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La peste en Bigorred'après le Répertoire raisonné du père Laspalles et des cahiers de l'archiviste Cazenave |
La peste de 1588
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Les consuls de Bagnères présentèrent requêtes
à Roger de Berne, docteur en droit, avocat à la Cour souveraine
du Parlement de toulouse, Magistrat Royal de la Ville de Bagnères,
par laquelle ils le suppliainet de recevoir les dépositions de dix
huit témoins administrés pour constater juridiquement certains
faits singuliers dignes de remarque, qui avaient eu lieu à Bagnères
pour la gloire de Dieu, le bien et l'honneur de la Ville et l'édification
de ses habitants que les guerres, qui a cette époque désolaient
la province de Bigorre, avaient empêché de receuillir. |
La peste de 1653
En 1653, il y eut une nouvelle épidémie de peste.
Diverses pièces des comptes du Trésorier municipal, conservés
aux archives, notent que le 9 novembre 1653, les Consuls payèrent
la somme de 10000 livres au sieur Thomas de Gordan, maître
désinfecteur des maisons, chargé de la purification des immeubles,
et une somme de 79 livres 6sols, allouée au sieur Mauras, apothicaire
pour drogues fournies à cette occasion (Liasse 25, n° 25 et
26).
Dans cette seconde période le mal fut moins considérable, mais
l'épouvante fut aussi grande. Les principaux habitants
désertèrent la Ville pour se réfugier dans les lieux
circonvoisins. Les marchés furent interrompus, puis transférés
à la Coume, sur la route de Toulouse, près de Mérilheu.
La Municipalité fut obligée d'emprunter du blé, de l'orge,
du seigle pour l'alimentation des malheureux habitants. Les assemblées
communales ne se tinrent plus à l'Hôtel de Ville, mais aux Vignaux.
L'hôpital étant encombré, on dut placer des malades au
quartier du Pont d'Arras. il fallut construire au dessus du Rocher de la
Peyrie, au quartier du castéra (Métaou) et du côté
de Salut des baraques en planches pour y loger les personnes atteintes et
qui n'avaient pu trouver place ailleurs.
La mortalité fut considérable. Le quartier le plus maltraité
fut celui du pied du Pouey, où il ne resta presque personne. Les
décédés étaient ensevelis au cimetière
de l'hôpital Saint Barthélémy, hors ville. Mais
bientôt, on ne trouva plus personne qui voulut s'exposer à la
contagion, en portant les décédés au cimetière.
Des comptables remplaçant des consuls absents se rendirent à
Asté où la peste sévissait et ils prierent deux hommes
qui "servaient de corbeaux pour ensevelir les morts" pour remplir cet office
à Bagnères. On acquitta leur dépense et on continua
à les payer quand ils faisaient leur quarantaine. On faisait aussi
ensevelir les pestiférés par des personnes atteintes
elles-mêmes par la contagion. Vers la fin, un décés
s'étant encore produit on fit venir d'Orignac, deux femmes infectées
pour ensevelir un pestiféré.
La maladie venue dit-on de Beaudéan, s'étendit ensuite à
Asté puis à Campan. Elle passa eensuite à Gerde, Pouzac,
Trébons, Montgaillard, Ordizan et Mérilheu.
En 1654, la peste apparaissait à Lesponne. La même année, elle se déclara à tarbes d'où elle gagna rapidement les localités voisines. La pessste pénétra également dans la vallée d'Aure. Elle sévit à Cadéac où plus de 240 personnes moururent de 1653 à fin mars 1654, puis de fin septembre 1654 à fin janvier 1655.
1- cité par l'Abbé Laporte, revue des Hautes-Pyrénées, mars-avril 1919, p. 41
2- La commune a pris possession le 31 janvier 1793 des registres contenant les actes de baptême, de mariage et de sépultures, tenus précédemment à l'église paroissiale Saint-Vincent. Cette série commence en 1588.
3- Age des témoins : deux témoins avaient 78 ans, huit 80 ans, deux 85 ans, trois 90 ans et trois autres étaient centenaires.
4- Le Répertoire ne cite pas les dépositions des autres témoins.