ECJS au lycée professionnel

Organiser un débat en bac pro secrétariat.

Expérience réalisée par Patrick Lanneau au Lycée Professionnel Antoine Bourdelle (Montauban) avec une classe de bac pro secrétariat.


Durant l'année scolaire 1999-2000, André Rettig, Inspecteur Lettres histoire de l'académie de Toulouse avait réuni à la demande de l'Inspecteur Général Nembrini une équipe de réflexion sur l'ECJS en Lycée Professionnel.

Faisant partie de l'équipe, j'ai tenu à construire une séquence expérimentale en m'appuyant sur les textes parus au BO durant l'été 99 sur l'application de l'ECJS en lycée général. J'ai expérimenté cette séquence avec une classe de bac secrétariat. L'idée était de préparer un débat argumenté sur une durée convenable qui permettrait aux élèves de rechercher de l'information de se documenter et de construire une argumentation. Mon objectif était d'apprendre à maîtriser la prise de parole et à écouter l'autre. Pour cela, il fallait éviter quer les passions ne prennent le pas sur la raison.

La stratégie adoptée pour éviter tout débordement et pour permettre à chacun de s'impliques a été de :

Pour des raisons pratiques, la classe étant assez chargée (35 élèves) nous avons travaillé dans le cadre des heurs dédoublées, aussi il y a eu en réalité deux débats.

Séance 1

Lors de la première séance, on a distribué le document ci-joint et on l’a analysé. Dans un premier temps, les élèves ont jugé que la question posée était « nulle » et ont voulu mener le débat tout de suite. J’ai exigé de s’en tenir au texte…
Des groupes d’élèves sont allé chercher au CDI, d’autres se sont regroupés pour préparer leur travail, d’autres sont allés chercher sur Internet.

Séance 2

Lors de la séance 2, les élèves ont reconnu l’intérêt de la question. J’ai choisi les deux camps autoritairement. Ce qui a soulagé la plupart des élèves : ils n’étaient plus responsables des arguments qu’ils employaient. Ils pouvaient ainsi employer des arguments qu’ils auraient eu honte de défendre (non « politicaly correct »).
J’ai fourni une liste de sites proposés par un moteur de recherche. Pour lancer la recherche. En effet, lors de la recherche, les élèves ont voulu lancer d’autres recherches sur les moteurs. Cela a permis de réfléchir à la stratégie des requêtes sur Internet.

Séance 3

Lors de la séance 3, on a commencé par faire un bilan collectif, puis un bilan par groupe. On a ensuite choisi les élèves chargés de mener le débat (président et vice-président). Ensuite, on a continué les recherches.
Lors des recherches, les élèves prenaient des notes informatiques : lorsqu’ils trouvaient des éléments, ils les copiaient sur un document personnel imprimé en fin de séance. L’objectif était d’éviter d’imprimer des quantités de pages que l’on ne pourrait lire.

Séance 4 : le débat.

Les élèves ont d’abord affirmé qu’il fallait le remettre à cause des absents, d’autant plus qu’ils avaient oublié les documents… En fait, ils avaient tous les documents et il n’y avait qu’une absente…
Une collègue était venu pour tenir la caméra avec le groupe 1. Non parce que je ne pouvais le faire, mais pour imposer un regard extérieur, pour marquer (sacraliser ?) l’événement.
J’ai imposé que le débat dure le temps choisi, soit une heure. Les élèves ont cependant demandé à 2 reprises des « pauses publicitaires » pour faire le point et revoir leur stratégie.
Bien que s’impliquant fortement, les élèves sont restés très calmes et maître d’eux-même.

Bilan :

Groupe 1
V., élève relativement vive et agitée, avait tenu à être vice-présidente. Elle a déclaré à la fin : « Monsieur Lanneau, j’ai compris plein de choses. Maintenant, je comprends ce que vous faites en cours. J’ai vu comment on fait… Je crois que je ne serai plus tout à fait pareille en classe…»
Deux élèves seulement ont peu participé.

Groupe 2
Les élèves avaient bien préparé leurs documents (extraits de recherches, surlignage…) et les ont utilisés.
Tous les élèves ont participé.

Reste à tirer le bilan en classe après avoir regardé les vidéos.
Le fait d’imposer aux élèves le point de vue qu’ils devront défendre leur permet de se libérer de leurs idées reçues : ils n’ont plus honte de s’impliquer, puisque ce n’est pas tout à fait en leur nom (ils ne manquent pas de le rappeler à plusieurs reprises : « Je suis dans l’équipe du contre… C’est pour ça que je dis ça… »).

Durant l'année scolaire 2000-2001, une nouvelle promotion de bac avait succédé à la classe de terminale avec laquelle j'avais expérimenté le dispositif. J'ai décidé de recommencer l'expérience avec cette nouvelle classe. Cependans j'ai changé de sujet pour en prendre un qui soit mieux inséré dans l'actualité. D'autre part, la classe étant moins nombreuse, le travail a été réalisé avec l'ensemble de la classe. La même procédure a été choisie, à part le document de départ qui a été légèrement modifié.

Globalement, tout s'est bien passé, la différence majeure étant que deux élèves ont voulu s'impliquer plus dans l'organisation du débat et ont complètement pris en charge la coordination des recherches, l'organisation des groupes d'argumentation. Ils ont particulièrement travaillé l'introduction du débat ainsi que la conclusion. Comme l'année précédente, lors du débat, je me suis cantonné au rôle d'observateur strict, réfugié derrière la caméra.

Les élèves ayant tenu à être évalués, je leur ai proposé une grille d'évaluation formative qu'ils ont garni pour eux, et pour chacun des autres élèves, lors de la projection de la vidéo.

L'organisation du débat de l'année scolaire 2000-2001 a pris 4 semaines à la fin du premier trimestre. Nous voulions organiser un deuxième débat, mais les contraintes du calendrier et le PFE (8 semaines en deux stages) nous ont empêché de réaliser notre projet. A la rentrée prochaine, nous programmerons le premier débat dès le début de l'année scolaire.

Pour terminer, je voudrai souligner que ce type d'activité permet de mettre en oeuvre quantité de copétences disciplinaires et de compétences transverses : savoir rechercher de l'information, utiliser les nouvelles technologies TICE, apprendre à maitriser l'expression orale, mettre en oeuvre les compétences d'argumentation dans une situation réelle. En cela, ce travail d'ECJS complète fort à propos le programme d'histoire géographie, et celui de lettres. En outre il recoupe le programme professionnel (utilisation d'internet).

Je suis à votre disposition pour toute requête...

Patrick Lanneau



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