La peste en Bigorre

d'après le Répertoire raisonné du père Laspalles et des cahiers de l'archiviste Cazenave


La peste noire pénétra en Bigorre au quatorzième siècle, de 1346 à 1353. Les renseignements manquent sur les répercussions du fléau dans le comté de bigorre. quelques lignes écrites en 1417 chez Pey de Prat, notaire à Luz-Saint-Sauveur (1), apprennent que cette ville perdit en 1348 par la peste, les trois quarts de ses habitants.
Les archives municipales fournissent des preuves irréfutables que la ville de Bagnères-de-Bigorre fut ravagée par la peste en deux occasions différentes :
la première remonte au mois d'août 1506 et la deuxième en 1588 (2). Le Répertoire du Père Laspales mentionne qu'on lit un acte du 24 mai 1506, expédié sur parchemin le 21 janvier 1558, que Ispan Torre mourut à Bagnères de la peste qui ravagea la ville en 1506


La peste de 1588


Répertoire Laspales,
pages 57 et 480-Liasse 7 n°4
17 janvier 1648

Les consuls de Bagnères présentèrent requêtes à Roger de Berne, docteur en droit, avocat à la Cour souveraine du Parlement de toulouse, Magistrat Royal de la Ville de Bagnères, par laquelle ils le suppliainet de recevoir les dépositions de dix huit témoins administrés pour constater juridiquement certains faits singuliers dignes de remarque, qui avaient eu lieu à Bagnères pour la gloire de Dieu, le bien et l'honneur de la Ville et l'édification de ses habitants que les guerres, qui a cette époque désolaient la province de Bigorre, avaient empêché de receuillir.
L'enquête par les Consuls, quatre Notaires, le Juge et un Greffier de la ville eut lieu le 18 janvier 1648.
Les dix huit témoins furent présentés : 


La peste de 1653

En 1653, il y eut une nouvelle épidémie de peste.
Diverses pièces des comptes du Trésorier municipal, conservés aux archives, notent que le 9 novembre 1653, les Consuls payèrent la somme de 10000 livres au sieur Thomas de Gordan, maître désinfecteur des maisons, chargé de la purification des immeubles, et une somme de 79 livres 6sols, allouée au sieur Mauras, apothicaire pour drogues fournies à cette occasion (Liasse 25, n° 25 et 26).
Dans cette seconde période le mal fut moins considérable, mais l'épouvante fut aussi grande. Les principaux habitants désertèrent la Ville pour se réfugier dans les lieux circonvoisins. Les marchés furent interrompus, puis transférés à la Coume, sur la route de Toulouse, près de Mérilheu. La Municipalité fut obligée d'emprunter du blé, de l'orge, du seigle pour l'alimentation des malheureux habitants. Les assemblées communales ne se tinrent plus à l'Hôtel de Ville, mais aux Vignaux. L'hôpital étant encombré, on dut placer des malades au quartier du Pont d'Arras. il fallut construire au dessus du Rocher de la Peyrie, au quartier du castéra (Métaou) et du côté de Salut des baraques en planches pour y loger les personnes atteintes et qui n'avaient pu trouver place ailleurs.
La mortalité fut considérable. Le quartier le plus maltraité fut celui du pied du Pouey, où il ne resta presque personne. Les décédés étaient ensevelis au cimetière de l'hôpital Saint Barthélémy, hors ville. Mais bientôt, on ne trouva plus personne qui voulut s'exposer à la contagion, en portant les décédés au cimetière. Des comptables remplaçant des consuls absents se rendirent à Asté où la peste sévissait et ils prierent deux hommes qui "servaient de corbeaux pour ensevelir les morts" pour remplir cet office à Bagnères. On acquitta leur dépense et on continua à les payer quand ils faisaient leur quarantaine. On faisait aussi ensevelir les pestiférés par des personnes atteintes elles-mêmes par la contagion. Vers la fin, un décés s'étant encore produit on fit venir d'Orignac, deux femmes infectées pour ensevelir un pestiféré. 
La maladie venue dit-on de Beaudéan, s'étendit ensuite à Asté puis à Campan. Elle passa eensuite à Gerde, Pouzac, Trébons, Montgaillard, Ordizan et Mérilheu.

En 1654, la peste apparaissait à Lesponne. La même année, elle se déclara à tarbes d'où elle gagna rapidement les localités voisines. La pessste pénétra également dans la vallée d'Aure. Elle sévit à Cadéac où plus de 240 personnes moururent de 1653 à fin mars 1654, puis de fin septembre 1654 à fin janvier 1655.


Notes :

1- cité par l'Abbé Laporte, revue des Hautes-Pyrénées, mars-avril 1919, p. 41

2- La commune a pris possession le 31 janvier 1793 des registres contenant les actes de baptême, de mariage et de sépultures, tenus précédemment à l'église paroissiale Saint-Vincent. Cette série commence en 1588.

3- Age des témoins : deux témoins avaient 78 ans, huit 80 ans, deux 85 ans, trois 90 ans et trois autres étaient centenaires.

4- Le Répertoire ne cite pas les dépositions des autres témoins.


Pourt tout contact : SANCHEZ Jean-Christophe






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