la légende veut qu'une sainte oubliée, nommée "Gabelle", dans des temps très anciens (le 5ème siècle?) aurait vécu sur ces terres à la limite du Lauragais et du comté de Foix.
Sa dépouille aurait été enterrée sous l'église du village.
Le premier texte où il soit fait mention de Cintegabelle est un acte de donation de Hugue 1er, évêque de Toulouse qui en fit don en 948 à l'un de ses clercs.
Le texte a été traduit par l'abbé Salvan dans son "Histoire de l'Eglise de Toulouse" en 1856 :
"Au nom de Dieu, moi, Hugues, pontife de la cité de Toulouse et du saint siège de Saint Etienne, premier martyr et par la grâce de dieu évêque du pays toulousain, je désire donner une partie de mes domaines à l'un de mes clercs nommé Loup ainsi qu'il suit : je cède donc en forme de vente l'église Sainte Marie où est ensevelie le corps de la bienheureuse Gabelle (ou Gabellie) avec ses dépendances...
...
... Lupon peut donc exercer sur ce château... les droits de propriété. Cette cession est faite cependant à la condition qu'il possèdera les biens seulement pendant sa vie et qu'après sa mort les églises sus-mentionnées situées au lieu de Saint Gabelle reviendront au domaine de l'évêché de Toulouse..."
L'abbé Salvan fait cependant remarquer plus loin que la seule certitude à propos de cette soit-disant Saint Gabelle est qu'elle jouissait à cette époque d'un culte public, puisque l'évêque Hugue la qualifie de "bienheureuse". Il n'en est fait mention nulle part ailleur...
Au 14ème siècle, Philippe VI, roi de France rendit permanente une nouvelle taxe sur le sel destinée à soutenir l'effort de guerre. A cette époque là, Cintegabelle et le comté de Toulouse faisaient partie du Royaume de france depuis la fin de la croisade des Albigeois, et Cintegabelle, qui se fournissait en sel aux greniers de sommièrede Sigean, en Languedoc, se voyait touchée par la nouvelle taxe qui représentait alors 20% du prix du sel.
Cependant, Cintegabelle était alors aux marches du Royaume, et jouxtait au comté de Foix qui lui, n'était pas touché par le nouvel impot royal. Au contraire, le comte de Foix qui s'affirmaient souverains en leur comté de Foix et vicomté du Béarn se refusaient à mettre quelque entrave au commerce du sel indispensable à leur région d'éleveurs. Leurs états demeuraient pays de "franche Gabelle", ce qui provoquait, on s'en doute, un important trafic de contrebande malgré les contrôles sévères des fonctionnaires de la Gabelle, les "Gabellous".
Un document de 1423 note une nouvelle graphie de la ville : Cincta Gavella" conforterait l'hypothèse selon laquelle Cintegabelle tiendrait son nom du fait que le village était sur la "ceinture", la limite, de la Gabelle.
Après l'édit de Villers Cotterets (1539), la rédaction des actes officiels fixera les graphies "Cinta Gavella" et "Cinta Gabella".
La dernière hypothèse est confortée par le blason de la ville qui apparait au XVIème siècle:
"Trois étoiles d'or sur fond de gueule, une gerbe d'or sur champ d'azur."
La gerbe (ou javelle, ou "gabèlo") liée symbolise la richesse de la terre du Lauragais qui donne de bonnes récoltes de froment.
Ainsi, Cintegabelle serait la traduction des "Ceinte javelles" des gerbes de blé.
Une curieuse place toulousaine est aussi dotée d'un nom curieux qui pourrait confirmer cette hypotèse.
Il s'agit de la place Sainte Euscarbe.
Nulle part dans l'histoire de l'église il n'est question de cette hypothétique sainte. Par contre, les traditions anciennes font état d'une fête des moissons qui avait lieu sur cette place là dans le Toulouse médiéval. On y fêtait la moisson à travers une gerbe ("scarbe") liée (ceinte). La place voyait chaque année la fête de la moisson où l'on liait (ceignait) les gerbes pour les rentrer.