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BENJAMIN WITHFIELD sculptures

Publié le mardi 25 mai 2010

La galerie du collège Albert Camus expose les œuvres de BENJAMIN WITHFIELD SCULPTURES

Vernissage le jeudi 10 juin 2010 à 17h30

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Présentation de l’exposition

« L’art doit naître du matériau et de l’outil et doit garder la trace de l’outil et de la lutte de l’outil avec le matériau. L’homme doit parler mais l’outil aussi et le matériau aussi. »
Jean Dubuffet

En l’occurrence le matériau est l’argile, blocs de terre humide informés par la main et les outils d’un artiste, Ben Withfield. Le tour de potier pour évider, étrangler et étirer la pâte. La main pour presser, plisser et écraser. Le tranchant d’un outil pour piquer et inciser. Le four pour durcir, brunir et figer la pièce.

Comme le disait Henri Focillon *, les matières comportent une certaine vocation formelle, elles ont une consistance, une couleur et un grain qui vont nécessairement appeler certaines formes. L’argile, molle, élastique et opaque permet la création
d’une certaine « famille » de formes que le marbre, le verre ou le métal n’induiraient pas. * Henri Focillon Vie des formes 1934

Nées de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, les sculptures de Ben Whitfield renvoient à des gestes archaïques. Masses sombres, muettes, venues d’un passé antédiluvien, échouées sur des socles blancs, ou organes clairs, concaves et pansus, suspendus aux cimaises.
Car dès le premier regard, apparaissent deux ensembles d’objets, d’abord perçus comme étranger l’un à l’autre, créant un contraste qui exacerbe leurs différences.

Le groupe des « suspendus », celui des chairs claires, semble tendu entre deux pôles, organique et géométrique. Amphores, ventres, improbables instruments, goulots ou corolles, un peu de tout cela mais pas tout à fait, s’entrelacent sur un pan de mur blanc. Ces objets creux portent ostensiblement la marque du tour et de son impulsion circulaire.

Le groupe des « échoués » repose sur des supports blancs. Gangues bitumineuses desquelles une chair crème affleure, un peu. Assez pour comprendre qu’il y a une substance d’une autre nature, dedans.
Ceux-là semblent avoir la peau dure, celle de vieux cétacés. L’artiste a incisé et dardé leur croûte charbonneuse.
Ceux-là sont pesants, portant la marque figée d’un geste vigoureux de pression ou de torsion. La souplesse de la glaise demeure, mais brûlée, comme fossilisée par la chaleur du four.

Mais dans les deux cas, il apparaît que faire une sculpture, ce n’est pas seulement faire un objet mais faire sentir le processus dynamique qui a permis l’émergence des formes.
Dans les deux cas, le poids et l’opacité de cette matière argileuse nous renvoient à notre propre corps, ce qui fait masse, ce qui fait creux, ce qui fait peau. L’intérieur et l’extérieur.

Le poème de William Blake, The Mental Traveller, fut pour l’artiste déterminant
dans la création de ces œuvres, en voici les deux premières strophes :

“ I travelled through a land of men,

A land of men and women too,

And heard and saw such dreadful things

As cold earth wanderers never knew.

For there babe is born in joy

That was begotten in dire woe,

Just as we reap in joy the fruit

Which we in bitter tears did sow ;(…)”

Bonne visite

S. Bach

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