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Pourim |
Sa famille avait été
déportée à Babylone ; devenue orpheline, elle est
élevée par son oncle Mardochée.
Ebloui par sa beauté,
le Roi des Perses, Assuérus, la prend pour épouse, sans rien
lui demander sur ses origines.
Haman, le premier ministre,
qui hait Mardochée, obtient du roi l’ordre d’exterminer le peuple
juif, et le jour de ce massacre sera fixé, comme le veut la coutume,
par le sort.
Mardochée demande
alors à Esther d’obtenir du roi le salut des Juifs, en révélant
ses origines, ceci au péril de sa vie. Elle le fait en dévoilant
aussi au roi les sentiments d’Haman vis à vis de Mardochée.
Le jour fixé par les
sorts pour l’extermination des Juifs voit la situation complètement
renversée : ce sont leurs ennemis qui sont massacrés,
dont Haman. Mardochée est nommé 1er ministre.
Esther a réussi
à sauver son peuple.
Les Juifs fêtent ce jour mémorable ; la veille, ceux qui sont pieux jeûnent, le lendemain on lit des passages du " Livre d’Esther "( la Meguilah) ; chaque fois que le nom de Haman est prononcé, les enfants doivent faire du bruit, en tapant des pieds ou en agitant des crécelles pour effacer son nom.
On doit donner de l’argent
aux pauvres et s’échanger des cadeaux ; en général,
c’est de la nourriture prête à être consommée
: pâtisseries, sucreries, fruits, boissons…
L’envoi de ces cadeaux se
fait souvent par l’entremise des enfants.
Ceux-ci sont déguisés
et l’atmosphère rejoint un peu celle du Carnaval
Le soir, un repas qui se
prolonge tard dans la nuit, réunit les familles.
En 1689, le poète
français Racine écrit une pièce " Esther ", sur
ordre de Mme de Maintenon, qui souhaitait que les jeunes filles élevées
dans l’institution qu’elle avait fondée, Saint-Cyr, soient mises
en contact avec des exemples édifiants.
Voici un court extrait de
la pièce ( Acte III, scène 4) :
Esther à Assuérus :" O Dieu, confonds l’audace et l’imposture.
Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la nature,
Que vous croyez, Seigneur, le rebut des humains,
D’une riche contrée autrefois souverains,
Pendant qu’ils n’adoraient que le Dieu de leurs pères,
Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères.
Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux,
N’est point tel que l’erreur le figure à vos yeux.
L’Eternel est son nom. Le monde est son ouvrage ;
Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage,
Juge tous les mortels avec d’égales lois,
Et du haut de son trône interroge les rois. "
Photo : Dominique
Pauvert
Auteur : Danielle
MONTARIOL, professeur d'Histoire-Géographie
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