le pastel
Le pastel a besoin pour se développer d'un sol riche et meuble,
siliceux, calcaire et argileux : la plante trouva des conditions
favorables en Lauragais et dans l'Albigeois bénéficiant d'hivers
relativement doux et pluvieux suivis d'étés ensoleillés. D'autres
régions lui furent également propices : la Picardie, la Thuringe,
les Flandres.
A cause de l'épuisement du sol, occasionné par la culture du pastel,
les terres étaient laissées en jachère, l'année suivante, puis
cultivées en céréales, avant d'être à nouveau consacrées au pastel.
En raison de cette difficulté, les paysans ne lui ont jamais donné
l'exclusivité de leurs terres. Dans le meilleur des cas, et dans
la période la plus faste, soit entre 1520 et 1560, le pastel a,
à peine, couvert 14% des terres, d'où une certaine fragilité de
cette production.
Le pastel est apparu probablement au début du XIIème siècle, en
provenance d'Espagne ou d'Orient. Il atteint son âge d'or en France,
fin XVème et au XVIème, dans la période comprise entre 1463 et
1562 au moment des guerres de Religion.
Le développement de l'art vestimentaire très coloré entraîne un
usage accru de ces plantes. Les différentes teintures permettent
en effet une distinction des classes sociales par appropriation
de couleurs spécifiques.
L'expression célèbre de "Pays de Cocagne" est liée aux "coques",
étape ultime de traitement de la plante. Elle remonte au début
du XIIIème et évoque déjà toute la richesse symbolisée par le
pastel dans l'économie du Lauragais et de l'Albigeois où la plante
fut cultivée et sa teinture commercialisée.