La ville antique de Lugdunum semble disparaître en même temps que l'empire romain. Ayant survécu à l'invasion vandale de 409 et retrouvé une vitalité partielle au V° siècle (domination wisigothique), elle fut détruite en 585 lors des guerres de succession entre Francs, descendants de Clovis : Gondovald, usurpateur, contre Gontran, héritier légitime. Gondovald réfugié dans Lugdunum fut vaincu et la ville fut rasée : c'est du moins ce qu'affirme Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs " Après qu'on eut tué tout le monde pour ne laisser aucun mur contre lequel on pût pisser, les soldats de Gontran incendièrent la ville ".En fait l'étude archéologique des vestiges montre nettement l'exagération des textes : la basilique paléochrétienne fonctionne toujours après cette date, quelques noms d'évêques apparaissent lors de conciles (673, 790), donc la vie continue…mais on ne sait rien de l'organisation de la ville et de la cité.

C'est le vide historique du Haut-Moyen-Age pour Lugdunum.

  Les remparts
       
 
La porte Majou
Au XI° siècle, la ville entre de nouveau dans l'histoire sous l'impulsion de son évêque Bertrand de l'Isle-Jourdain. En 40 ans, il rebâtit la ville haute et son église : sur la place libérée par les destructions, il élève une cathédrale et, autour d'elle, une véritable cité épiscopale, attirant ainsi les habitants. Il fait renaître la ville qui prendra son nom -Saint-Bertrand-de-Comminges- un siècle après sa canonisation (1222). La prospérité de la ville s'accroît sous les évêques suivants. Possédant une charte libérale dès 1207, la ville voit affluer des pèlerins et devient une cité médiévale phare, reflétant ainsi la richesse de l'évêché du Comminges. La ville haute actuelle révèle encore aujourd'hui cette splendeur passée dans ses nombreux vestiges : remparts, portes, maisons anciennes, rues étroites…

La porte Cabirole

 

     
    Mais les ennuis commencent dès la fin du XVI° siècle avec les ravages des guerres de religion : la cathédrale fut pillée en 1586.Après 2 siècles de sursis, le coup fatal est porté pendant la Révolution française avec la suppression du diocèse du Comminges en 1793. La ville amorce alors son déclin, devenant simple chef-lieu de canton dans le district de Saint-Gaudens, puis commune en 1887 ; Seuls témoins de la grandeur passée, la cathédrale, le pèlerinage…et les touristes !  
       
       
   
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