
une gageure...
(Illustration de larticle : Dominique Appia, Lempire des gares, 1978, acrylique sur toile, centre Pompidou) |
Les cahiers de Médiologie, revue dirigée par Régis Debray, ont publié au 1er semestre 1997, un numéro autour du thème, anciennes nations, nouveaux réseaux , qui affirme en ouverture : « appartenir à une nation cest avoir des lieux, des images et des mots en commun. Mais la communauté imaginée, de territoire et de langue, quest une nation vivante ne peut se comprendre en dehors des réseaux techniques qui structurent lespace, limaginaire et la mémoire des hommes ». Pour léquipe rédactionnelle de la revue, « lEtat-nation forgé au XIXe siècle reposait sur des réseaux de transmission (lécole et le journal) et de transport (routes et voies ferrées) qui se voient aujourdhui bouleversés par des réseaux dune autre nature (électronique, télématique, aérien). Doù la question : quŒest-ce qui reste du sentiment dappartenance nationale, quel nouveau type dinscription communautaire émerge avec les satellites LEO, le Net, Airbus, les bouquets numériques ou Federal Express ? » |
Sagissant du réseau Internet, Marc Verprat, dans son article, le pays sans carte, évoque labsence de cartes complètes de son architecture ou de ses contenus.
Il estime que la métaphore des autoroutes de linformation ne peut être poussé trop loin car lémetteur et le récepteur ne sont pas reliés par un chemin unique et il est impossible de présumer le parcours quemprunteront les messages. Avec le développement des satellites, les infrastructures sont de moins en moins liées à un territoire. Les proximités ne sont plus géographiques mais se définissent en fonction de communautés dintérêts économiques ou intellectuels. Du coup, «dresser des cartes systématiques, quelles décrivent des infrastructures physiques, le cheminement des messages ou les contenus accessibles en ligne, reste, en raison même du mode de croissance et de fonctionnement de lInternet, une gageure. » Pour autant, une équipe de recherche de luniversité du Wisconsin (http://www.cirad.fr/FR/a_voir/ConnMaps) réalise des planisphères décrivant lévolution par pays du nombre de connections. Des documents, régulièrement mis à jour, fort utiles pour la partie de notre programme de Terminale sur les réseaux. Mais, si ces cartes mettent bien en évidence des sous-équipements flagrants, en Afrique par exemple, elles relèvent dune approche géopolitique globale et restent grossières.
La seule banque de données fiable à léchelle mondiale est celle des adresses Internet, mais elle ne renseigne pas sur la localisation géographique effective de lutilisateur. La géographie de lInternet reste donc largement à réaliser mais lévolution rapide du réseau rend peut-être illusoire ces tentatives de cartographie exhaustive et lon devrait alors se contenter de cartes partielles et éphémères, seules représentations graphiques possibles dun réseau protéiforme.