Et si le véritable musée de la ville antique de Lugdunum Convenarum se trouvait être la basilique de Saint-Just de Valcabrère elle-même ? Cette boutade de Jean-Luc Schenck, conservateur du Musée archéologique départemental de Saint-Bertrand de Comminges, traduit en fait une réalité : Saint-Just détient sans doute un record en matière de remploi. Certes les matériaux sur place (calcaires, marbre de Saint-Béat) étaient abondants, provenant soit de monuments antiques, soit d'une nécropole et " fournis " par la destruction de la ville romaine et de l'abandon presque total du site. Il est vrai que le remploi d'éléments antiques se retrouve un peu partout dans les villages commingeois environnants : sur la façade de l'église d'Izaourt, dans le village d'Esbareich en Barousse (maisons, fontaine), au-dessus du tympan de Saint-Pauld'Oueil, sur le parvis de Saint-Pé d'Ardet, au revers de la porte Majou de Saint-Bertrand ou sur le clocher de la cathédrale elle-même. etc. Mais c'est ici que l'usage de ces vestiges est sans doute le plus complet, le plus admirable et le mieux utilisé. Ces matériaux sont de plusieurs types : petits moellons cubiques ou allongés, dalles débitées dans des sarcophages, fragments de cuves parfois sculptés, pierres de très grande taille pour les parties sensibles (contreforts, piliers intérieurs, angles du chevet) ; s'y ajoutent fûts de colonnes, chapiteaux et inscriptions.  
       
  Les murs extérieurs déjà donnent l'impression d'avoir été construits presque entièrement avec des matériaux antiques intégrés dans la maçonnerie : sur les murs latéraux apparaissent -souvent en désordre- des fragments de sarcophages paléochrétiens et au chevet des blocs entiers en marbre blanc forment l'essentiel du bâti.  
    Le beau peut se rajouter à l'utile : le visiteur le moins averti ne peut ignorer l'origine antique du masque de théâtre du mur sud
    L'intérieur nous plonge dans le monde antique, même si quelques éléments ont retrouvé dans l'église médiévale leur fonction initiale  
   
     
     
     
De nombreuses colonnes antiques, plus ou moins adaptées, servent de nouveau de support : colonnes géminées du " transept ", chapiteaux et fûts de colonne habilement superposés d'un pilier de la nef...

chapiteau paléochrétien reposant sur une colonne romaine devenu un bénitier.

 

    Des morceaux de frise sculptée constituent un élément d'un pilier... et décorent aussi.  
   

Plusieurs inscriptions antiques parsèment les murs ; en particulier la grande dalle funéraire du mur sud gravée en 347 à la mémoire de Valéria Serena, puis celle du prêtre Patrocle, avec à leur droite un chrisme constantinien très ancien. Des autels votifs se rencontrent aussi sur ce site.

 

 
       
       

 

 

 

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Saint-Just de Valcabrère
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