Ramond de Carbonnières et le Pic-du-Midi



Musée pyrénéen de Lourdes

« Que sommes-nous auprès de ce hardi voyageur qui peint aussi grand que la nature ? Lui, c'est l'Aigle des Pyrénées ; nous n'en sommes que les tortues », écrit Dusaulx en 1796 .

Ramond de Carbonnières découvre les Pyrénées et le Pic du Midi à la veille de la Révolution française.

Savant des Lumières, il est à la fois naturaliste, botaniste, géologue et physicien. Il gravit le Pic 35 fois en 15 années de 1787 à 1810 et en laisse des récits qui sont regroupés dans un manuscrit : Pic du Midi : mes voyages . Celui qui découvrit le Mont Perdu en 1802 et qui est le père du pyrénéisme est très profondément lié à l'histoire du Pic du Midi.

La venue de Louis-François Ramond de Carbonnières (1755-1827) dans les Pyrénées est le curieux résultat de la rencontre entre les problèmes politiques et les intrigues de la monarchie des années 1780 et de la renommée thermale des stations pyrénéennes. En effet, depuis 1781 il est le secrétaire particulier du cardinal de Rohan et il l'accompagne après l'affaire du collier de la reine dans son exil et sa retraite à Barèges.

la Ramondia Pyrenaica

Héritier du siècle de la Raison, Ramond de Carbonnières assure le relais avec le siècle suivant. Il est un personnage charnière qui propose une nouvelle approche et une nouvelle vision des Pyrénées. Il est le vulgarisateur du mouvement de « découverte des montagnes » et des sciences naturelles dans la claîne pyrénéenne et les vallées. Il marque l'achèvement d'un siècle et la naissance du suivant. Héritier du siècle des Lumières, il développe les disciplines scientifiques, dans un contexte pyrénéen, en faisant de la partie centrale de la chaîne, de la Maladetta à Gavarnie son terrain d'investigation et d'observation. Il invente le pyrénéisme et influence durablement les élites intellectuelles pyrénéennes et tout particulièrement celle de Bagnères-de-Bigorre qui alors porte le titre d' « Athènes des Pyrénées ».

Le Pic du Midi occupe une place importante dans la vie de Ramond et dans ses travaux scientifiques : la première ascension date du 2 août 1787 et le 13 mars 1826, un an avant sa mort, Ramond communique à l'Académie des Sciences un mémoire : « Sur l'état de la végétation au sommet du Pic du Midi de Bagnères : Observations météorologiques ».
Arrrivé dans les Pyrénées avec le Cardinal de Rohan, fin juillet 1787, sa première ascension est au Pic du Midi le 2 août , « dans le dessein de jeter un coup d'oeil, du haut de cet observatoire, sur les montagnes méridionales » car de là on a « une idée de la hauteur des sommets qui forment la crête dela chaîne » . Il est accompagné pour cette première de l'abbé Bidault, aumônier de Son Eminence et de Brandner, « grison de la vallée d'Engadine, homme de six pieds et d'une grande force » .
Le 10 août le cardinal de Rohan accompagne Ramond y grave au sommet son nom que Saint Amans remarque l'année suivante.

Ramond de Carbonnières, un témoin unique

Baromètre et altimétrie au Pic

le souvenir d'un compagnon ingrat

La querelle entre Ramond et Picot-Lapeyrouse dégénère au Pic

Un géologue au Pic du Midi

Vents et nuages au Pic du Midi

Description des vallées du Bastan et de l'Adour


Ramond , le Pic et Bagnères :
un héritage et des héritiers

Les liens qui existent entre Ramond , le Pic et Bagnères sont avant tout humain. Pendant son incarcération, en 1794, sa soeur Rosalie se marie avec le docteur Borgella , médecin militaire à Barèges. Désormais, Ramond suit le couple dans ses domiciles successifs de Barèges, Saint-Savin et Bagnères. Depuis sa demeure bagnéraise, Ramond correspond avec les journaux scientifiques de l'époque et avec l'Institut. Il se rend quotidiennement à Tarbes à cheval, où il est professeur d'histoire naturelle à l'Ecole Centrale. Il occupe ce poste jusqu'à la fermeture de l'école en 1800, année où il est élu député des Hautes-Pyrénées au Corps Législatif. A Bagnères il fréquente les cercles de sociabilité et en particulier le salon Jalon qui est le lieu privilégié de réunion des savants, artistes, excursionistes et curistes. Ce salon est le lieu de rendez-vous de l'élite culturelle bagnéraise où l'on trouve les noms de Dumoret, Costallat ou Soutras. Ils sont les héritiers de Ramond et les futurs membres de l'élite culturelle bagnéraise qui en 1866 organisé en Société Ramond se lance dans l'aventure de l'Observatoire du Pic du Midi.

Par contre Ramond fuit les mondanités des villes thermales comme le très réputé salon de Sophie Cottin et du philosophe Hippolyte Azaïs : « Parlons de M. Ramond, que nous voyons souvent, écrit Sophie Cottin, et dont ma cousine est enthousiasmée. C'est son tour d'être dans les cieux maintenant, tout ce que dit M. Ramond est ce qu'il y a de mieux dit et de mieux pensé. Il est vrai qu'il est impossible d'avoir un esprit plus brillant, une conversation plus variée et plus piquante ; je ne connais pas d'amusements au-dessus de l'entendre conter, et il conte deux heures de suite sans se fatiguer, mais il est républicain, il est incrédule, il l'avoue et il s'en vante, c'en est assez pour que son esprit, sa science et sa réputation ne puissent m'enthousiasmer » .

Ramond a une influence déterminante sur l'histoire du Pic du Midi et sur les membres de l'élite culturelle bagnéraise. Il est le lien et la charnière entre le XVIIIe et le XIXe siècle, entre un héritage et des héritiers. En outre, il contribue à une véritable connaissance des Pyrénées Centrales et etoffes le patrimoine scientifique du Pic du Midi de Bigorre.

Au début du XIXe siècle le Pic a déjà acquis une très large renommée, mais aussi nombreux que soient les travaux scientifiques qui y sont réalisés, les publications et même les projets d'observatoires rien n'a encore été réalisé.

 





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