Pourim

Pourim, la " Fête des sorts ".

C’est une fête qui commémore l’action d’une grande figure de la Bible, Esther.

ci-contre, désert près de la Mer Morte en Israël

Sa famille avait été déportée à Babylone ; devenue orpheline, elle est élevée par son oncle Mardochée.
Ebloui par sa beauté, le Roi des Perses, Assuérus, la prend pour épouse, sans rien lui demander sur ses origines.

Haman, le premier ministre, qui hait Mardochée, obtient du roi l’ordre d’exterminer le peuple juif, et le jour de ce massacre sera fixé, comme le veut la coutume, par le sort.
Mardochée demande alors à Esther d’obtenir du roi le salut des Juifs, en révélant ses origines, ceci au péril de sa vie. Elle le fait en dévoilant aussi au roi les sentiments d’Haman vis à vis de Mardochée.

Le jour fixé par les sorts pour l’extermination des Juifs voit la situation complètement renversée : ce sont leurs ennemis  qui sont massacrés, dont Haman. Mardochée est nommé 1er ministre.
Esther a réussi à sauver son peuple.

Les Juifs fêtent ce jour mémorable ; la veille, ceux qui sont pieux jeûnent, le lendemain on lit des passages du " Livre d’Esther "( la Meguilah) ; chaque fois que le nom de Haman est prononcé, les enfants doivent faire du bruit, en tapant des pieds ou en agitant des crécelles pour effacer son nom.

On doit donner de l’argent aux pauvres et s’échanger des cadeaux ; en général, c’est de la nourriture prête à être consommée : pâtisseries, sucreries, fruits, boissons…
L’envoi de ces cadeaux se fait souvent par l’entremise des enfants.
Ceux-ci sont déguisés et l’atmosphère rejoint un peu celle du Carnaval
Le soir, un repas qui se prolonge tard dans la nuit, réunit les familles.



Le film, sorti en 2000, de Patricia Mazuy, " Saint-Cyr ", avec Isabelle Huppert dans le rôle principal, évoque cet épisode.

En 1689, le poète français Racine écrit une pièce " Esther ", sur ordre de Mme de Maintenon, qui souhaitait que les jeunes filles élevées dans l’institution qu’elle avait fondée, Saint-Cyr, soient mises en contact avec des exemples édifiants.
Voici un court extrait de la pièce ( Acte III, scène 4) :
 

Esther à Assuérus :

"  O Dieu, confonds l’audace et l’imposture.
Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la nature,
Que vous croyez, Seigneur, le rebut des humains,
D’une riche contrée autrefois souverains,
Pendant qu’ils n’adoraient que le Dieu de leurs pères,
Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères.
Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux,
N’est point tel que l’erreur le figure à vos yeux.
L’Eternel est son nom. Le monde est son ouvrage ;
Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage,
Juge tous les mortels avec d’égales lois,
Et du haut de son trône interroge les rois. "


Photo : Dominique Pauvert
Auteur : Danielle MONTARIOL,  professeur d'Histoire-Géographie


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