L'orgue: pour en savoir plus...
 
     
  L'orgue du XVIème siècle est un instrument en pleine évolution. Après l'équilibre trouvé au XVème siècle dans la facture des orgues de cathédrales (existence de trois plans sonores distincts : Grand-Orgue, Positif de dos et Pédale, synthèse de Principaux pouvant commencer au 24 pieds et offrir jusqu'à 30 ou 40 rangs de plein-jeu dans le dessus, basses groupées de part et d'autre dans de gigantesques tourelles dénommées Trompes, comme en témoigne le buffet monumental de la cathédrale de Chartres, 1545-1551, ou encore, dans un tout autre style, celui de la cathédrale de Perpignan, 1504), l'orgue Renaissance est un instrument de transition. Avec l'apparition de la pratique de la transcription de la musique vocale, se développe à l'orgue le jeu de détail grâce à 1' extension du registre séparé, alors que l'orgue gothique était encore conçu selon le principe des registres solidaires, ou "blockwerk" qui ne permettait pas de faire sonner isolément les rangs de tuyaux. Désormais on va rechercher le timbre et la couleur, l'orgue prétendant imiter les instruments de musique. La palette sonore s'enrichit de timbres de flûtes, de bourdons, nasards, cromorne, musette, cornet. En Italie, les grands instruments de cette époque possèdent jusqu'à 50 touches manuelles ( FA-SOL-LA-SI b-SI-La 4 ) et supportent un Principal de 24 pieds, comme l'orgue de la cathédrale de Bologne, construit par Lorenzo da Prato en 1475. Le ravalement du Fa° permet de jouer en 16 ou 8 pieds. Les instruments plus petits, comme celui de 1'abbatiale de Saint-Savin en Lavedan, voisine de Saint-Bertrand - de -  Comminges, construit en 1557, dont on connaît la composition d'origine, possèdent un clavier partant du Fa1 jusqu'au La 4 et donc une quarantaine de touches (38 à Saint-Savin, sans les premiers fa dièse et sol dièse et le dernier sol dièse). Dans le nord de la France, dans les Flandres, les Pays-Bas et l'Allemagne du nord, se développe une facture d'avant-garde avec une extension des claviers jusqu'au do 1 par l'adjonction de trois notes (l'octave courte) ; on y trouve également plusieurs plans sonores, un pédalier. L'orgue de Saint-Bertrand pouvait comporter soit un clavier au Fa comme à Saint-Savin, soit un clavier au Do avec octave courte (comme à Innsbruck vers 1550). La base harmonique reposait sur le Principal de 16 pieds, dont le premier tuyau correspondait à la première touche du clavier, soit Fa dans la première hypothèse, soit un Do ; dans le premier cas, l'orgue transposait à la quarte inférieure, l'accord de fa sonnant comme un accord de do. On connaît d'autres exemples de ces orgues transpositeurs, comme celui de Saint-Savin qui transpose à la tierce inférieure. Les cinq tuyaux graves de la tourelle centrale donnaient donc les notes DO RE MI FA FA dièse correspondant aux touches FA SOL LA SI SI bémol. En se référant à la composition de Saint- Savin (8 jeux : Montre 8, Prestant, Nasard, Doublette, Larigot, Sifflet, Flûte 4, Regale 8), très proche de celle de San Maurizio de Milan, on peut penser que l'orgue de Saint-Bertrand comptait une synthèse de principaux allant du 16 pieds au 1 pied, des bourdons, quelques flûtes, un ou deux jeux de mutation (nasard) et peut-être un jeu de Trompette, de Voix Humaine (ou de Régale) et un Cornet. Il n'est pas interdit de penser qu'il était doté en outre d'un clavier d'Echo et de quelques tuyaux de Pédale actionnés par des pistons placés en dessous des claviers. On obtiendrait ainsi une vingtaine de jeux (le grand orgue du XVIème siècle de la Cathédrale d'Evora au Portugal, construit en 1562 et basé sur un principal de 16 pieds en possède à peine une dizaine...), chiffre parfaitement compatible avec l'agrandissement réalisé par Jean-François Lépine vers 1760 qui porte le nombre des jeux à 30 par l'adjonction d'un positif de dos.  
       
   
La musique : pour en savoir plus...
 
     
  Les transcriptions d'œuvres vocales (chansons, messes ou motets) ou instrumentales (danses, branles ou menuets, souvent éditées à l'origine en tablature pour le luth), fleurissent dans tous les pays d'Europe. En France Pierre Attaignant publie en 1531 un recueil de Danses ; en Espagne les chansons à la mode sont mises en musique par Antonio de Cabezon en 1557 ; en Italie, Andrea et Giovanni Gabrieli publient leurs Canzoni alla Francese ; l'Allemagne fait figure de précurseur avec le fameux Buxheimer Orgelbuch édité en 1470. Les chansons les plus célèbres sont celles de Josquin des Prez et de Roland de Lassus qui sont transcrites et "glosées" par tous les musiciens d'Europe. Les Canzone italiennes et les Glosados espagnols sont le fruit de ce travail de transcription. La musique liturgique pour orgue fait son apparition sous forme de messes, d'hymnes, de versets divers, destinés à alterner avec le plain-chant de la schola ou des moines. Les premières formes de ce répertoire liturgique s'élaborent en Italie avec Cavazzoni (Premier Livre en 1527 comportant des Hymnes et des Magnificat, Second Livre vers 1540 avec une Messe) et Claudio Merulo, organiste de Saint-Marc de Venise (Messe d'intavolatura d'Organo, 1568), puis les Gabrieli et plus tard Girolamo Frescobaldi (Fiori Musicali, 1635). En. Espagne, Antonio de Cabezon publie Hymnes et Versets. Mais c'est encore en Italie que naît la véritable musique instrumentale pour clavier, avec les Toccatas, Ricercari, Intonationi de Merulo, Gabrieli, Frescobaldi.  
       
 
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