Saint Sernin
La cohérence d’ensemble du décor : le thème de la Résurrection
La porte de Miégeville : le tympan, Saint Pierre et Saint Jacques

Les chapiteaux historiés : l'Annonciation et la Visitation,  le massacre des Innocents et l’expulsion du paradis d ’Adam et Eve

Le Christ en majesté du déambulatoire, le chérubin et l'apôtre

La peinture murale du croisillon nord du transept

ci-contre, la porte de Miègeville, qui fait face à la rue qui conduit au centre ville ; car le nom Miègeville vient de 'mieja vila', milieu de la ville.

Le tympan

Le tympan représente l’Ascension de Jésus-Christ. Le Christ est reconnaissable à l’auréole qui entoure sa tête. Cette auréole symbolise les rayons lumineux autour du corps des personnages sacrés. Celle-ci, placée autour de la tête avec une croix à l’intérieur, est un nimbe crucifère. L’Ascension, jour férié dans notre calendrier, est au centre de la foi chrétienne : les chrétiens sont, par définition , ceux qui croient que Jésus est mort sur la croix, puis ressuscité et enfin monté au ciel rejoindre Dieu le Père. Six anges participent à la scène, deux aident Jésus-Christ à s’élever, les deux autres, au chaque coin de l’arcade l’acclament, les deux plus grands font un geste qui montre leur adhésion profonde .

En-dessous, sur le linteau, les apôtres (les douze compagnons de Jésus) regardent le ciel. Ils sont encadrés par deux anges coiffés de bonnets pointus qui les encouragent à aller partout annoncer la nouvelle de la Résurrection.


Le tympan est encadré par deux grandes statues
Saint Pierre, à droite,
est facilement reconnaissable , son nom est inscrit sur son nimbe et il porte des clés qui, pour les chrétiens, sont celles du royaume des cieux. Pierre est le premier des apôtres ; c’est à lui que Jésus confie la direction de la future Église. C’est un missionnaire qui, selon la tradition, est allé jusqu'à Rome où il fut martyrisé au temps de Néron. Les papes sont considérés comme ses successeurs.
Les deux anges qui sont au-dessus de sa tête lui apportent une couronne et une hostie, symboles du pouvoir que Jésus-Christ lui a confié.

Simon le magicien est le personnage sculpté sous les pieds de Pierre, ce qui signifie qu’il a été vaincu. Pierre chassade la communauté chrétienne Simon le Magicien, converti au christianisme dans l'espoir de percer les secrets dont disposent les apôtres. Il est représenté assis, sur un siège que deux démons effrayants s'efforcent en vain de soulever. Mais l'index de sa main droite, pointé vers le sol, évoque sa chute et cette scène d'ascension ratée s'oppose à celle réussie du Christ présentée juste à côté.
Il figure dans les Actes des Apôtres, livre écrit autour de 80 et qui raconte l’histoire des premières communautés chrétiennes. Il est entouré de deux démons qui tentent de soulever le siège sur lequel il est assis. En vain, car c’est un personnage négatif qui peut utiliser la magie ou l’argent pour séduire les foules.Il ne peut donc s’élever comme le Christ du tympan. Il symbolise la simonie, le commerce des choses sacrées.

Saint Jacques, à gauche,
est aussi un apôtre. Son nom est gravé sur son nimbe. Il porte un livre, les Evangiles, qui rapporte l’enseignement de Jésus-Christ . Jacques fut victime des persécutions d’Hérode. Son corps transporté plus tard en Espagne a donné naissance au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Les deux personnages qui sont au-dessus de sa tête sont mal identifiés. La signification de la sculpture qui se trouve en-dessous est également problématique. Il s’agit de deux femmes chevauchant des lions. Au milieu, un homme rapproche les deux têtes. Peut-être est-ce une dénonciation du nicolaïsme ? le nicolaïsme est le non-respect du célibat par les prêtres. En effet l’Eglise interdisait le mariage des prêtres mais certains vivaient en concubinage ; la réforme grégorienne s’est efforcée d’y mettre fin .

Les chapiteaux historiés : ils représentent des scènes de l’Ancien ou du Nouveau Testament.
-  L'Annonciation et la Visitation

A gauche, en regardant le portail, un même chapiteau montre Marie, mère de Jésus, un voile sur la tête, une bras tendu, l’autre plié, la paume de la main ouverte au niveau de la poitrine. C’est le signe qu ’elle accepte la nouvelle que lui annonce l’ange Gabriel, reconnaissable à ses ailes et à la croix qu’il porte. C’est l’illustration d’un passage des Evangiles, l’Annonciation : l’ ange Gabriel annonce à Marie qu’elle a été choisie pour être la mère de Jésus, le fils de Dieu pour les chrétiens. Sur l’autre face du chapiteau, Marie étreint Elisabeth, sa cousine enceinte de Jean-Baptiste, en présence d’un ange qui porte une croix et en livre ; c’est la Visitation.

-  Le massacre des innocents

Le massacre des innocents fait suite chronologiquement aux deux scènes précédentes. Toujours à gauche du portail, le centre du chapiteau montre un soldat qui tient un glaive dans une main et la tête d’un enfant qu’il s’apprête à massacrer dans l’autre. D’autres enfants sont sculptés avec leur mère. L’assassinat des garçons nés en même temps que Jésus a été commandité par Hérode, roi de Judée, qui craint la réalisation d’une prédiction. En effet, des mages lui avaient annoncé la naissance d’un roi des Juifs et c’est pour éliminer un futur rival qu’Hérode décide du massacre des nouveaux-nés. Les Évangiles racontent que Jésus a échappé à la mort grâce à son père adoptif, Joseph, époux de Marie, qui les a conduits en Egypte.

-   L’expulsion du paradis d ’Adam et Eve

Le chapiteau historié de droite représente un homme et une femme nus, qui tentent de cacher leur nudité par une feuille. Les arbres stylisés représentent le paradis terrestre dont Adam et Ève viennent d’être chassés. la Genèse raconte qu’ Adam et Ève ont été punis pour avoir mangé le fruit de l’arbre de la connaissance. C’est Ève qui, tentée par le serpent, a croqué la première le fruit défendu et l’a partagé ensuite avec Adam.

Pour les chrétiens de l’époque médiévale, Ève représente le Mal par opposition à Marie qui représente le Bien. Après son expulsion du paradis, l’homme est condamné au travail de la terre.


Le Christ en majesté du déambulatoire
 
Le Christ est un grand bas-relief de marbre, peint à l’origine, de 1,10 m de hauteur sans le socle . Il est encadré par deux anges de mêmes dimensions, sculptés vers 1096. Quatre autres bas-relief plus grands, deux anges et deux apôtres sont également encastrés dans le déambulatoire. L’ensemble est attribué à l’atelier de Bernard Gilduin. Ces bas-reliefs ne sont pas à leur emplacement originel, sur lequel les spécialistes ne sont pas d’accord .

C’est un Christ en majesté, c’est-à-dire représenté assis sur un trône et de face. Il est richement habillé, comme un empereur byzantin. 

Pour les chrétiens, ce Christ en gloire est le souverain du royaume des cieux qui présidera au Jugement Dernier, à la fin des temps.

Le R gravé sur la croix du nimbe est l’abréviation de rex (roi). Cette croix porte aussi alpha et oméga, première et dernière lettre de l’alphabet grec qui symbolisent, pour les chrétiens, la croyance que le Christ est Dieu, le début et la fin de toute chose. Ce Christ porte un message de paix dont témoigne l’expression du visage et le Pax Vobis inscrit sur le livre. La main droite bénit les fidèles. Il est entouré d’une mandorle, une auréole en forme d’amande qui atteste aussi son caractère sacré. Aux quatre coins de la mandorle se trouvent un aigle, un lion, un taureau et un homme ailé, symboles des quatre évangélistes Jean, Marc, Luc, Matthieu .

De part et d’autre du Christ se trouvent deux anges,

un chérubin et un séraphin identifiables grâce à l’inscription gravée sur l’arcade, au-dessus de leur tête .

Ils forment, avec les deux autres anges plus grands placés dans le déambulatoire, une sorte de garde d’honneur.

Les deux apôtres, vêtus dune toge à l’antique, les Évangiles dans la main gauche, regardent le spectateur qu’ils bénissent de la main droite. 

le chérubin

l'apôtre


La peinture murale du croisillon nord du transept

C’est une vaste composition de 3 m 30 sur 7 m 75, peinte vers 1180, dont le thème est la Résurrection . Le schéma ci-dessous explique le signification de scènes tirées des Évangiles. Il ne tient pas compte des proportions de chaque registre.

La Résurrection
ange
agenouillé
image
de Dieu
effacée
ange
agenouillé
Deux anges agenouillés sont les témoins de la Résurrection. Ils entourent une image symbolique de Jésus-Christ ressuscité qui s’est effacée .
L'Ascension


Marie
Christ en
gloire
Jean-
Baptiste
Le Christ est représenté en majesté comme dans le déambulatoire, entouré d’une mandorle en demi-cercle. Son caractère divin est rappelé par A et l’ W inscrits de part et d’autre du trône. Marie, mère de Jésus, symbolise l’Incarnation. Jean-Baptiste, cousin de Jésus, est un prophète qui a annoncé la venue d’un messie. Il a baptisé Jésus dans les eaux du Jourdain, d’où son nom. Il symbolise la Rédemption. Ce sont des personnages sacrés qui portent une auréole de lumière. 
Annonce de la venue d'un Messie
Jérémie
Isaïe (?)
Jérémie et Isaïe sont des prophètes de l’Ancien Testament qui ont annoncé la venue d’un envoyé de Dieu qui sauverait Israël, nom du peuple hébreu.
La Résurrection


Marie,
Salomé,
Marie-Madeleine
Ange montrant
un tombeau vide
Ces trois femmes, Marie, mère de Jacques, Salomé et Marie-Madelaine sont appelées Saintes Femmes. Elles sont venues frotter d’huile le corps du Christ avec des aromates, le matin de Pâques. Mais l’ange de la Résurrection leur montre que le tombeau est vide.
Mort de Jésus
2 soldats gardent son tombeau
Deux soldats surveillent le tombeau dans lequel le corps de Jésus a été placé après sa mort sur la croix

Auteur : Marie-Christine Roques
Photos : Jean Roques


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