La partie principale de l'église est une nef gothique élevée au XIV° siècle et peu modifiée par les ajouts postérieurs. Son ampleur (longueur 75 m., largeur 16 m., hauteur 28 m.), sa beauté grâce au savant amalgame avec l'ancienne cathédrale romane, la qualité de son décor fournissent de bons exemples de l'art gothique. Le mot de gothique commence à qualifier la "barbarie" des siècles du Moyen- Age dès l'époque Renaissance. C'est une manière méprisante de désigner cet art attribué -à tort- aux Goths, envahisseurs barbares du Haut Moyen Age. En fait, ce terme s'applique aujourd'hui à une forme d'art épanouie du milieu du XII° jusqu'au début du XVI° siècle. Son berceau essentiel est l'Ile-de-France, mais il se répandit vite dans tout l'Occident chrétien..et bien au-delà.

Comment le distinguer de l'art roman ? De manière trop simpliste, on oppose l'arc en plein cintre et l'arc brisé ; de même, la construction de la voûte en croisée d'ogives est un élément important, mais pas unique : il s'agit d'une voûte formée de quartiers dont les rencontres sont formées par des branches d'ogive. La croisée d'ogives est donc faite de deux arcs qui se croisent, permettant ainsi de renforcer la voûte. Mais au-delà de ces innovations architecturales réelles, c'est le sens de l'espace et l'intégration des différents volumes les uns par rapport aux autres qui font la principale distinction entre art roman et art gothique. En résumé, ce dernier serait plus haut, plus grand, plus lumineux !

Un premier art gothique se développe avec les grandes cathédrales d'Ile-de-France, puis évolue au XIII° siècle en un gothique rayonnant (plus évidé) pour aboutir à la fin du XIV° siècle à un gothique flamboyant : des réseaux de nervures prenant l'apparence de flammes justifient cette appellation avec la voûte à liernes et tercerons (arcs supplémentaires).

 
     
 
Voûte de la nef
  1. Clé de voûte
  2. Arc diagonal
  3. Arc doubleau
  4. Formeret
  5. Colonne engagée
 
     
    La cathédrale de Saint- Bertrand- de- Comminges illustre parfaitement le style des grandes églises gothiques du midi de la France avec une nef unique dépourvue de collatéraux et de transept. Trois travées d'abord, puis une travée de chœur plus étroite et une abside surmontée d'une voûte étoilée à huit nervures. Le chevet polygonal permet d'abriter cinq chapelles rayonnantes entre les contreforts. Des fenêtres gothiques entourent l'édifice, mais n'occupent pas tout l'espace disponible. La lumière entre à travers des vitraux dont la plupart sont du XX° siècle. Seules les 3 fenêtres du centre de l'abside portent des vitraux anciens : il s'agit d'éléments épars du XVI° siècle remontés ici. Le décor gothique apparaît aussi dans les clefs de voûte de la nef et du chevet avec les armes de plusieurs évêques.  
     
   

Voûte de la chapelle d'Hugues de Castillon

(XIV° siècle)

 

 
  1. Clé de voûte
  2. Arc diagonal
  3. Lierne
  4. Tierceron
  5. Arc formeret

La chapelle Notre Dame, œuvre d'Hugues de Castillon au XIV° siècle témoigne d'une architecture novatrice et d'un décor très achevé. Sa voûte en liernes et tiercerons, sa fenêtre, ses sculptures d'accompagnement abondantes annoncent le gothique flamboyant.

  Le tombeau d'Hugues de Castillon, tout en marbre, est considéré comme une des plus belles œuvres de l'art funéraire français, réalisé par le Maître de RIEUX (Volvestre) architecte sculpteur bien connu dans le midi. Le gisant de l'évêque encadré d'animaux et d'angelots repose sur une dalle en marbre noir qui le sépare du sarcophage sculpté : cette scène de funérailles où foisonnent près de 70 personnages savoureux, réalistes et très réussis annonce les grandes œuvres bourguignonnes du XV° siècle.  
    Les autres chapelles, ainsi qu'une partie du cloître, illustrent différents moments du gothique.  
       
 
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