Cloîtres et monastères disparus de Toulouse
Les Carmes

Leur nom vient du Mont Carmel, situé en Israël, au dessus d'Haïfa. Des ermites croisés se sont retirés au XIIe siècle sur ce mont et Innocent IV en accepte la règle en 1245 : elle prescrit l'abstinence perpétuelle, le jeûne, la pratique du silence et de la pauvreté. L'ordre se propage dans toute la chrétienté et est introduit à Paris par Saint-Louis.
ci-contre, dessin de Pomian
Les Ermites du Mont-Carmel, ou Pères de Sainte-Marie du Mont-Carmel, ou Grands Carmes établis d'abord dans le faubourg Saint Michel, achètent, en 1242, des maisons de la rue Joutxaigues dans le quartier juif ; en 1264, ils commencent à bâtir un monastère et une église sur l'emplacement actuel de la place des Carmes.

L'église avait la forme d'un T, la nef était transversale, c'est à dire placée à angle droit par rapport au chœur, (celui-ci peut se comparer à celui de la cathédrale de Saint Bertrand de Comminges). Elle avait un porche de dix mètres de large qui s'ouvrait sur la Grand-Rue (côté ouest de la place actuelle).

La chapelle du Mont-Carmel, du XVIIe siècle, jouxtait le côté Nord, et le cloître se trouvait sur le côté Sud. Celui-ci comportait deux étages ; des colonnettes de marbre géminées, au rez-de chaussée, soutenaient les arcades. On trouve dans plusieurs lieux de la ville des vestiges de ce cloître.
Le poète occitan, Pierre Goudouly, dont la statue se trouve place Wilson, a d'abord été enseveli dans l'église des Grands Carmes en 1639, avant que ses restes ne soient transférés dans l'église de la Daurade.
Au XIVe siècle, il y avait, proche de la porte de l'église, une recluse.
Les bâtiments ont été démolis en 1808.
La ferveur que l'ordre vouait à la Vierge, le fait qu'il se tint à l'écart de l'Inquisition contribuent à expliquer le succès qu'il rencontra.

ci-contre, voeu fait par le roi Charles VI à Notre Dame d'Espérance dans le cloître des Carmes



Les Carmes Déchaux (ou Déchaussés)

L'ordre des Carmes est réformé par Saint Jean de la Croix, en 1594, et ne dépend plus de l' ancien ordre. Il devient l'ordre des Carmes "déchaussés" (appelés ainsi parce qu' ils portaient des sandales très ouvertes).
Au début du XVIIe, ils édifient une église, l'église Saint-Exupère et un couvent qui englobait une partie de l'actuel Jardin des Plantes. Celui-ci est confisqué à la Révolution, on installe dans ses bâtiments les collections d'histoire naturelle de la Société des Sciences (qui devient en 1865, le Museum d'Histoire Naturelle). Dans une autre partie est construit le théâtre Sorano.

ci-dessus, l'église Ste Exupère


Les Trinitaires ou Mathurins,
 établis d'abord, en 1237, près du Château Narbonnais (place du Salin actuelle), se fixèrent en 1359, dans la rue de la Trilhe ; ils ont laissé leur nom à la rue et à la place de la Trinité (ci-contre)

Les Trinitaires étaient des communautés minuscules avec chacune trois clercs, trois laïcs et un supérieur. Leur but était essentiellement de soulager les pauvres et de racheter les captifs. 

Les bâtiments furent détruits dans le grand incendie de mai 1463 et les religieux, réduits à la mendicité, mirent du temps à relever leur couvent (n° 8 à 12 de la place actuelle). L'église fut reconstruite en 1511, tout fut vendu pendant la Révolution et disparut vers 1798. 



Les religieux de Notre-Dame de la Merci,
installés en 1189, hors la porte Arnaud-Bernard, se transportèrent, en 1355, à l'abri des remparts, sur la place même. On les appelait les Quistous ou les Quêteurs parce qu'ils quêtaient sans cesse (d'où nom de la rue des Quêteurs), pour le rachat des chrétiens captifs des Maures.

Ils y élevèrent une église et un cloître, achevé au XVe et au XVIIe siècle, sur une partie des terrains appartenant aux religieuses Feuillantines.

Auteur : Danielle MONTARIOL,  professeur d'Histoire-Géographie


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