusieurs
privilèges dont celui d'être anoblis.
chanoines
: clercs qui vivent conformément à une règle (étymologiquement,
le mot vient de canonicus, qui dérive lui-même de kanon, en
grec, signifiant règle).
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Les chanoines
séculiers vivent dans le siècle, leurs libertés
sont grandes ; à partir du Ve siècle, ils sont reconnaissables
à leur tonsure.
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Les chanoines
réguliers apparaissent à la fin du Xe siècle (ils
se distinguent des autres chanoines, atteints par la "décadence"
et qui ne se soucient plus des règles).
Les chanoines
vivent en commun et sont groupés en chapitres. Ils peuvent appartenir
à une cathédrale ou à une église collégiale.
chapitre
: ensemble de chanoines d'une église cathédrale ou d'une
collégiale. C'est aussi l'assemblée où les moines
(ou les
chanoines)
traitent de leurs affaires et des questions qui les concernent. Un chapitre
est formé en général de 12 ou 13 prêtres,
par
analogie avec les 12 Apôtres.
Cisterciens
:
A
l'origine simple restauration de la règle bénédictine,
Cîteaux fut en pratique un ordre nouveau dont le fondateur fut ,
en 1115, Bernard de Clairvaux.
L'idéal
cistercien réclame abnégation, pauvreté, simplicité,
retraite et pureté totales. La pénitence joue un grand rôle
ainsi que la mortification de la chair. L'ordre ne gardera pas tout le
temps ses principes premiers et il lui sera reproché parfois son
agression, son arrogance, la discipline militaire, et même la cupidité.
Ils
portent une robe blanche de laine non teinte. Les moines doivent pratiquer
activités intellectuelles et travail manuel, ils exploitent directement
leurs biens avec l'aide des frères convers.
Ils
ont participé aux très grands travaux du Moyen-Age, ils ont
asséché des marais, essarté des forêts, construit
des digues, creusé des étangs, cultivé des céréales
et des vignobles...
cloître
: du latin, claustrum, clôture : à l'origine, c'est l'enclos
des religieux ou des religieuses. Par la suite ce mot désigne
l'ensemble
des édifices claustraux (non seulement le préau-galerie couvert,
la cour mais aussi l'église, la salle capitulaire, le
réfectoire,
le dortoir...). Rien ne distingue, primitivement, le cloître des
chanoines
et le monastère.
convers
: ce sont des religieux qui sont chargés du service domestique
de la communauté.
couvent
: "maison" de religieux ou de religieuses.
ermites
: nom donné à des religieux qui vivaient en communauté,
mais isolés dans des cellules.
les
Frères, les ordres mendiants :
Ils
apparaissent au XIIIe s dans le contexte de développement des villes.
Aussi bien la "bourgeoisie", religieusement plus cultivée, que "les
classes populaires" sont plus exigeantes sur la moralité et l'enseignement
de leur clergé et très réceptrices aux réformes
spirituelles.
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l'ordre
des Frères Prêcheurs (encore
appelés Dominicains ou Jacobins
du nom de leur couvent, à Paris, rue Saint Jacques , fondé
par Saint Dominique (v.1170-1221, canonisé
en 1233). Il s'agissait, à la demande du pape Innocent III de combattre
l'hérésie cathare en Languedoc par la prédication
auprès des foules. Ils vont également être très
nombreux dans les chaires de théologie des Universités. La
population ne leur a pas toujours été très favorable
: ils sont expulsés de la ville en 1235, ce qui vaudra à
Raymond VII d'être excommunié, mais ils rentrent à
Toulouse en aôut 1236.
ci-contre
: plaque commémorative, place du Parlement.
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l'ordre
des Frères Mineurs,
communément appelés aujourd'hui, Franciscains et
dans la France médiévale, Cordeliers,
à cause de la grosse ceinture de corde de leur robe. L'ordre est
fondé par l'Italien François d'Assise
(1181-1226, canonisé dès 1228). Ses objectifs sont beaucoup
moins clairs que ceux de St Dominique. La règle consistait essentiellement
en un renoncement total, tout vendre, tout donner aux pauvres, abandonner
toute forme terrestre de gloire, de richesse, d'aide, de confort, d'organisation
pour vivre selon le Saint-Evangile. Les Franciscains doivent être
parmi les plus pitoyables, les plus dépouillés des pauvres.
Il est d'ailleurs vraisemblable qu'ils ont accueilli dans leurs rangs beaucoup
de gens qui vivaient déjà d'aumônes. Le passage de
la mendicité "normale" à la mendicité religieuse offrait
beaucoup d'attraits, ceci expliquant en partie le très grand nombre
de couvents franciscains.
Les Dominicains
et les Franciscains prirent très à cœur la prédication
des citadins. Ils s'installèrent là où il y avait
de la place, dans les dernières zones à bâtir. Ils
prêchaient dans les villes, sur les places, et se mêlaient
à toutes les couches de la population des villes.
géminées
: se dit de colonnes, fenêtres, arcades, groupées deux
par deux, sans être en contact.
Inquisition
: les tribunaux extraordinaires de l'Inquisition furent créés
en 1234 pour lutter contre l'hérésie cathare. Dépendants
du
Pape, ils étaient surtout confiés aux Frères
Prêcheurs.
moines
: à l'origine, ce sont des laïcs, qui, par vocation, se
sont retirés dans la solitude et vivent dans un ermitage ou une
communauté. Depuis le VIe siècle, il y a confusion entre
les termes de moines et chanoines (comme entre
abbaye, qui a à sa tête un abbé, et monastère).
En principe, le capuchon est le signe distinctif du moine...
monachisme
: manière de vivre d'un moine
monastère
: bâtiment habité par des moines ; la fonction du monastère
est à l'origine purement spirituelle et doit participer à
la
sanctification de ses membres, puis petit à petit, ceux-ci vont
s'occuper des pauvres, des malades.
prieuré
: communauté religieuse gouvernée par un prieur et dépendant
d'une abbaye ou d'un supérieur provincial.
psaumes
: cantiques ou chants sacrés contenus dans l'Ancien Testament.
recluse
: nom donné, au Moyen-Age, à des personnes (presque toujours
des femmes) qui, par esprit de pénitence,
s'enfermaient
dans des cellules, parfois pour la vie.
salle
capitulaire : c'est là où se tenait le chapitre des chanoines.
Saint
Augustin : 354- 431, évêque d'Hippone (actuelle Annaba
en Algérie), il contribue par ses écrits à propager
une
forme
de vie religieuse. Sa règle a été adoptée par
les Dominicains, les Prémontrés,
les Jésuites et toutes les congrégations de
chanoines
réguliers.
Saint
Dominique (1170?-1221) (Dominique de Guzman), fondateur de l'ordre
des frères Prêcheurs, ayant pour
but de
former
des religieux destinés à la prédication.
Saint
François (1182-1226 environ), fils d'un riche marchand d'Assise,
qui renonce à tous ses biens et les distribue aux
pauvres.
Il fonde l'ordre des Frères Mineurs qui mènent une vie de
renoncement total fondée sur la prière, la prédication,
la
mendicité.
Saint
Jean de la Croix ( 1542-1591) : docteur de l'Eglise : il entreprit
avec Sainte Thérèse la réforme du Carmel. Les
Carmes
qui le suivirent s'appelèrent Carmes
Déchaux.
Saint
Orens : évêque d'Auch, né en Espagne. Ce sont ses
prières, qui ont permis à Théodoric Ier, roi des Wisigoths,
de
remporter
en 439, une bataille sur le Romain Litorius qui assiégeait Toulouse.
Saint
Pantaléon : Il fut décapité en 303 sous Galère
dont il était le médecin, il est avec Saint Luc le patron
des médecins.
Saint
Roch (1350-1380) : né à Montpellier . Il se fait ermite
et passe la plus grande partie de sa vie en pèlerinage. Atteint
de
la peste, il se retire au fond d'un bois où un chien vient chaque
jour lui apporter du pain. Un ange vient alors le soigner. Il est
presque
toujours représenté en habit de pèlerin, accompagné
du chien et il montre sur sa cuisse un bubon de la peste. C'est le
patron
des pestiférés.
trilobé
: se dit d'un élément architectural formé de trois
arcs de cercle tangents, caractéristique du style gothique
Bibliographie
Histoire
des rues de Toulouse, Jules Chalande, 1919, réédition
Laffitte Reprints, 1982
Histoire
de Toulouse, Henri Ramet , le Pérégrinateur, 1935
La
vie dans le comté de Toulouse au Moyen Age, Archives départementales
de la Haute-Garonne, 1964
Histoire
religieuse de l'occident médiéval, Jean Chelini, Armand
Colin, collection U, 1968.
Guide
de Toulouse, Michel Roquebert, Jean Duvernoy, imprimerie du Sud, 1974.
Les
ordres religieux. La vie et l'art, sous la direction de Gabriel le
Bras, Flammarion, 1979 (tomes 1 et 2).
Villes
et campagnes sous l'Ancien régime, Archives de Midi-Pyrénées
et de la Haute-Garonne, Christian Cau, Gilbert Floutard, Toulouse, 1980.
Toulouse
: 20 siècles d'évolution, Christian Cau, Archives municipales
de Toulouse, 1987.
Histoire
de Toulouse, sous la direction de Philippe Wolf, Privat, 1988.
Découvrir
Toulouse, Jean Rocacher, Privat, 1988 (10 fascicules).
Moines
et religieux au Moyen Age, L'histoire, Seuil, 1994.
Les
Jacobins et les maisons dominicaines de Toulouse, Maurice Prin et Jean
Rocacher, "Le
Tournefeuille-Jouanaud,"
1996.
L'église
et la société dans l'Occident médiéval,
R.W. Southern, Champs, Flammarion, 1997.
Promenade
guidée dans les rues de Toulouse, Gérard Villet, Editions
Daniel Briand.
Dessins
: Julien Fournet
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