Aux temps immémoriaux de Béliou et Milharis:
la Montagne du Python.
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Les plus anciens témoignages sur le Pic du Midi se retrouvent dans les récits de la mythologie pyrénéenne, subtil mélange des panthéons locaux et grecs. Ainsi les Pyrénées seraient le tombeau de la belle Pyrène, morte de trop avoir aimé Héraklès. Celui-ci lui fit le plus beau et le plus grands des tombeaux: les Pyrénées. De leurs amours était né Python, serpent mythique qui garde le tombeau de la belle Pyrène, sa tête se trouve à Gavarnie et sa queue au Pic, que les strates de gneiss permettent, parfois, d'imaginer.
En même temps que les habitants du Haut-Adour vénéraient le dieu solaire Abellios, le Pic devenait pour eux un élément essentiel de leur espace vécu. Au pied de la montagne, dans le val d'Arizes vivaient les légendaires pâtres de 999 ans, Milharis et Béliou.
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Le Pic du Midi était déjà fréquenté par nos lointains aïeux , comme le prouve la pointe de flèche découverte par le Général deNansouty aux environs de Sencours: " ...nous pourrons affirmer que nos ancêtres préhistoriques ... ont chassé l'isard jusqu'à la cime du Pic du Midi ". in Bulletin de la Société Ramond, 1879, p.12 |
Le Pic était un lieu magique, à la verticale du soleil à son zénith, et un lieu de légendes.
Les Temps Modernes : |
Au XVIème nous trouvons les premiers témoignages écrits sur le Pic. Ainsi vers 1540, le savant Scaliger serait venu y faire des observations, sans d'autres précisions. D'accés relativement facile le Pic du Midi attirent les nombreux curistes et personnalités qui séjournent à Bagnères-de-Bigorre. En effet, la précocité de la renaissance thermale de l'antique Aquae Convenarum contribue à la formation d'une élite culturelle et scientifique.
Le mouvement de " Découverte des Montagnes " :
- La "Découverte des montagnes" fut une source d'enrichissement. Les Pyrénées étaient jusque là perçues comme un monde merveilleux où régnait l'esprit de Pyrène, et toute une série d'anciennes divinités païennes, qui peuplaient les forêts, les sommets, les vallées et les rivières. Les versants du Pic étaient parcourus par les troupeaux maudits de Milharis, à la recherche de sa dépouille pétrifiée. C'était un univers enchanté, domaine du Malin.Les montagnes sont alors des zones marginales qui sont peu à peu conquises et christianisées.
- Déjà, Saint Valier, évêque du Couserans, avait planter une croix sur la plus haute cime du pays, lui donnant par la même son nom: le Mont Valier.
Pierre III d'Aragon avait gravi le Canigou en 1276. Dès la Renaissance on commence à s'aventurer vers les montagnes.
l'Heptaméron de Marguerite de Navarre s'inscrit clairement dans cette aspiration.
Cependant, ce qui est surtout remarqué c'est l'aspect tourmenté des pics qui menacent à tout moment de s'écrouler et d'emporter routes et ponts dans un chaos apocalyptique.
- Dans la seconde moitié du XVIIème siècle les montagnes deviennent un sujet d'étude, de découverte et d'inspiration. Ce mouvement est indissociable du renouveau du thermalisme notamment dans les Pyrénées et tout particulièrement à Bagnères-de-Bigorre (cela dès le XVIème siècle).
Si le Pic ne fait plus peur, il est aussi un laboratoire scientifique connu, au moins depuis Plantade.Il est le champ de recherche des géodésiens, minéralogistes, botanistes et physiciens.
- Le botaniste Pitton de Tournefort (1656-1708), " Père de la botanique française ", vient à Bagnères pour herboriser dans la vallée de l'Adour et, chose révolutionnaire, en montagne.
- L'astronome François de Plantade (1670-1741), Montpelliérain de naissance, après des études de droit dans sa ville natale, séjourne à Paris et entre en relation avec Jean-Dominique CASSINI, avec qui il avait des liens familiaux et qui l'incite à se tourner vers l'astronomie. Voyageur, il se rend en Angleterre où les idées de Newton s'imposent. De retour à Montpellier, il reprend l'office de son père, de conseiller à la Cours des Aides. En 1706, il particpe à la fondation de la Société Royale des Sciences de Montpellier et avec CLAPIES (1670-1740) il est à l'origine de l'observatoire de la Babote. Avec PLANTADE le Pic du Midi entre dans le champ d'investigation des scientifiques. Il monte au Pic à plusieurs reprises: il étudia pour la première fois de façon scientifique la couronne solaire lors de l'éclipse de 1706. il remonte en 1741 pour y effectuer des mesures barométriques dans le but de dresser une carte des diocèses du Languedoc. Le 26 août, gravissant à nouveau la montagne, il meurt au col de Sencours, sextant au poing, en disant: "Ah! que tout ceci est beau!".
- LeBaron de Secondat , fils de Montesquieu, y est venu pour mesurer les points d'ébullition du Vif-Argent et de l'Esprit de Vin pour comparer les altitudes du Pic et du Canigou.
- Monge (1746-1818) et Darcet (1725-1801) viennent en 1775 pour en étudier l'altitude et par la même pour observer " l'état actuel des Pyrénées et les causes de leurs dégradations " et leur mémoire servit de discours inaugural au cours de chimie de Darcet au Collège de France qui fut prononcé pour la première fois en français et non en latin. Darcet conçoit même le projet d'y construire un observatoire. La disgrâce de Turgot en fut la perte.
- Vidal et Reboul, de Toulouse vinrent au Pic pour effectuer des nivellements et déterminer ses coordonées géographiques.
- Ramond de Carbonnières
(1755-1827) veut faire dans les Pyrénées ce que Horace Bénédicte de Saussure a fait pour les Alpes: les étudier scientifiquement. Le conquérant du Mont Perdu fit sa première ascension au Pic du Midi en 1788, alors que Saussure atteint le sommet du Mont Blanc. Par ses nombreuses observations (botaniques, géologiques, altimétriques, météorologiques,...) Ramond étoffe et vulgarise le patrimoine scientifique du Pic, de Bagnères et des Pyrénées centrales.
- Le rôle du Pic du Midi dans cette mutation des esprits est important, et toute une série de descriptions montre à quel point il fascine.
Ainsi DUSSAULX éprouve le sentiment étrange d'être "dans une autre sphère, où récemment sauvé d'un déluge universel", sur cet "auguste contemporain de tous les âges, et qui a vu tant de générations s'écouler aussi rapidement que les torrents qui l'environnent".
David D'ANGERS écrit: "Cet autel sur lequel j'écris, dans les siècles à venir s'écroulera dans la plaîne, car tous les jours des fragments de rochers quittent la montagne et suivent la marche de la destruction de tout ce qui constitue le monde".
Pourt tout contact :
SANCHEZ Jean-Christophe
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