Cloîtres et monastères disparus de Toulouse
L'abbaye de Saint-Sernin
La basilique a été construite pour abriter les reliques du premier évêque de Toulouse, Saturnin, persécuté en 250 et mort, tiré par un taureau, sur le forum (vraisemblablement, place Esquirol actuelle). Les chanoines étaient chargés de garder le tombeau et d'accueillir les pèlerins.

ci-contre : reliquaire, cliché A. Allemand

Ils adoptent en 1076 la règle de Saint Augustin et décident de construire de nouveaux bâtiments. En 1096, la partie orientale de la nouvelle église est pratiquement achevée. Le reste de l'église est édifié à la fin du XIe siècle et au début du XIIe : sur le côté Nord de l'église est construite l'abbaye.

Le logement de l'abbé était très grand, ainsi que le cloître (36 m sur 41). C'est dans celui-ci qu'étaient rendues les sentences de l'Inquisition, lors d'assemblées générales et ce, jusqu'en 1248 (celles-ci se tiendront ensuite dans le cloître de Saint Etienne et à l'Hôtel de Ville).
     A l'Est et au Sud, se trouvaient les cimetières des comtes et des pèlerins, car la renommée de l'église comme lieu de pèlerinage, sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, était grande. Le nombre de ses reliques lui assurait une puissance morale exceptionnelle.

ci-contre :
1. Chapelle Notre-Dame du Salut
2. Chapelle Notre-Dame des Bonnes Nouvelles
3. Annexes du Collège Saint-Raymond
document musée Paul Dupuy

L'abbaye était très riche : ses terres, dans et hors de Toulouse, couvraient entre 22 et 29 hectares. Elle possédait de nombreuses églises et chapelles (60 en 1246), dont le Chapitre nommait les curés et touchait une part des bénéfices; elle exerçait la juridiction sur le bourg qui s'était créé autour d'elle.

Elle connut toutefois des périodes difficiles : en 1419, par exemple, il s'avère impossible de nourrir les trente chanoines; onze d'entre eux furent envoyés dans d'autres prieurés dépendant de l'abbaye.
Les bâtiments conventuels ont été démolis dans la première moitié du XIXe siècle.
Quant à la basilique, d'importants travaux de restauration, portant surtout sur l'extérieur, ont été conduits par Viollet-le-Duc au XIXe siècle.

Comprendre la basilique Saint Sernin.

Les bas-reliefs et chapiteaux de St Sernin au musée des Augustins.


ci-dessus, chapiteau : mort de Saint Jean Baptiste

La cathédrale Saint-Etienne

 L'évêque Isarn fait de la communauté religieuse de son église un chapitre de chanoines réguliers, l'édification de l'église actuelle commence en 1073 (ou 1078).

 De la période la plus ancienne, il ne subsiste que quelques éléments, à la base du clocher. La nef, construite au XIIIe siècle, faussement appelée "Raymondine", est considérée comme le prototype de l'architecture gothique médiévale. Elle mesure 19.20 m. de large sur 19 m. de haut.
Toujours au XIIIe siècle, on entreprit la construction d'un chur, des difficultés financières interrompirent les travaux.

Par la suite, il y eut d'autres réalisations qui donnent à l'église un aspect plutôt hétéroclite; elle est en fait le résultat d'une juxtaposition d'édifices plus ou moins achevés, du XIe au XVIIe siècle...
Le square actuel résulte de la démolition d'un groupe de maisons qui couvraient tout le flanc nord de la cathédrale. 
Le cloître construit à la fin du XIe siècle et au début du XIIe et aujourd'hui disparu, était situé entre la cathédrale et l'église Saint-Jacques.
Sa forme était à peu près carrée, les côtés faisant environ 51 mètres.

ci-contre : d'après le plan de l'ingénieur Saget, Editions Privat

Les arcades cintrées étaient soutenues par des colonnes géminées, couronnées par des chapiteaux, dont certains se trouvent actuellement au musée des Augustins. Sur la galerie Est s'ouvraient la sacristie et la salle capitulaire. Au dessus du réfectoire, se trouvait la bibliothèque (le cloître était en effet un centre important d'études). Il a été démoli en 1812, il égalait en beauté, dit-on, le cloître de Moissac... Au milieu, une fontaine reposait sur des colonnes antiques en marbre. Cette fontaine recevait ses eaux des côteaux de Guilheméry.
Autour de la cathédrale, il y avait également plusieurs lieux de sépulture : le cimetière Notre-Dame devant l'église, le cimetière Saint-Jacques derrière le cloître, et le cimetière Saint-Sauveur sur l'emplacement actuel de la Halle aux Grains.
Le haut-clergé était inhumé dans le cloître.

Auteur : Danielle MONTARIOL,  professeur d'Histoire-Géographie


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