A propos du sixième voyage, 26 Août 1795 :
le souvenir d'un compagnon ingrat


« Je conduisis au Pic l'ingénieur des mines Duhamel avec ses compagnons Beaunier et Saint-Félix de Toulouse. Depuis plusieurs jours je les promenais autour de Barèges et leur faisais connaître les parties les plus remarquables de cette contrée. Duhamel ne se souciait pas de voir le Pic du Midi qui n'offrait, disait-il en s'appuyant de l'autorité de Dolomieu, rien qui valût la peine du voyage. J'ai peine à croire que Dolomieu se soit exprimé aussi positivement. Il n'avait fait qu'entrevoir le Pic. La seule fois qu'il entreprit d'y monter, il éprouva dans l'ascension une indisposition qui le força de rétrograder.

Je fis de mon mieux les honneurs du Pic à Duhamel. Si l'on veut voir à quel point il renonça à ses préventions, on n'a qu'à lire le rapport de son voyage, consigné dans le Journal des Mines, tome 8, page 747. Seulement nous y avons changé de rôle : je ne l'y ai pas conduit, je l'ai accompagné, et dans tout son récit il n'est plus question de moi que pour remarquer l'agilité avec laquelle je marchais en sabots ».

Ramond de Carbonnières, mercredi 26 août 1795, 9 fructidor An III, Pic du Midi, Mes Voyages


cité par GIRDLESTONE (C.), Louis-François RAMOND (1755-1827) sa vie, son oeuvre littéraire et politique, Lettres Modernes Minard, Paris, 1968, pp. 250-251.



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