Le vote de la loi sur le P.A.C.S étant d'actualité, nous avons choisi ce thème comme sujet du débat (Chapitre : citoyenneté et famille).
Imposer le thème du débat n'est pas la règle à suivre mais est une démarche qui a des avantages. Ainsi, le professeur est assuré qu'il y a possibilité d'une réelle discussion (problématique reposant sur la possibilité d'argumentations contradictoires) et sur un sujet qu'il maîtrise. Cependant, il vaut sans doute mieux laisser le libre choix (dans le cadre du programme bien entendu) aux élèves afin qu'ils s'impliquent personnellement.
Le rôle de l'enseignant devrait se borner à encadrer celle-ci. Mais, dans certaines classes, les élèves suivent des options "lourdes" (sport haut niveau) qui réduisent le temps dont ils disposent. C'est pourquoi, nous avons donc choisi, pour le premier débat seulement, de leur fournir un corpus documentaire sur lequel ils ont travaillé. Chaque élève disposait, en salle informatique et au C.D.I., d'un dossier réalisé sous forme de pages Web. Y figuraient notamment les textes du projet de loi (puis la loi) et les modalités pratiques du PACS (source : assemblée nationale), des données statistiques sur la famille (source : INSEE), des extraits d'articles de presse (Le Monde, Libération, Le Figaro, l'Express...) fournissant soit des analyses du projet ou bien des points de vue à son propos.
La compréhension des données collectées, leur tri, puis l'appropriation des connaissances nécessaires au débat sont des phases essentielles de la recherche sur documents trop souvent confondue avec la simple collecte d'informations. Celle-ci aboutit la plupart du temps, (surtout avec les moteurs de recherche sur Internet), à la simple création d'un lourd (et parfois beau) dossier documentaire dont le contenu n'est pas maîtrisé.
La collecte n'ayant pas été effectuée par les élèves, nous avons emprunté plusieurs voies pour qu'ils puissent aborder correctement le débat. L'acquisition de connaissances générales sur la famille a été réalisée par le biais d'un classique cours dialogué utilisant une partie de leur dossier. Pour l'étude de la loi, les élèves ont répondu individuellement (correction collective) à une batterie de questions écrites (qui est concerné par le PACS, qui ne peut l'être etc...). Seul le dossier de presse a été abordé sans guide.
Nous avons proposé aux élèves un débat de type audio-visuel avec différents personnages : l'animateur, le spectateur posant des questions, l'expert, le "pacsé" témoignant, le "pro et l'anti-pacs"... Les "personnages" ont été tiré au sort mais avec possibilité d'échanger les rôles. En effet, l'implication personnelle des élèves est un fondement du débat argumenté et l'imposition d'une position déterminée (pro ou anti-pacs par exemple) en fausse un peu le sens. Tous les élèves ont participé : pendant qu'un groupe débattait, l'autre devait prendre des notes pour fournir un rapide compte-rendu.
Les critères de l'évaluation orale (qualité de la langue, pertinence de l'argumentation,durée des interventions, qualité de la communication avec l'autre, ton...) avaient été précisés ainsi que le cadre technique du débat : aucune intervention du professeur et une durée comprise entre vingt et trente minutes.
Ces premiers débats (une dizaine en tout) ont permis aux élèves de bien connaître le PACS. Mais pour le professeur, le cadre choisi a gêné l'évaluation de la qualité de leur recherche individuelle et la pertinence de leurs arguments puisqu'ils ont largement repris les connaissances acquises collectivement.
Ils ont obligé tous les élèves à s'exprimer oralement et de manière structurée, ce qui est loin d'être le cas autrement. Si la qualité des interventions fut diverses, toutes furent largement supérieures aux performances habituelles, notamment celles des élèves les plus silencieux en temps ordinaire. Cette prise de parole organisée semble être le point le plus positif de cette première expérience. Cependant, l'implication de certains élèves aurait sans douté été meilleure si le libre choix du personnage leur avait été donné.