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1999,

Les élections européennes.

Etoiles


Européennes 1999 : pays par pays.


PAYS PAR PAYS :

Les sièges pour les deux premiers partis aux élections de 1994.

Pays Sièges 1er parti 2ème parti
Allemagne 99 CDU/CSU : 53 SPD :33
Roy-Uni 87 Conservateurs : 34

 

Travaillistes : 26

 

Italie 87 Forza italia : 23 DS (soc.) : 16
France 87 PS : 22 RPFIE(Pasqua):13
Espagne 64 P.populaire : 27 PSOE (soc) : 24
Pays-Bas 31 CDA (Dém.chrét) : 9 PVDA (soc.) :6
Belgique 25 VLD libéraux flamands 3 Parti socialiste francophone : 3
Grèce 25 PASOK (soc.) :9 ND (conserv.):9
Portugal 25 P. socialiste: 12 P.social dém. : 8
Danemark 16 Venstre (lib.) : 5 Sociaux-dém : 3
Irlande 15 Fianna Fail (nationalistes): 6 Fine Gael (Centre-droit) : 4
Luxembourg 6 Chrétiens soc.:2 POSL (soc.):2
Autriche 21 SPO(soc.dém) : 7 OVP(conserv): 7
Finlande 14 KOK (conserv):4 KESK(centr): 4
Suède 19 Soc.dém : 6 Conserv : 5

En 1999, entre les deux grands groupes politiques dominants en Europe, (404 sièges sur les 626 à pourvoir) les socialistes regroupés au sein du PSE et les démocrates-chrétiens formant le PPE, l'équilibre s'est inversé : le PSE (180 sièges) a perdu la première place largement derrière le PPE (224 sièges). Il faut noter que la défaite des travaillistes au Royaume-Uni, où le scrutin majoritaire à un tour renforce les écarts, ainsi que la forte avance des chrétiens démocrates allemands sur leurs rivaux du S.P.D, expliquent l'essentiel de ce renversement. Seuls les partis socialistes français et portugais ont dans ces élections européennes progressé mais leurs succès n'a pas suffit à contrebalancer la poussée du PPE.

RESULTATS EN FRANCE 1999 :

  1. Construisons notre Europe, de François Hollande (PS). : 21.95 % , 22 élus
  2. Rassemblement pour la France et l'indépendance de l'Europe, Charles Pasqua" : 13.05 % 13 élus
  3. Union pour l'Europe, l'opposition unie avec le RPR et Démocratie Libérale, Nicolas Sarkozi (RPR) : 12.82 % 12 élus
  4. L'écologie, les Verts, Daniel Cohn-Bendit, Dominique Voynet, Daniel Cohn-Bendit : 9.72 % 9 élus
  5. Avec l'Europe prenons une France d'avance, François Bayrou (UDF) : 9.28 % 9 élus
  6. Bouge l'Europe, de Robert Hue (PCF) : 6.78 % 6 élus
  7. "Chasse-Pêche- Nature -Traditions" , Jean Saint-Josse : 6.77 % 6 élus
  8. L.E.P.E.N, Front national avec Jean Marie Le Pen, pour une France libre changeons d'Europe", Jean Marie Le Pen : 5.69 % 5 élus
  9. "Lutte Ouvrière et Ligue communiste révolutionnaire, Arlette Laguiller et Alain Krivine : 5.18 % 5 élus.

La division des partis de droite qui affaiblit globalement ce courant politique, a profité aux "souverainistes" de Charles Pasqua dont la liste arrive en deuxième position derrière celle des socialistes qui font mieux qu'en 1994. Le parti communiste enregistre le plus bas score de son histoire et est talonné par le "mouvement des chasseurs" qui , comme l'extrême gauche, obtiennent pour la première fois des élus au Parlement européen. L'extrême droite divisée, perd des sièges et le Front National obtient seul des élus alors que son rival (le Mouvement national de Bruno Mégret) n'en obtient pas. Le seul courant politique qui progresse un peu est celui des Verts sans toutefois passer la barre des 10%. Au total, la "balkanisation" (neuf listes se partagent les sièges à pourvoir) des résultats aux européennes, profite à la gauche au pouvoir (38.44 %) face à l'opposition de droite (35.16 %) mais souligne aussi la percée de "courants périphériques" tout aussi déstabilisteurs pour les partis classiques que la montée de l'abstention.

GEOGRAPHIE ELECTORALE EN FRANCE EN 1999:

Les cartes qui suivent révèlent les grands traits de l'implantation géographique des partis ayant obtenu des sièges aux élections européennes de 1999.

Abstentions :

Abstentions

Le taux d'abstention élevé aux élections européennes n'est pas nouveau : 1979 : 39,29% ; 1984 : 43,23% ; 1989 : 51,11% ; 1994 : 46,53% mais en 1999 un record est battu avec 53.25 % .

La géographie de l'abstention (même si notre légende est peu lisible ici!) révèle une opposition classique de la géographie électorale entre un sud-ouest et un massif-central moins abstentionnistes que les autres régions rurales qui s'opposent toutes à la partie nord-est de l'hexagone plus urbanisée et plus industrielle. Le cas du département de la Somme où l'abstention a été particulièrement faible est lié à la forte mobilisation des chasseurs (chasse au gibier d'eau dans la baie de la Somme) qui réalise dans ce département l'exploit d'arriver en tête de toutes les listes.

Dans les autres pays de l'Union le taux moyen d'abstention est pratiquement identique à celui de la France : 51 % en moyenne. Les pays d'Europe du nord sont plutôt très abstentionnistes avec des "pointes" de 77% au Royaume-Uni, 70,1% aux Pays-Bas, ou encore 61% en Suède. Les pays du sud le sont nettement moins : Italie : 29% et Grèce 32%.

Parti socialiste :

Parti socialiste

Les votes pour le PS sont partout supérieurs à 15 % des exprimés. Ils sont géographiquement mieux installés qu'en 1994. Le sud-ouest et plus largement tout l'ouest sont les régions les plus favorables au vote socialiste. La Corse du Sud et la côte d'Azur sont à l'inverse, les plus rétives comme en 1994. Globalement l'implantation géographique du parti socialiste est meilleure qu'en 1994 : elle tend à s'étendre à partir des "bastions" traditionnels.

RPR/UDF

RPRUDF

Si l'ouest breton et l'est alsacien sont des terres favorables aux deux courants, l'élection de 1999, à la différence de celle de 1994, permet de mieux voir, avec l'existence de deux listes séparées, les implantations géographiques respectives. Dans les régions votant depuis longtemps à droite, comme celles citées plus haut, il y a en fait concurrence des deux courants. Les cas de prédominance soit du courant centriste (Meuse, Pyrénées Atlantiques et Hautes Pyrénées) soit du RPR gaulliste (Corse, Alpes Maritimes) sont marginaux. Le recul en voix du RPR est particulièrement marqué dans le sud et le nord (sur les évolutions géographiques de l'électorat gaulliste et sur la géographie électorale voir : "La France qui vote" de Frédéric BON et Jean Paul CHEYLAN, préface de Roger BRUNET, 1988) et l'influence centriste est géographiquement plus disparate, sauf dans l'ouest.

Pasqua/ De Villiers

Pasqua/ De Villiers

En 1994, les résultats de la liste de Mr De Villiers n'avaient pas l'ampleur géographique de celle qu'il a conduit en 1999 avec Mr Pasqua (13.05%). Un très grand nombre de départements a des scores proches du score moyen de la liste, et seules quelques marges périphériques s'en éloignent à la baisse (extrême sud-ouest, où les chasseurs faisaient concurrence; Alsace et Bretagne) ou à la hausse (la Vendée de Mr de Villiers, ou la côte d'Azur qui semble avoir délaissé le Front National). L'ampleur géographique est donc plus remarquable que celle du pourcentage des voix qui lui est assez peu différent de celui de 1994.

Parti communiste :

Parti communiste

Le parti communiste a toujours une implantation géographique caractérisée à la fois par l'existence de nombreux départements où le vote est particulièrement faible ( l'ouest et l'est) et un petit nombre de départements assez regroupés (nord, ouest du Massif Central, couronne parisienne etc...) où les votes y sont traditionnellement forts. Comme le nombre de voix dans ces "bastions rouges" est souvent en régression (cas de l'Héraut par exemple), l'influence électorale du parti communiste est géographiquement de plus en plus fragile.

Le Front National :

Front National

Les principales caractéristiques géographiques du vote Front National sont toujours présente : implantation inégale avec un fort contraste d'une part et d'autre d'une ligne Caen -Marseille entre l'ouest plus rural et peu favorable et l'est plus industrialisé et plus favorable. La division de l'extrême droite a modifié le poids électoral du courant (affaiblissement) mais pas l' implantation géographique où les deux mouvements sont rivaux .

CPNT et les Verts :

CPNTLes verts

La liste CPNT est géographiquement implantée de manière très inégale. Là, où la chasse et parfois la pêche (en Charente, par exemple) sont une activité de loisirs pratiquées avec ferveur par la population (Sud-Ouest, Baie de Somme, Manche, et plus largement la France rurale de l'ouest), la liste CPNT obtient des scores parfois très élevés (plus d'un quart des inscrits de la Somme). Ailleurs, et particulièrement à la périphérie est du territoire, c'est l'inverse (par exemple, moins de 2% en Alsace).

Dans une moindre mesure, les résultats électoraux des "verts", eux aussi assez diversifiés géographiquement, obéissent à la règle inverse : influence plus forte à l'est du territoire dans des département plus fortement urbanisés qu'à l'ouest. Cependant, l'ensemble de la Bretagne qui semble sensible aux idées écologistes, amène à nuancer ce schématisme rural/urbain qui ne peut tout expliquer!

Lutte ouvrière/ligue communiste révolutionnaire :

Lutte ouvrière

La configuration des votes d'extrême gauche montre une remarquable régularité de distribution : une grande masse de départements a voté comme la moyenne nationale. Recueillant peu de voix, les mouvements d'extrême gauche sont cependant présents partout, et sans montrer de véritables faiblesses géographiques, même si globalement le sud rural leur est moins favorable que le nord surtout les zones industrielles traditionnelles où ils sont les mieux implantés. Haute-Vienne, Puy de Dôme et Haute-Garonne sont trois pôles isolés où leur présence électorale semble en progrès.

Pro-européens et européens réticents :

anti-européensPro-européens

En 1994, la carte des "Non" à Maastricht, soulignait que le pourtour parisien et la côte sud-est, refusaient nettement l'Europe et que cette réaction était politiquement très disparate (poids de notables dans un département comme par exemple Mr Chevènement dans le Territoire de Belfort ou de Mr de Villiers en Vendée ou bien encore influence du Front national sur la Côte d'Azur ou du parti communiste en Seine St-Denis). En 1999, on retrouve schématiquement la même distribution .

Quant aux régions favorables à une Europe plus présente (cumuls des voix UDF, PS,Vert), elles s'individualisent nettement: la Bretagne, le Sud-Ouest, l'Alsace, la région parisienne, Rhône Alpes. Cette cohérence géographique mérite d'être soulignée à défaut d'être totalement expliquée.

 Thierry Couet.



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