La querelle entre Ramond et Picot-Lapeyrouse dégénère au Pic


Ramond et Lapeyrouse, botaniste et géologue toulousain, ne sont pas d'accord sur l'origine des calcaires du Mont Perdu .

« Philippe Picot, baron de Lapeyrouse, avocat des eaux et forêt auprès du Parlement de Toulouse. De onze ans l'aîné de Ramond Lapeyrouse se considère comme le « propriétaire des Pyrénées »... et en vétité on ne voit guère que Palassou qui les ait parcourues plus assidûment... En 1782 il fait un long séjour à Barèges avec Dolomieu dont il prétendra avoir sauvé la vie au Pic du Midi de Bigorre, vantardise dont Ramond se gaussear un jour. Comme Saint-Amans et Ramond lui-même après lui il rend visite à Jacou, le paysan botaniste d'Asté, et herborise au Pène de Lhéris. Il est membre de l'académie de sa ville (Toulouse) et correspondnat de l'Académie des Sciences. Il se targue de géologie et a publié un mémoire sur des fossiles, les Orthocératites. Il correspond en latin avec des savants étrangers dont Linné. Il possède le manuscrits des Plantes Pyrénéennes de Tournefort et projette une Flore des Pyrénées avec deux cents planches gravées dont paraîtra seul le premier volume. Il conserve aujourd'hui la paternité d'une centaine d'espèces dont la célèbre Potentilla nivalis ».

GIRDLESTONE (C.), Louis-François RAMOND (1755-1827) sa vie, son oeuvre littéraire et politique, Lettres Modernes Minard, Paris, 1968, pp. 245-246.

«Les soupçons que le savant toulousain devait bientôt éprouver pour son jeune confrère strasbourgeois et qui allaient se tourner en jalousie après la journée du premier « Tuquerouye », se compliquaient d'une opposition intellectuelle dont nous constatons ici les plus anciens signes. Lapeyrouse, profondément anti-systématique et ennemi des hypothèses, ne voulait voir dans les Pyrénées que les effets du hasard et du désordre. Ramond, tout aussi méfiant que lui de sgrands ensembles à la Buffon, avait néanmoins réuni assez d'observations pour croire à une « continuité non interrompue et une régularité au moins générale » dans la formation des montagnes, et il se ralliait à la théorie exposée par Pallassou dans son livre de 1787. Celui-ci avait découvert le fait capital que les couches des Pyrénées sont toutes inclinées dans le même sens, vers la plaine, et que les branches de schistes et de calcaires forment des alignements qui courent dans la direction même de la chaîne. Ramond accepte cette théorie et cherche à la compléter ».

cité par GIRDLESTONE (Cuthbert), Louis-François RAMOND (1755-1827) sa vie, son oeuvre littéraire et politique, Lettres Modernes Minard, Paris, 1968, p.235


« J'allai au Pic du Midi le 28 juillet (1797) accompagné de Mirbel et de Lasteyrie. Mais Lapeyrouse était à Barèges et je fus contraint de grossir mon cortège de son fils, de son jardinier Ferrière, et de je ne sais quels étourdis de sa suite, jeunes gens grossiers et jaloux, qui au lieu de profiter de profiter avec moi n'étaient occupés qu'à me tendre des pièges et à me présenter des plantes tronquées ou déguisées, dans l'espérance de me trouver en défaut. Il me fut facile de prévoir ce que j'avais à attendre et du maître et des disciples dans le prochain voyage que je me disposais à faire au Mont Perdu. Mais il était trop tard pour aviser aux moyens de me défaire de pareils compagnons.

Peu de jours après cette bande retourna au Pic du Midi à mon insu, et voici ce qu'ils y firent. Ils avaient remarqué au sommet mon nom inscrit deux ans auparavant par l'ingénieur Beaunier sur une roche saillante : ils travaillèrent diligemment une couple d'heures à la détacher, à la rouler dans le précipice, tandis que le jardinier Ferrière s'occupait, avec non moins de zèle, à labourer, arracher et détruire ce qu'il pouvait de plantes du sommet, et notamment ce petit pavot musqué, espèce nouvelle, que j'avais rencontré que là ».

Ramond, Neuvième voyage au Pic du Midi

Alors que Lapeyrouse est en cure à Barèges, Ramond monte une expédition qui a pour but d'atteindre la Brèche de Tuquerouye. C'est au cours de l'ascension que la découverte de fossiles au Lac Glacé confirment les hypothèses de Ramond et donc infirment celles émisent par le professeur toulousain. Mais, Lapeyrouse lui vole sa découverte et s'en attribue la paternité. Ramond rétablit la vérité dans ses Voyages au Mont-Perdu .



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