FICHE PÉDAGOGIQUE
"LE ROI ET L'OISEAU"
Paul Grimault - France - 1h23
LE dessin animé du cinéma français. Un film culte, à la genèse difficile (voir le Cahier de notes sur ), au générique duquel apparaissent des noms célèbres : Prévert, Kosma, Piéplu,AVANT LA PROJECTION...Il s'agit de construire avec les élèves les notions qui leur permettront d'apprécier le (les) film(s) qu'ils vont voir, sans bien sûr déflorer le sujet.
Il s'agit aussi et peut-être surtout de les mettre en situation d'attente.Objectif notionnel prioritaire : faire prendre conscience que toutes les images sont fixes. L'image animée n'existe pas. Tous les films (tournés sur pellicule) ne sont en fait qu'une succession d'images fixes. L'impression de mouvement est due à un défaut de notre il : la persistance rétinienne.
Quelques pistes de travail :
1. A propos du dessin animé :
- Partir de la consommation télévisuelle des enfants pour établir la liste de "ce qu'ils regardent à la télé". Les termes "films" et "dessins animés" doivent apparaître dans ce corpus.
- Faire expliciter la différence qu'ils font entre ces deux termes.(personnages et décors "réels" / personnages dessinés, durée).
- Comment un dessin animé est-il "fabriqué" ? (faire émerger les représentations).
- Réalisation image par image. Mais alors, "Comment ça bouge ?".
- Introduire thaumatrope et folioscope pour illustrer la persistance rétinienne.
- Dans la salle de cinéma, une image fixe est projetée pendant un temps très court sur l'écran. Un obturateur coupe le faisceau lumineux (noir). Pendant ce temps, une deuxième image fixe se positionne dans le projecteur. Le faisceau lumineux est rétabli. Cette deuxième image apparaît alors que la première est encore "gravée" sur la rétine. L'obturateur coupe... (24 images/seconde). C'est ainsi que j'ai l'impression de voir l'image s'animer.2. A propose du film Le roi et l'Oiseau :
- A partir du titre, de l'affiche et des photogrammes du film (fichiers joints et site École et cinéma 31), faire émettre aux élèves des hypothèses à la fois sur le scénario et sur le traitement cinématographique.
APRÈS LA PROJECTION...Il ne s'agit pas d'exploiter le film : trop de connotations péjoratives s'attachent à ce terme. Une exploitation "intensive", très proche de la récupération, risquerait de dégoûter à jamais l'enfant du cinéma et d'empêcher toute réflexion sur l'image (cf. certaines explications de textes, de poèmes ou de pièces de théâtre que vous avez sûrement vécues...).
Objectif notionnel prioritaire : Faire prendre conscience aux élèves que le dessin animé n'est pas obligatoirement un genre mineur s'amusant de sujets légers, mais qu'il peut traiter de véritables sujets de société.
Quelques pistes de travail :
1. Faire verbaliser les réactions à chaud : a-t-on aimé (pas aimé) le film ? A-t-on ri, souri ? Quand ?
2. Reconstruction collective du scénario. En fait, à l'exception de la première séquence, le film tout entier est un flash-back (Ce retour sur le film pourra s'accompagner de dessins).
3. Mise en place d'une grille de lecture du film : les personnages, l'organisation verticale de l'espace (cf. la cité verticale, "Cahier de notes " p.15 ), ...
4. La structure du conte (état initial, adjuvants, opposants,...).
5. Le statut de la musique.
6. La mise en abyme de la séquence 18 (cf. Cahier de notes sur ).
7. Au delà de la dimension ludique du dessin animé : les problématiques du pouvoir, de l'asservissement, de la liberté
8. L'intertextualité :
- Les thèmes et les mots chers à Jacques Prévert : la litanie du liftier // "Page d'écriture", "Pour faire le portrait d'un oiseau".
- Le robot destructeur // Goldorak, Mangas japonaises,
- "La Bergère et le Ramoneur", conte d'Andersen dont s'est inspiré Paul Grimault pose la problématique de l'adaptation cinématographique. A noter entre autres l'influence idéologique de Jacques Prévert dans le dénouement : de l'utopie du 19ème siècle à la dimension libertaire du mouvement surréaliste.Cliquer sur l'icône pour télécharger cette fiche au format PDF.