Cloîtres et monastères disparus de Toulouse
Les Cordeliers

Les frères Mineurs Franciscains ou Cordeliers, ordre fondé par Saint François, arrivent à Toulouse en 1222 et édifient un grand couvent (du XIIIe au XVe), entre les rues des Lois, du collège de Foix, Albert-Lautmann et Deville. 

Depuis la rue du Collège de Foix on aperçoit le haut clocher et ce qui reste des voûtes de l'église des Cordeliers (ci-contre) ; sa nef était, dit-on, une réplique de celle des Jacobins
La salle capitulaire reste accessible par le n° 15 de la rue des Lois : on peut admirer une très belle voûte de brique reposant sur des piliers ornés de clés sculptées.

En 1562, lors des très graves troubles entre protestants et catholiques, qui déchirent la ville, les bâtiments sont incendiés par les protestants, puis reconstruits.

L'ordre comptait environ 50 religieux. Le couvent devient propriété nationale en 1794, il est donné en 1818 à l'administration militaire qui le transforme en magasin de fourrages, paille, avoine pour les chevaux. C'est cette affectation qui explique le grand incendie de 1871 ; ce qui restait debout a été en grande partie démoli.

"Les Cordeliers de Toulouse, écrit Jean Rocacher, se prêtaient complaisamment à la curiosité morbide des visiteurs en exposant dans une chapelle souterraine de leur cloître les cadavres trouvés intacts dans leur sépulture et présentés de façon macabre avec leurs vêtements."

ci-contre : tombe ouverte dans un parement d'autel brodé, musée Paul Dupuy


Les Chartreux



L'ordre est fondé par Saint Bruno en 1084 dans un vallon du diocèse de Grenoble (aujourd'hui Saint Pierre de Chartreuse dans l'Isère). A Toulouse, leur monastère (construit au XVIIe siècle), couvrait une dizaine d'hectares sur le campus actuel de l'Université des Sciences Sociales.
 
Il reste trois côtés de l'arcature du cloître : les galeries correspondantes desservaient vingt-six maisonnettes identiques (ou "chartreuses"), avec chambre, oratoire, atelier et jardinet. 
La règle des Chartreux exige le silence presque perpétuel, l'abstinence complète de la viande ; le temps du moine se partage entre la prière, le travail des champs ou la copie des manuscrits. 
Ils portent une longue robe en laine blanche et par-dessus, une chape, la cuculle, resserrée à la taille par une ceinture de cuir blanc à laquelle pend un chapelet. 
Le développement de l'ordre fut lent à cause de son extrême sévérité. En 1792, le couvent devient un arsenal. 
L'église Saint Pierre des Chartreux subsiste encore, rue Valade.
ci-contre : arcature du cloître, dans le jardin de l'Université des Sciences sociales.
Auteur : Danielle MONTARIOL,  professeur d'Histoire-Géographie

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