Histoire-Géographie
L'épreuve du Bac...

Session 98

Baccalauréat professionnel

Durée 2 heures, coefficient 2.




Sujet : La dépendance de l'Afrique par rapport aux pays développés : l'exemple de l'agriculture.

Documents


Questions


Document 1 : la bonne filière de Yaya Coulibaly

Il y a vingt-cinq ans, dans cette région du Mali, c'était la brousse. Au milieu des années 70, Yaya Coulibaly est venu s'y installer, dans la plaine, à une quinzaine de kilomètres de Sikasso. Les terres en friche appartenaient à sa lignée, et c'est avec sa famille qu'il a déboisé. Il a semé du mil et du maïs, puis il a consacré quelques parcelles au coton. Aujourd'hui, Yaya Coulibaly a réussi; il a fait le pèlerinage de La Mecque, a donné son nom au hameau et cultive une trentaine d'hectares. (...) Yaya Coulibaly et les siens s'apprêtent à battre cette année de nouveaux records qui devraient faire de leur pays le premier exportateur de cotonfibre d'Afrique. Chaque année, de nouveaux paysans maliens se convertissent à la culture cotonnière et, s'ils le font, c'est d'abord parce qu'ils y trouvent une source de revenus. Mais aussi parce qu'elle les fait entrer en « zone CMDT», du nom de la Compagnie malienne pour le développement du textile, qui dispose du monopole d'achat du coton-graine dans la quasi-totalité des régions cotonnières. Détenue à 80% par 1'état malien et à 20% par la Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDT), la CMDT régente toutes les activités agricoles de Kita à Sikasso. (...) Les plus gros fermiers qui cultivent quelques dizaines d'hectares ne songent même pas à se plaindre du prix que paie la CMDT tant l'affaire est profitable. Pourtant la compagnie n'encourage pas la monoculture du coton. Elle fait pression pour qu'au maximum un tiers des surfaces cultivables soit consacré au coton et déconseille formellement de renouveler la culture deux années de suite sur la même parcelle.

Yaya Coulibaly ne s'en plaint pas, qui dégage parfois jusqu'à 10 tonnes d'excédents de céréales dans son exploitation. Il préfère céder son mais et son mil à un prix avantageux » à d'autres villageois qui manqueront de grain en période de soudure plutôt que de les vendre aux marchands de la ville.

Référence: Le Monde, Bilan économique et social, janvier 1998.

Document 2 : Conditionnement du coton au togo

Conditionnement du coton au togo
Référence : Photographie SAPPA/RAPHO, Clartés, novembre 94.

Document 3 : Cours du coton de 1985 à 1996

Cours du coton de 1985 à 1996
Référence : Conjoncture 1998, Paris, Bréal/Les Echos, Août 1997.

Document 4 : Principaux négociants de coton mondiaux.

RangCompagnieNationalitéSpécialité
1DunavantEtats-UnisCoton américain
1 ex aequoLouis Dreyfus CotonFranceTous cotons
3CargillEtats-Unis Tous cotons
4UzagroimpexOuzbékistanCotons d'Asie centrale
5ChinatexChineTous cotons
6CopacoFranceCoton africain
7Paul RheinhartSuisseCoton d'asie
8Stahel HardmeyerSuisseCoton d'asie centrale
9CalcotEtats-UnisCoton américain
10ConticottonEtats-UnisTous cotons

Référence : Conjoncture 1998, Paris, Bréal/Les Echos, Août 1997.

Document 5 : Situation alimentaire des pays en développement.

Référence : Chapuis Robert, Les quatre mondes du Tiers-Monde, Paris, Masson, 1994.


Eléments de correction.


QUESTION 1:

Il s'agit de la production de coton fibre (« coton » accepté) (0,5 point). Pour la qualification du type d'agriculture (O,5 point), le candidat peut proposer:

- agriculture commerciale;
- agriculture d'exportation.

QUESTION 2:

Par l'intermédiaire de la CMDT (Compagnie Malienne pour le Développement du Textile). Nous sommes dans le cas du monopole d'une compagnie d'Etat, avec participation étrangère.

QUESTION 3:

Le texte et la carte permettent de proposer plusieurs éléments de réponse:

- pressions de la CMDT;
- ne pas épuiser les sols
- maintenir les cultures vivrières.

QUESTION 4:

La réponse du candidat devra insister sur l'archaïsme des méthodes (bascule au 1/lOè' sacs en toile, main d'oeuvre peu spécialisée).

QUESTION 5:

Deux types d'informations sont à retirer de ce document:

- une tendance générale à la hausse du cours mondial (+ 30 % en dix ans), ce qui est rare pour un produit agricole tropical;
- une instabilité inter-annuelle forte (effondrement de 1991-1992).

QUESTION 6:

Les risques courus par les producteurs du Mali sont de voir l'augmentation des surfaces cultivées étant donné la prospérité relative de cette culture, de nouveaux paysans se convertir à l'agriculture cotonnière; ce au détriment des cultures vivrières, de voir les cours s'effondrer.

QUESTION 7:

Les principales compagnies de coton mondiales appartiennent aux pays développés qui contribuent à la fixation des cours sur le marché mondial.

QUESTION 8 (synthèse):

Les candidats devraient organiser leur synthèse de la manière suivante :

- dépendance de l'agriculture commerciale, fragilisée par des cours mondiaux fluctuants et fixés par les pays industrialisés;
- dépendance et fragilité des agricultures vivrières qui ne satisfont pas les besoins des populations et obligent nombre de pays à recourir à des irnportations coûteuses.



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