ci-dessus, les Jacobins

Cloîtres et monastères disparus de Toulouse
Les Jacobins
C'était le couvent des Frères Prêcheurs (Dominicains), premier des Ordres Mendiants, créé à Toulouse par Saint Dominique en 1215, pour lutter contre l'hérésie cathare, reconnu par le pape Innocent III en 1216.

Ils se sont d'abord installés près du Château Narbonnais (actuellement place du Salin) puis, dans l'Eglise Saint-Rome, disparue aujourd'hui. 
Un riche capitoul, Pons de Capdenier, leur donne l'argent pour acheter le terrain définitif, sur l'emplacement actuel.
Dans un premier temps, les Frères construisent une église rectangulaire avec des murs de brique, il en subsiste le portail ouest, en plein cintre et le principe de la division en deux nefs, l'une pour les Frères, l'autre pour les fidèles assistant aux prédications. Au sol, actuellement, des dalles noires matérialisent l'emplacement des piliers du premier édifice.

Comme pour beaucoup d'autres édifices, la construction s'est effectuée en plusieurs étapes, largement étendues dans le temps. 
Le fameux "palmier" date de la fin du XIIIe siècle.
En 1369, les reliques de Saint Thomas d'Aquin y sont transférées. 
Le cloître a été construit au début du XIVe siècle ; la colonnade est en marbre gris de Saint-Béat. Il reliait l'église à la salle capitulaire, à la Chapelle Saint Antonin (ornée de fresques illustrant l'Apocalypse et la vie de Saint Antonin), à l'infirmerie, au réfectoire : celui-ci, composé de sept travées, a des dimensions impressionnantes (12m de large, 60 m.de long, 17m. de hauteur) car les chanoines étaient très nombreux (120 environ). 

On pouvait également accéder aux cuisines, aux dortoirs et aux cellules, aux bibliothèques, aux salles de théologie et aux bâtiments des convers.
Le jardin a été recréé selon un modèle médiéval : au milieu, se trouve un puits, il y a également des plates-bandes bordées de buis, des cyprès.
La Révolution de 1789 confisque le monastère, Napoléon en fait une caserne d'artillerie ; c'est Mérimée, inspecteur général des Monuments Historiques, qui découvre l'ancien couvent en 1845. L'administration militaire envisageait de tout détruire, "cet édifice ne méritant aucune attention". En 1865, le Ministère de la Guerre abandonne à la Ville les bâtiments dont elle était propriétaire. Il faudra cent ans pour en faire la restauration.

Voir aussi le site Ensemble conventuel des Jacobins.


Les Augustins

"Le grand cloître, merveille de l'art gothique, a été respecté ; il a conservé (...) son aspect moyennâgeux, et, dans le calme silencieux de ses allées désertes, ombragées par les vertes frondaisons, on serait tenté d'évoquer la vision des ombres sépulcrales de ses anciens religieux, errants sous les découpures de ses ogives trilobées".
Jules Chalande, "Histoire des rues de Toulouse", 1919.
Les Ermites de Saint-Augustin sont autorisés en 1310, par le pape Clément V à construire leur couvent, dans l'enceinte de la ville. Après un conflit avec le chapitre de la cathédrale, les constructions ne furent achevées qu'en 1341.
ci-contre, vue du cloître des Augustins
Le grand incendie de 1463, qui détruisit les trois quarts de Toulouse, détruisit aussi la presque totalité du monastère. Il fut reconstruit progressivement... L'espace occupé était immense, il débordait sur les actuelles rue d'Alsace, de Metz et des Tourneurs. Il y avait alors 95 chanoines.

Le grand cloître couvrait une superficie de 321 mètres carrés, il était formé de quatre avenues de vingt arcades trilobées, soutenues par 176 colonnes de marbre géminées, surmontées de chapiteaux sculptés. Sur le côté Est du cloître, trois salles ont été conservées : la sacristie, une chapelle et la salle capitulaire
Le petit cloître date du XVIIe siècle.

ci-contre, dessin - musée des Augustins

Le réfectoire, immense, a été démoli lors du percement de la rue d'Alsace, pour faire place à la construction actuelle, dont la façade est de Viollet-le-Duc. C'était une salle gothique de sept travées avec six arcs d'ogive en briques peintes, qui a abrité des événements historiques : les assemblées des Etats du Languedoc ainsi que le grand banquet, en 1790, en l'honneur des députés de la Haute-Garonne qui avaient assisté à la Fête de la Fédération.

Le réfectoire a ensuite été transformé en écurie et l'est resté jusqu'au jour de sa démolition.

ci-contre, dessin du réfectoire - musée des Augustins
(Pour la petite histoire, signalons que les Augustins relâchaient parfois un peu les règles de conduite : en 1559, on découvre qu'ils accueillaient un certain nombre de prostituées...).

Voir aussi les pages du site du musée des Augustins.

Auteur : Danielle MONTARIOL,  professeur d'Histoire-Géographie


Retour au sommaire "Culture"   - le fait religieux...   -  cloîtres et monastères disparus