Le débat en Education Civique Juridique et Sociale.


Il y a deux nouveautés dans l'enseignement d'Education Civique Juridique et Sociale mis en place lors de la dernière rentrée scolaire : une initiation au Droit et la pratique du débat argumenté à propos de questions définies dans le cadre d'un programme souple (B.O du 5 août 1999).

En ce qui concerne le Droit, il est bien précisé qu'il ne s'agit pas d'enseigner les techniques du Droit qui reste une discipline de l'enseignement supérieur. Les professeurs chargés de l'ECJS qu'ils soient historiens géographes, économistes, philosophes, etc… n'ont donc pas obligation de se transformer en juristes.

En revanche, ils doivent obligatoirement pratiquer le débat comme modalité pédagogique d'enseignement de l'ECJS. Si la pratique du débat n'est pas franchement nouvelle dans les classes, elle était cependant jusque là rarement systématique, et encore moins institutionnalisée. C'est pourquoi il semble nécessaire d'apporter quelques précisions très simples sur le sujet.

Combien de débats ?

Comme le débat argumenté occupe une place centrale de l'enseignement de l'ECJS, un débat par trimestre semble être une fréquence envisageable. Cette année, l'ECJS ayant commencé en novembre, deux débats seulement peuvent être organisés.

Les fondements du débat argumenté :

Le débat argumenté n'est pas une discussion de " café du commerce " à propos d'un sujet d'actualité. Il n'est pas spontané ce qui nécessite avant sa tenue, un travail de préparation des sujets abordés.

Lors de son déroulement il implique encadrement (président de séance, rapporteurs) et organisation (prise de parole, et de notes). Ce sont les élèves qui sont chargés de cette gestion du débat. Enfin, un travail écrit de synthèse peut prolonger le débat oral avec par exemple constitution d'un dossier qui comprend les documents présentés et un résumé des arguments du débat.

Quelques modalités pratiques possibles :

La préparation au débat doit amener les élèves à s'approprier les connaissances nécessaires et suffisantes à la tenue d'un débat argumenté sur le sujet choisi. Quelles que soient les méthodes choisies pour cela (dossier, cours, exposition, recherche libre), il semble que la préparation nécessite un investissement horaire des élèves en dehors du cours (une heure quinzaine ne suffisant pas pour cela).

Le débat lui-même peut se réaliser sous diverses formes. On peut ainsi organiser l'affrontement d'équipes concurrentes présentant des propositions antagonistes sur des thèmes qui s'y prêtent (par exemple patronat et salariés à propos des 35 heures). Ou bien on peut " mettre en scène " le débat à la façon de la télévision ou de la radio (animateur, invités, experts, spectateurs ou auditeurs posant des questions) ou de l'Assemblée nationale (président, gouvernement, majorité, opposition). Les élèves s'impliquent dans le débat même si des intervenants extérieurs ne sont pas exclus (les experts). Un enregistrement sonore ou vidéo ou d'autres formes à imaginer (procès ?) peuvent également être envisagées.

L'évaluation :

Le travail des élèves en ECJS peut et doit être évalué. L'évaluation figurera sur le bulletin scolaire. Elle ne porte pas seulement sur le débat argumenté lui-même, la préparation et la synthèse finale en font aussi partie.

Comme l'argumentation est au centre du débat qui est lui-même l'aboutissement principal du travail des élèves, il conviendra de porter une attention toute particulière à celle-ci. On peut notamment prendre en compte : la pertinence des idées utilisées pour soutenir ou réfuter une prise de position, la clarté et l'organisation des arguments pour aboutir à une conclusion efficace (apte à convaincre), la quantité et la validité des faits appuyant le raisonnement. Il faut également mesurer le degré de maîtrise de l'oral : qualités et défauts de la langue, de la prise de parole, des attitudes….

 Pour illustrer notre propos, vous pouvez consulter notre exemple de séquence débat en ECJS.

Une cassette vidéo sur l'enseignement de l'ECJS, réalisée par le C.R.D.P, sous la direction de Madame Le Pellec, I.P.R, sera envoyée au printemps dans chaque lycée.

Les professeurs désireux de faire part de leur expérience peuvent nous les faire parvenir par e-mail à Thierry Couët.

 



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