Education Civique Juridique et Sociale
Brive-la-Gaillarde les 20-21 octobre 2001
Compte-rendu de l'après-midi.
COMPTE-RENDU DES INTERVENTIONS DU SAMEDI 20 OCTOBRE 2001 APRES-MIDI SUR LE THEME "LE CITOYEN ET LA POLITIQUE : FINALITES ET ENJEUX D'UNE EDUCATION A LA CITOYENNETE".
- · Madame L. Kerjean, rectrice de l'Académie de Limoges,
insiste sur le rôle majeur que doit tenir l'école dans l'éducation à la citoyenneté. L'école est "une des maisons où se fabriquent les citoyens ".
- · Dans l'intervention suivante, Monsieur Claude Nicolet, de l'Institut et professeur honoraire à la Sorbonne,
revient sur l'importance de l'enseignement de l'éducation civique. Ce dernier est intimement lié à l'esprit républicain. La république, depuis le 18ème siècle, est enseignante. Elle conçoit les hommes comme des êtres savants sans lesquels elle ne peut fonctionner. Pour former des citoyens co-souverains, notre enseignement doit être centré sur l'éducation au jugement critique, sur l'explication de concepts complexes souvent polysémiques. Il souhaite que l'éducation civique soit, à l'avenir, enseigné dans le supérieur.
- · Madame J. Costa-Lascoux, directrice de recherches au CNRS,
dresse un bilan mitigé de l'enseignement de l'éducation civique. Selon elle, les élèves sont passionnés par les contenus mais en même temps sont totalement ignorants. Les élèves ne maîtrisent pas le vocabulaire et les concepts de base. Ainsi s'installent les malentendus et une certaine défiance à l'égard de notre enseignement. Pour remédier à cela, il faut revenir à une pédagogie qui parte des élèves, des tensions, des malentendus. La notion centrale d'intérêt général, au sens co-citoyenneté, doit être abordée à partir de la notion de patrimoine puis de bien commun.
- · Monsieur J.F Nys, professeur à l'université de Limoges,
intervient sur le lien entre le citoyen et la défense. La défense doit être présentée comme une nécessité : la co-souveraineté ne peut exister que dans un monde sûr.
Il faut se défendre face à des risques naturels, technologiques et face à des menaces visant la sûreté de l'Etat (atteinte à l'intégrité du territoire, terrorisme·), visant les intérêts nationaux (piratage informatique.). La défense est globale (elle touche tous les domaines de l'activité d'un pays) et est permanente. L'étude des acteurs de la défense doit permettre de présenter la fin de la conscription et le nouveau service militaire. Monsieur Nys propose quelques thèmes de débats essentiellement pour la classe de première :
- Existe-t-il des valeurs universelles à défendre ?
- Peut-on faire la guerre sans mourir ?
- Est-on prêt à mourir pour une cause, laquelle ?
- Qu'est-ce que l'ingérence ?
· L'intervention de Monsieur G. Gonfroy, professeur d'université, directeur de l'IUFM du Limousin, président de conférence des directeurs d'IUFM, porte enfin sur la formation des jeunes enseignants dans les IUFM. Le bilan est positif. Les jeunes enseignants sont conscients de l'importance de leur mission dans le domaine de l'éducation à la citoyenneté.
Compte-rendu d'Hélène Rousseau
COMPTE-RENDU DES INTERVENTIONS DU DIMANCHE 21 OCTOBRE 2001 MATIN SUR LE THEME "LE CITOYEN ET LA POLITIQUE : UN NOUVEAU CONTRAT ?
Les intervenants de cette troisième demi-journée sont presque tous des élus (ils ont dans leur vie professionnelle aussi occupé des fonctions enseignantes), hommes politiques venus d'horizons divers.
- - Robert Savy est actuellement président du Conseil régional du Limousin
- - Bruno Bourg-Broc est député-maire de Châlons-en-Champagne et président de la Fédération des maires de villes moyennes
- - Bernard Poignant, maire de Quimper (1989-2001), député européen
- - Anicet Le Pors, ancien ministre (1981-1984), conseiller d'Etat
- - Jean-Louis Poirier, IGEN de philosophie
La synthèse des différentes interventions, qui laissent ici ou là transparaître une certaine amertume, permet de dégager certain nombre d'idées-forces :
- - La distance entre le Citoyen et le Politique a tendance à grandir. Comment faire pour la réduire au moment où l'abstention gagne du terrain, où l'on perçoit une désaffection croissante (pas seulement chez les jeunes) pour la politique.
- - Quelle est la marge de manéuvre euvre et d'action de l'élu dans un monde où l'expert et l'expertise jouent un rôle de plus en plus prégnant ? L'expertise ne dissout-elle pas la décision politique (bioéthique, santé publique) ?
- - Ne faut-il pas engager une réflexion sur les structures (partis politiques, associations, syndicats, pouvoirs économiques, société civile)?
- - A quel échelon, à l'intérieur de quel espace le citoyen doit-il vivre la politique ? Quels sont les territoires de la politique à l'heure de l'Europe et de l'intercommunalité ? Quelle place pour les communes, les départements, les régions ?
L'homme politique doit trouver des parades pour répondre à cette crise du Politique
- - Il doit d'abord s'affirmer, au càur du ur du débat public comment étant capable de réaliser la synthèse des opinions, mais il doit en même temps retrouver sa capacité de décision, faire des choix politiques clairement affirmés et justifiés. Les lois de décentralisation peuvent l'y aider.
- - Il doit proposer une réflexion sur les structures politiques actuelles de la vie politique, sur les modes de scrutin. L'homme politique est souvent un inconnu (sénateur, député européen) pour ses concitoyens. Ceux-ci doivent être en mesure de l'identifier et de suivre son mandat. Revoir donc les modes de scrutin et le cumul des mandats.
- - Il doit expliquer ce qu'il fait et faire ce qu'il dit, dans un souci constant de pédagogie.
- - Il doit incarner une sorte d'exemplarité de comportement.
- - Enfin il lui faut redonner un sens à la citoyenneté, qui a tendance à se diluer (la citoyenneté européenne de faible densité peut-elle se substituer à la citoyenneté nationale ?). Les intervenants regrettent qu'aujourd'hui la citoyenneté ne soit plus qu'une coquille vide (suppression du service national, faible participation directe des citoyens à l'impôt). Bernard Bourg-Broc fait remarquer que dans sa permanence de député, il ne reçoit que des administrés formulant des doléances, réclamant leur dû. En aucun cas des citoyens désireux de réfléchir sur l'essence même du mot.
Pour cette demi-journée, on pourra se reporter à l'excellent Que sais-je ? d'Anicet Le Pors, La citoyenneté, 2000
Compte-rendu de Stéphan Arias
Informations pratiques : chaque année, les Actes du colloque sont publiés.
Pour des renseignements sur les Colloques à venir :
Centre d'Etudes Edmond Michelet (Musée, Service d'archives, service éducatif),
4, rue Champanatier
19100 BRIVE-LA-GAILLARDE - Tél. 05 55 74 06 08, http://perso.libertysurf.fr/centremichelet/
Direction scientifique: Dominique BORNE
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