LE JAPON ET L'ASIE DU SUD-EST DANS LE MONDE
QUESTIONS
« Le Japon et l'Asie du Sud-Est dans le monde ».
Document 1 : LA PUISSANCE COMMERCIALE DU JAPON
Atlas du Monde Diplomatique. Hors série Manière de voir, janvier 2003
Document 2 : UN JUGEMENT SUR LA PUISSANCE JAPONAISE AUJOURD'HUI
«Le Japon ne peut plus être considéré comme « un géant économique et un nainpolitique ». L'Etat japonais fait de plus en plus entendre sa voix dans les instances internationales, et y exerce des responsabilités. (...). Le Japon est en crise, ce qui ne signifie pas qu'il soit sur le déclin (...).
Depuis l'an 2000, les Etats-Unis' ne sont plus le premier partenaire commercial du Japon. Les neufs pays de 1'« Asie émergente» ont pris cette place. La « sphère de coprospérité» imaginée par les dirigeants japonais durant la Seconde Guerre Mondiale n'est certes pas ressuscitée en tant que telle. Mais l'influence japonaise, d'abord économique, ensuite culturelle et, bientôt, politique, se fait sentir dans toute l'Asie orientale et au-delà, à l'échelle du Pacifique (Australie, Océanie, Amérique du Nord, Amérique latine). Sur la façade Pacifique de l'Asie, seule la Chine semble en mesure de lui faire contrepoids, à moins d'entrer en synergie (1) avec elle. Cette dernière hypothèse dépend beaucoup de l'attitude américaine et, quoique de façon moindre, de l'attitude européenne. »
Philippe PELLETIER: Le Japon, une puissance en question, 2002
La Documentation Photographique
1 Synergie: action qui rassemble et associe les forces de deux partenaires, allusion à la coopération possible entre Japon et Chine.
Document 3: LE PNB DES ÉTATS DE L'ASIE DU SUD-EST, comparé avec celui de quelques états témoins (année 200])
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Sur un total de 227 états
PNB moyen par habitant du monde: 6750
Source: Atlaseco 2004
Document 4 : LE JAPON ET LES POLES DE CROISSANCEDE L'ASIE DU SUD-EST en 2002
ETATS(1). |
Population (2) |
Croissance en |
Exportations |
Importations |
|
(millions d'hab) |
2002 |
(Milliards de $) |
(Milliards de $) |
|
(%) |
|||
Etats-Unis(3) |
285,3 |
2,4 |
721,7 |
1146 |
Japon |
127 |
0,3 |
371 |
282,2 |
Chine |
1 271,8 |
8 |
266 |
214,6 |
Corée du Sud |
47,3 |
6,3 |
162,5 |
148,4 |
Taiwan |
22,8 |
3,5 |
? |
? |
Hongkong |
6,7 |
2,3 |
179,4 |
186,8 |
Indonésie |
209 |
3,7 |
57,9 |
34,8 |
Thaïlande |
61,2 |
5,4 |
66,8 |
57 |
Singapour |
4,1 |
2,3 |
122,5 |
109,6 |
Birmanie |
48,3 |
? |
2,2 |
2,5 |
Philippines |
78,3 |
4,6 |
33,9 |
32,3 |
Malaisie |
23,8 |
- 0,7 |
88 |
69,6 |
Vietnam |
79,5 |
7 |
15,8 |
16,4 |
Corée du |
22,4 |
? |
? |
? |
Nord |
||||
Brunei |
0,344 |
? |
? |
? |
Cambodge |
12,2 |
5 |
1,3 |
1,7 |
Laos |
5,4 |
5 |
0,311 |
0,528 |
Source: Atlaseco 2004
DOCUMENT 5 : LES INVESTISSEMENTS ETRANGERS EN CHINE
« Le flux ne se tarit pas. Il enfle même. Ce fut un choc quand le chiffre est tombé au printemps dernier: la Chine avait attiré en 2002 près de 53 milliards de dollars (près de 48 milliards d'euros) d'investissements directs étrangers (IDE) [H'] soit une progression de 12% [H'] en un an ou une multiplication par mille ['H] en vingt ans. [...] Pour la première fois, la Chine est passée devant les États-Unis, en tant que deuxième destination mondiale d'investissements étrangers (derrière l'intouchable Luxembourg, premier capteur de flux financiers pour des raisons fiscales).
On savait déjà que l'Empire du Milieu1 faisait trois fois mieux que le Brésil ou
près de dix fois mieux que l'Inde. Mais détrôner les États-Unis marque un tournant. Alors que va s'ouvrir, mercredi 10 septembre à Cancun, au Mexique, une nouvelle phase de négociations mondiales, sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la formidable montée en puissance de la Chine comme « atelier du monde» est indéniable sinon inéluctable. 420 000 entreprises étrangères y sont aujourd'hui implantées.
[. H] Le total du capital étranger [investi] en Chine depuis le début de son ouverture, il y a deux décennies, se hisse à 448 milliards de dollars, soit trois fois moins qu'aux Etats-Unis. Certes encore, ce chiffre de 53 milliards de dollars pour 2002 est surestimé par l'effet du recyclage des capitaux domestiques s'expatriant pour revenir au pays (round tripping) rebadigeonnés aux couleurs étrangères afin de bénéficier d'avantages douaniers ou fiscaux. A Shanghai, par exemple, les flux en provenance des paradis fiscaux des Iles Vierges et des Iles Caïmans ont augmenté en 2002 respectivement de 24,1 % et 12,1 %.
Ce courant masque des investisseurs taïwanais, contournant les interdits édictés par le gouvernement de Taipeh2, mais il dissimule aussi du capital continental. Certains économistes estiment que ce gonflement artificiel des chiffres peut aller jusqu'à 25 %. C'est pour cette raison que le dernier rapport de la Cnuced3 sur l'investissement dans le monde ramène sagement le véritable montant des IDE4 en Chine, pour 2002, à 40 milliards de dollars, considérant excessifs les chiffres officiellement affichés par le gouvernement chinois. »
Frédéric BODIN, Le Monde, 9 septembre 2003
Histoire géographie. Académie de Toulouse.