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VOCABULAIRE |
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BARBACANE (de l'arabe barbak-kaneh, galerie servant de rempart devant une porte) : Ouvrage avancé protégeant une porte (de ville, de château fort). Ouverture étroite pratiquée dans le mur d'une forteresse permettant de tirer en sécurité (synonyme de MEURTRIERE)
CARYATIDES (nom féminin, du grec karuatides, femmes de Caryes) : Statue de femme (ou d'homme) servant de support ou de colonne.
CITE (latin civitas) : Circonscription administrative de l'Empire romain, subdivision de la province. Diocèse, circonscription ecclésiastique relevant de l'évêque, généralement identique à la civitas. Siège d'un évêché.
CORBEAU : Pierre en saillie supportant les extrémités d'une poutre , d'un linteau, la retombée d'un arc ou une galerie en ENCORBELLEMENT.
COURTINE (du bas latin cortina, tenture) : Mur compris entre deux tours d'une ENCEINTE fortifiée.
DONJON (du latin populaire dominio, de dominus; proprement "tour du seigneur") : Tour principale et point le mieux fortifié du château fort. En cas d'attaque, le donjon était le dernier retranchement des défenseurs.
ENCEINTE (du latin incingere, entourer) : Ensemble de défenses entourant un château fort, une ville; l'enceinte comprend souvent des COURTINES et des tours, puis un FOSSE. Le mot évoque l'idée d'obstacle continu contre un ennemi éventuel.
ENCORBELLEMENT : Construction en saillie sur un mur. Il peut être soutenu par des consoles, des MODILLONS, des CORBEAUX, des CARYATIDES ou des TROMPES.
FOSSE (fossé)(du latin fodere, creuser) : Large tranchée creusée au pied des murailles des ouvrages fortifiés pour en faciliter la défense. Souvent sec, le fossé est parfois rempli d'eau si les conditions locales le permettent.
HOURD ou HURDEL du francique hurd, palissade) : Galerie amovible en charpente établie en ENCORBELLEMENT au sommet des COURTINES et des tours; on ne la plaçait guère qu'en temps d'hostilités. Le plancher des hourds était percé de trous par lesquels les défenseurs lançaient des projectiles sur les assaillants. Plus tard, les hourds furent remplacés par les MÂCHICOULIS. Sorte d'estrade décorée pour les spectateurs de TOURNOIS, de combats, ou même scène de théâtre en charpente.
LICE (du francique licia ou listja, barrière) : D'abord palissade de bois qui entourait les places ou les châteaux forts. Puis terrain compris entre l'ENCEINTE intérieure et l'enceinte extérieure. Cet espace était le théâtre des joutes et des TOURNOIS. Enfin, tout champ clos destiné à des exercices de plein air.
MÂCHICOULIS ou MÂCHECOULIS (de l'ancien français mâcher, écraser et coulis, action de couler) : Galerie en ENCORBELLEMENT située au sommet des fortifications. Le fond était percé d'ouvertures par lesquelles les défenseurs faisaient tomber des pierres, de la poix, de l'eau bouillante sur les assaillants parvenus au pied du château ou de l'église fortifiée. Le mâchicoulis a remplacé le HOURD dans la seconde moitié du XIIe siècle. Le mot désignait d'abord seulement les ouvertures par lesquelles on lançait des projectiles.
MEURTRIERE (meurtrière)(de l'ancien français murtrir, assassiner) : Fente verticale aménagée dans la muraille d'une fortification qui permettait de surveiller les assaillants et de leur lancer des projectiles ou de tirer sur eux. Elle n'apparaît qu'au début du XIIe siècle.
MODILLON (de l'italien modiglione) : Ornement placé sous une corniche afin de la soutenir.
OUBLIETTE : Cachot aménagé dans le sous-sol du DONJON. Fosse couverte d'une trappe où l'on faisait tomber ceux dont on voulait se débarrasser.
TOURNOI : Exercice militaire qui fut d'abord, jusqu'au XIIIe siècle, une vraie bataille où s'affrontaient des troupes entières et qui se soldait par des morts et des blessés. Puis, il ne mit plus aux prises que quelques champions, ou même deux seulement : il devint ainsi un divertissement et un spectacle.
TROMPE : Elément en forme arquée placée dans les angles d'une construction pour passer du carré à l'octogone : ce passage se fait grâce au petit mur que supporte la trompe. Utilisée notamment pour l'édification des coupoles.
VOCABULAIRE PROPRE A UN OUVRAGE RELIGIEUX :
ABBATIALE : Eglise principale ou unique d'une ABBAYE.
ABBAYE : Monastère où le supérieur (ABBE ou ABBESSE) a un pouvoir en principe autonome.
ABBE (abbé)(du syriaque abba, père; latin abbas) : Chef, en principe élu, d'une communauté de moines.
ABBESSE : Supérieure d'un couvent de femmes.
ABSIDE (du grec hapsis, cercle, voûte) : Dans l'Antiquité chrétienne, extrémité de la NEF centrale de la BASILIQUE, de forme semi-circulaire, au fond de laquelle était dressé le siège de l'EVEQUE. Par la suite, terminaison arrondie ou polygonale de la nef principale, contenant le CHOEUR et le sanctuaire. Elle est généralement "orientée", c'est-à-dire tournée vers l'Est. Autour de l'abside se trouvent greffées des absides secondaires, appelées absidioles (ou chapelles rayonnantes, lorsqu'elles sont situées sur des axes correspondants au rayon du demi-cercle absidial).
ARC : Elément d'architecture qui relie deux supports séparés par un vide en décrivant une courbe. On distingue principalement, suivant la forme, un arc brisé (arc aigu formé de deux segments de cercle qui se coupent), un arc en plein cintre (arc en demi-cercle), un arc outrepassé, dit aussi en fer à cheval (arc dont les extrémités dépassent la demi-circonférence; caractéristique de l'architecture musulmane), un arc en accolade (arc formé de deux courbures opposées, égales et alternativement convexes et concaves). On distingue, suivant la fonction, un arc de décharge (arc disposé au-dessus d'un LINTEAU ou d'une ARCATURE, afin de reporter la charge de la maçonnerie supérieure sur des points d'appui solides), un arc doubleau (arc perpendiculaire à l'axe de la NEF, qui double de loin en loin la VÔUTE et en renforce la solidité), un arc formeret (arc parallèle à l'axe de la NEF, engagé dans un mur latéral et soulignant la retombé de la vôute le long de celui-ci), un arc ogif ou ogive (arc diagonal de renfort, unissant les arcs doubleaux et les arcs formerets en passant par la CLEF de vôute.
ARCADE : Ouverture pratiquée sous un ARC dans un mur. Elle est qualifiée du nom de l'arc dont elle a la forme.
ARCATURE : Ensemble de petites ARCADES qui peuvent être "à claire-voie" (détachées du mur), ouvertes, ou aveugles.
ARCHIVOLTE : VOUSSURES concentriques encadrant un portail.
BAPTISTERES (baptistères) : Edifice indépendant de l'église, destiné à l'administration du baptême. De plan circulaire ou octogonal, il comportait une vasque ou une piscine creusée au centre. Quand le baptême par simple infusion remplaça le baptême par immersion, la vasque, élevée, devint les fonts baptismaux; elle fut placée, à partir du XIVe siècle, à l'intérieur et à l'entrée de l'église, ce qui fit disparaître les baptistères.
BAS-CÔTES : NEFS latérales d'une église, de hauteur le plus souvent moindre que la NEF principale. Ils sont généralement au nombre de deux, mais parfois quatre, ou même plus. (synonyme : collatéraux)
BASILIQUE (du grec basilike (stoa) = (portique) royal) : Edifice romain, servant à la fois de tribunal et de lieu de rencontre pour les hommes d'affaires, en forme de vaste salle rectangulaire divisée par des colonnades se terminant assez souvent par une ABSIDE en hémicycle. A partir du IVe siècle, église construite sur ce plan, adaptée aux exigences du culte. La plupart ont trois NEFS, dont la principale, très haute, a ses murs percés de fenêtres; les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul, à Rome, ont cinq NEFS. C'est le type d'église qui était répandu en Occident jusqu'à l'époque carolingienne. Dignité conférée à une église par le pape, et qui lui donne, entre autres privilèges, la préséance sur toutes les autres églises, hormis la CATHEDRALE. Il y a cinq basiliques majeures (Saint-Jean de Latran, Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Marie Majeure, Saint-Laurent-Hors-les-Murs). Toutes les autres sont mineures.
CATHEDRALE: Eglise principale du DIOCESE, où se trouve le trône (cathedra) de l'EVEQUE.
CHANTRE (du latin cantor, chanteur) : Dignitaire d'une CATHEDRALE, d'un monastère, chargé de diriger les chants.
CHAPITEAU (du latin caput, tête) : Pierre taillée souvent sculptée surmontant une COLONNE, un PILASTRE ou un PILIER qui s'évase pour soutenir la retombée des arcs.
CHEVET (de chef, tête) : Extrémité finale d'une église et partie extrême de l'ABSIDE. En plan, il symbolise la partie supérieure de la croix sur laquelle reposa le Christ.
CHOEUR (du grec choros) : Partie de l'église réservée au clergé et aux CHANTRES. Au sens strict, on distingue le sanctuaire, partie de l'église où se trouve le maître-autel et où évoluent les ministres de la messe, et le choeur, situé en avant ou en arrière, muni de stalles de chaque côté, et où se chante l'office des heures. Mais, dans les églises non desservies par une communauté de moines ou de chanoines, le choeur, réduit à quelques stalles, se confond avec le sanctuaire.
CLAVEAU (du latin clavis, clef) : Pierre taillée en forme de coin qui entre dans la composition d'un ARC ou d'une VÔUTE.
CLEF : CLAVEAU placé au sommet d'un ARC ou d'une VÔUTE, appelé, dans ce dernier cas, clef-de-vôute.
CLOÎTRE (du latin claustrum, fermé) : Partie d'un monastère formé de quatre galeries couvertes, entourant une cour ou un jardin; elle est destinée à la promenade et à la méditation des religieux. Par extension, dans le langage courant, le couvent lui-même.
COLONNE : Support généralement cylindrique, monolithe ou formé de "tambours" superposés.
CONTREFORTS : Bloc de maçonnerie élevé à l'extérieur d'un mur pour l'épauler ou le renforcer.
CROISILLONS : Bras du TRANSEPT.
DIOCESE (diocèse)(du grec dioikein, administrer) : Sous le Bas-Empire, circonscription civile. Ensuite, circonscription ecclésiastique relevant de l'EVEQUE, beaucoup plus restreinte et correspondant plutôt à la cité.
EVEQUE (évêque)(du grec episkopos, surveillant) : Dignitaire ecclésiastique qui possède la plénitude du sacerdoce et qui dirige un DIOCESE.
LINTEAU (du latin limes, limitis, limite) : Bloc de pierre, pièce de bois ou de fer qui ferme la partie supérieure d'une ouverture. Il sert le plus souvent de base au TYMPAN.
NEF (du latin navis, bateau) : Au sens strict, navire de charge, voilier rond et lourd (la nau). C'est le type même du navire atlantique, mais il pénètre dès le XIVe siècle dans la Méditerranée. C'est avant tout un navire de haute mer, portant beaucoup plus que la galée (ou galère), navire long, à rames, rapide, propre aux opérations de guerre et au transport de marchandises peu encombrantes et de prix. C'est le type même du navire méditerranéen. La nef est également la partie centrale de l'église s'ouvrant sur le CHOEUR. Les églises sont à une ou plusieurs nefs. A côté de la nef centrale, les nefs latérales se nomment COLLATERAUX ou BAS-CÔTES. La nef transversaleest appelée transept. Aux XIIe et XIIIe siècle, on construisit généralement les CATHEDRALES à trois nefs, et quelquefois à cinq.
OGIVE (du latin obviare, rencontrer) : Nervures diagonales placées sous les arêtes d'une VÔUTE gothique. Leur croisement forme la croisée d'ogives.
PIEDROIT ou PIED-DROIT : Partie verticale, jambage d'une baie. Montant vertical soutenant une des VOUSSURES de l'ARCHIVOLTE d'un portail.
PILASTRE : PILIER, de section carrée ou rectangulaire, engagé dans un mur.
PILIER : Support vertical isolé, carré, polygonal ou rond, parfois cantonné de colonettes.
TRANSEPT (du latin trans, au-delà, et septum, clôture) : NEF transversale coupant la principale et donnant à l'église la forme symbolique de la croix. Lorsque le transept a une longueur supérieure à la largeur de l'édifice, il est dit "saillant". La TRAVEE d'intersection du transept et de la NEF principale se nomme croisée du transept. Les parties du transept situées de part et d'autre de la croisée sont les CROISILLONS.
TRAVEE (travée)(du latin trabs, poutre) : Portion de VOUTE comprise entre deux points d'appui. Dans une église, partie de NEF comprise entre deux séries de PILIERS ou de COLONNES réunis par des ARCS doubleaux.
TRIBUNE : Galerie haute courant au-dessus des BAS-CÔTES. Balcon où se trouve le buffet d'orgue.
TYMPAN (du grec tumpanos, tambour) : Espace compris entre le LINTEAU et l'ARCHIVOLTE d'un portail. Dans les églises romanes, c'est le lieu de prédilection de la sculpture.
VOUSSURES : ARCS de cordons concentriques en retrait les uns par rapport aux autres, formant l'ARCHIVOLTE d'un portail. Elles sont souvent ornées ou sculptées.
VOUTE (vôute) : Construction destinée à couvrir un espace vide entre deux murs parallèles servant de PIEDROITS à la vôute, et devant résister aux poussées verticales et horizontales. Avec l'art roman, apparut la vôute de pierre, remplaçant la charpente traditionnelle. On construisit le plus souvent sur la NEF principale une vôute en berceau -parfois soulignée par des ARCS doubleaux en saillie- et sur les BAS-CÔTES des vôutes d'arête.Pour renforcer la poussée que les vôutes exercent sur les murs, on utilisa à l'extérieur des CONTREFORTS et à l'intérieur des ARCS de décharge. L'invention de la vôute sur croisée d'OGIVES, avec l'art gothique, permit, beaucoup plus que dans l'architecture romane, d'accroître la hauteur des édifices. Les différents types de vôutes sont : la vôute en berceau, contituée par une série d'ARCS continus, dont elle peut reprendre les tracés (ex. en plein cintre, brisé...), la vôute en quart de cercle, en demi-berceau, le plus souvent au-dessus des TRIBUNES, pour épauler la vôute de la NEF, la vôute d'arêtes, formée par le recoupement de deux berceaux se croisant en angle droit, la vôute sur croisée d'OGIVES, formée de deux ARCS ogifs se croisant en diagonale, caractéristique de l'architecture gothique, elle permet de neutraliser les poussées, donc d'élever les vôutes à de grandes hauteurs et d'augmenter les ouvertures.
(Vocabulaires réalisés à partir du Lexique historique du Moyen-Age, édition Armand Colin, 1989)