("Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation en France". Op. Cit.)
Sous la monarchie de Juillet, une loi de 1833 exige que chaque département crée et entretienne une Ecole Normale. L'Ecole Normale de garçons de Toulouse est ouverte le 1er juin 1833. Elle est installée rue Saint-Jacques et dispose d'une école d'application qui reçoit 260 élèves en 1850 (90 en maternelle, 110 à l'école élémentaire, 60 en primaire supérieur).
L'Académie des Sciences morales et Politiques souhaite que :
"Les Ecoles Normales façonnent le cerveau des élèves-maîtres en vue de leur faire
supporter plus tard, sans révolte, avec l'humilité de leur condition, l'obéissance
aux autorités civiles et religieuses et que l'instituteur respecte la religion dans
le prêtre, le principe d'autorité dans le maire."
Dans une circulaire du 20 octobre 1859, Poinsillon, l'Inspecteur de Montauban, donne les conseils suivants aux jeunes instituteurs :
"Fuyez tout ce qui pourrait, en portant atteinte à votre considération, entraver le
succès de votre oeuvre d'éducateur ; point de moustache, non seulement parce qu'elle
est interdite par la circulaire ministérielle du 2 mars 1852, mais encore parce qu'elle peut donner lieu à un reproche de vanité et de légèreté que vous aurez à coeur d'éviter.
Point d'exercice violent, comme celui de la chasse, parce qu'il peut entraîner des
sacrifices de temps et d'argent. Pas de fréquentation de foires et marchés, en dehors du jeudi, parce que les exercices de la classe en seraient troublés et la dignité
du maître compromise."
Effectivement, l'instituteur gagne peu. Sous la Restauration, il reçoit une subvention
municipale annuelle de 200 F à laquelle s'ajoute la contribution des familles (180F
en 1848 à Cintegabelle).
En 1849, la loi fixe le revenu minimum de l'instituteur à 600 F, soit à Cintegabelle,
200F de subvention communale, 243F de subvention départementale, et 157F de cotisation
des familles.
Au début de la troisième République, le revenu minimum est porté à 900F. En 1876,
l'instituteur de Cintegabelle touche 1204F (200F de subvention communale, 308F de
subvention pour élèves admis gratuitement, et 696F de cotisations payées par les
familles.)
Il faut attendre 1881 pour que l'école devienne gratuite.
On allouera au maître une indemnité de 0,50F par élève et par mois pour les petits
de moins de 6 ans et de 1F pour les enfants de 6 à 13 ans. Ainsi, en 1884, le directeur
de Cintegabelle reçoit 1310F et son adjoint 700F.
Ce n'est qu'en 1889 que les instituteurs deviennent fonctionnaires et sont payés par
l'état (Les salaires varient entre 900 et 2000F par an).
Nous, préfet de la Haute-Garonne,
...Vu les délibérations du Conseil Général de la Haute-Garonne en date du 31-08-1872
portant vote de la somme de 5000F pour l'entretien de Bourses au Cours Normal de
filles, établi chez les Soeurs de la Croix de Lavaur, à CINTEGABELLE,
Arrêtons :
Article 1 : Un examen aura lieu le jeudi 12 décembre prochain à 8 heures, dans la salle de l'Ecole Normale de Toulouse, 3 rue Saint-Jacques, pour la concession de bourses à la charge du département au Cours Normal de CINTEGABELLE.
Article 2 : Les jeunes personnes qui désireraient prendre part à l'examen ci-dessus devront se faire inscrire au secrétariat de l'Inspection Académique, rue Temponières, 14, où un registre est ouvert à cet effet. Registre clos le 15 décembre.
Article 3 : Aucune inscription ne sera reçue que l'aspirante n'ait déposé les pièces
suivantes :
1 - acte de naissance attestant qu'au 1-1-72, elle avait 16 ans accomplis au moins
et 20 ans au plus ;
2 - un certificat médical établissant qu'elle a été vaccinée ou qu'elle a eu la petite
vérole ;
3 - un engagement décennal de servir dans l'enseignement...;
...;
6 - un certificat de moralité signé du maire de la commune où elle réside et des directrices
des écoles qu'elle a fréquentées.
Le 19 novembre 1872 - Le Préfet : Ch. Ferry."
L'Inspecteur Général Le Bourgeois écrit dans un rapport de 1881 que
"les cinq institutrices qui sortent chaque année de cette commune peuvent compter
parmi les mieux préparées à l'enseignement...
... Ces religieuses (la communauté des Soeurs de la Croix qui assurent la formation)
auront laissé de bons exemples, c'est une justice à leur rendre au moment où un établissement
nouveau aura à pourvoir, dans de plus larges conditions, au recrutement, jusqu'à cette heure insuffisant, des institutrices de la Haute-Garonne."