Le Moyen-Age
Notre-Dame de Rocamadour

Les chemins étaient jalonnés de montjoies, c’est à dire, de tertres de pierre, surmontés parfois d’une croix. Dès le XIIIe siècle, ils deviennent des péages auxquels s’intéressent seigneurs et abbés. Ils étaient protégés par des maisons fortes installées près des gués ou des très rares ponts. Il y en avait aussi quand le pays était désert et propice au brigandage, ou à des carrefours importants. On trouvait également des hospices qui appartenaient à de petits seigneurs ou à des ordres de chevalerie (Templiers ou Hospitaliers). Sur les chemins, voyageaient des moines, des seigneurs, des marchands, des troubadours, des trouvères, des jongleurs, qui propageaient les nouvelles.

Comme le pèlerin de Saint-Jacques, celui de Rocamadour a un "uniforme" spécial : il porte un manteau de laine épaisse, ainsi qu’un "galerus", qui est une cagoule, ou un chapeau à large bord. Son escarcelle est accrochée à un bâton. Il a aussi un insigne : la sportelle, une médaille de plomb que l’on peut coudre sur ses vêtements. On peut y voir la Vierge siégeant sur un trône, tenant de la main droite un sceptre fleurdelisé et de la main gauche l’Enfant Jésus.

Les raisons du pèlerinage étaient multiples : expier les péchés, obtenir une guérison, empêcher une catastrophe. Le pèlerinage était parfois imposé, aux hérétiques repentis par exemple, ou à ceux qui voulaient échapper à la peine capitale.
Le Livre des Miracles (dont la Bibliothèque Nationale de Paris possède 5 copies datant de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle) montre que ceux-ci sont surtout des guérisons (aveugles, sourds, muets, paralytiques, épileptiques...). Mais on trouve aussi d’autres maladies (aliénations mentales, gangrène, morsures d’animaux, blessures par armes blanches, typhus ou typhoïde)…On signale même des accidents du travail : par exemple, un ouvrier reçoit un éclat de pierre dans l’œil en démolissant le mur d’un sanctuaire : il en mourra…
Les prisonniers viennent demander d’être libérés, ceux qui prennent des bateaux d’être protégés du naufrage, d’autres encore que leur maison soit protégée de l’incendie…
L’un vient solliciter la Vierge parce qu’on lui a volé son blé, un autre parce que son faucon est blessé…
Ci-contre, la plaque commémorant le passage des pèlerins célèbres, en haut des 216 marches de l'escalier…
Le pèlerin doit gravir, à genoux, les 216 marches de l’escalier, en récitant un Ave Maria à chaque marche. Il porte autour du cou des chaînes symboliques, les catenulae, qui sont la marque de l’esclavage du péché et étaient enlevées après l’absolution des fautes. 

On dit que parfois les pèlerins poussaient de tels cris de repentance que les moines venaient rétablir l’ordre à coups de bâton…

Dessin : Julien Fournet
Auteurs : Geneviève Joutard et Danielle MONTARIOL

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