Le cloître de Saint- Bertrand- de- Comminges, un des derniers encore debout dans les Pyrénées centrales, rassemble des apports stylistiques successifs. Il représente parfaitement ce qu'étaient les cloîtres pour les religieux affectés à l'église (ici les chanoines) ou dans un monastère. Galerie intérieure couverte entourant un espace fermé, carré de verdure ou simple cour, c'est le lieu de recueillement et de repos des religieux, endroit strictement réservé à ceux qui ont fait vœu d'y rester attachés et selon Emmanuel Garland, récent auteur (juin 2000) d'une étude sur les cloîtres romans des Pyrénées centrales, " nœud et poumon de tout ensemble conventuel ". Ce type d'aménagement est apparu depuis très longtemps dans l'histoire et a trouvé son éclosion à l'époque romane avec l'usage de la pierre autant pour la construction que pour le décor sculpté. C'est ainsi que les chanoines de Saint- Bertrand entreprirent d'élever un cloître sur le flanc sud de l'église, en contrebas, mais dans un lieu trop exigu qui les obligea à dessiner un quadrilatère irrégulier suspendu au-dessus du vide et ouvert maintenant sur les montagnes (voir plan de la cathédrale). Plusieurs étapes de constructions se voient dans ce cloître, ainsi que des remplois romains.  
 

La galerie occidentale seule date de l'époque romane (XII° siècle), mais elle a gardé intacts ses pierres, son décor...et son charme. Arcatures en plein cintre, chapiteaux doubles, colonnes géminées en marbre se succèdent harmonieusement. La décoration des 8 éléments est riche et fortement influencée par les ateliers de sculpture romane toulousains.

 
   

L'ensemble le plus célèbre est le pilier central de la galerie taillé dans le tambour antique d'une colonne cannelée en marbre : il porte les 4 Evangélistes tenant leurs symboles dans leurs mains, comme au tympan de Saint- Just de Valcabrère. Sur le chapiteau les surmontant, figurent les travaux des 12 mois et un zodiaque : c'est bien sûr un symbole voulu par le sculpteur roman. D'après E.Garland " l'année est l'image du Christ, les 12 mois sont comme les 12 Apôtres et les 4 saisons rappellent les 4 Evangélistes ".

 
 

Tous les chapiteaux méritent examen, aussi bien les chapiteaux historiés que les chapiteaux ornementaux, tel celui qui représente des chevaux tenus par un homme au milieu de feuillus et surmontés d'une frise florale.

 
 

Les galeries sud et est, d'inspiration gothique, continuent sans heurt la galerie romane avec des arcades en plein cintre et des colonnes jumelles, mais avec un décor plus simplifié, purement végétal : changement de style, d'époque, de goût. Dans le coin nord-est subsiste l'entrée de la salle capitulaire avec une porte couverte d'un arc trilobé sous double archivolte et une fenêtre géminée de vrai style gothique.

 
 

La galerie nord (XIV° siècle) se trouvant sous les chapelles de la cathédrale, est la seule voûtée avec 5 travées couvertes de croisées d'ogives surbaissées. C'est aussi une véritable nécropole, abritant plusieurs tombeaux dans des enfeus ; le cloître joua un rôle de cimetière clos pendant plusieurs siècles comme celui des Innocents à Paris ou Saint- Maclou à Rouen.

 
       
 
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