Ci-dessous des documents sur le problème de l'eau en Espagne avec un éclairage supplémentaire sur l'Andalousie. Il s'agit d'un dossier élaboré essentiellement à partir de sources diverses prises sur Internet (voir ci-dessous) et transformées pour qu'elles soient utilisables par des élèves de lycée (étude de cas en géographie). Ce dossier, surtout centré sur le problème du transvasement de l'Ebre, ne couvre pas tous les aspects de la question de l'eau en Espagne et n'offre pas de pistes d'exploitation pédagogique mais nous l'espérons assez riche pour que vous en trouviez... La direction de la programmation et du développement du Ministère de l'Education Nationale propose d'ailleurs sur le site de l'Académie de Créteil (en fichier PDF) une évaluation type évaluation nationale des classes de Seconde, sur LE PLAN HYDROLOGIQUE NATIONAL ESPAGNOL (le PHN).
Quelques sources sur le Web :
Essai universitaire
sur le P.H.N. (Plan Hydrologique Espagnol) Réalisé par Valérie
Lacroix Université Libre de Bruxelles IGEAT - Section Environnement (site
RiverNet , European Rivers Network: http://www.rivernet.org)
Site histoire-géographie de l'académie de Dijon :
rubrique SIG
Sites web
http://circe.cps.unizar.es/spanish/waterweb/inicio.html (Conférence
Internationale sur le PHN, juin 2001, en espagnol)
Cette fois en français la deuxième conférence méditerranéenne
sur l'eau sur le site de l'office international de l'eau : http://www.oieau.fr/rome/france/expert/theme_2/alonso.htm
http://hispagua.cedex.es : l'équivalent
espagnol de notre Agence de l'eau (en espagnol)
http://www.ebre.net (Plate-forme de Défense
de l'Ebre, en espagnol)
http://www.mma.es Le Ministère de
l'Environnement : présentation
officielle du Plan Hydrologique Espagnol.
http://www.portal-agua.com : point
de vue des écologistes de la région de Murcie (en espagnol) proposant
une alternative au transvasement de l'Ebre.
Pour une vision globale des problèmes de la Méditerranée
: http://www.planbleu.org/first.htm
http://www.us.es/ciberico/fundacionnca.html
(Fondation pour une Nouvelle Culture de l'eau,en espagnol)
Si vous avez besoin de chiffres généraux :
http://www.ine.es (Institut National de Statistiques espagnol)
Et de chiffres sur l'Andalousie : http://www.iea.junta-andalucia.es/
L'ESPAGNE

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En outre, les précipitations peuvent varier fortement d'une année à l'autre. |
![]() ![]() Source : encyclopédie en ligne Yahoo |
70 % de l'eau disponible en Espagne provient du Nord, alors que l'arc méditerranéen
et l'Andalousie, où se concentrent le tourisme et l'agriculture intensive
irriguée, regroupent 55% de la population et disposent seulement d'environ
20 % de l'eau .
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On peut opposer les bassins du Nord, (10% du territoire national) qui totalisent un apport d'eau naturel moyen annuel de 37% du total national aux bassins du Sud, du Segura et du Jucar (15,8 % de la superficie) qui ont un apport d'eau moyen annuel de 7 % du total. |
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L'agriculture, avec l'irrigation (plus de 3 millions d'hectares,
majoritairement dans le Sud) est l'usage le plus demandeur d'eau :
presque 80 % du total des demandes. En outre, elle exige de plus
grandes capacités de retenue que l'approvisionnement en eau
classique car cette consommation est concentrée dans les mois
les plus secs de l'année, lorsque les débits des
fleuves sont au minimum.
La demande industrielle représente, elle, 6 % du total de la
consommation et les usages domestiques (y compris le tourisme) le
reste.
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La comparaison par bassins entre les ressources (n bleu) et la demande (en rouge) (source : II ème conférence Méditerranéenne sur l'Eau, intervention de Mora Munoyerro ) met en évidence les difficultés du Sud de l'Espagne tout particulièrement le bassin de la Segura. |
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Les barrages sont très anciens en Espagne : les romains en ont édifiés
(premier siècle après J.C et ils sont encore là) pour l'approvisionnement
en eau de la ville de Mérida. Les systèmes traditionnels d'irrigation
de l'Andalousie (norias) ont leur origine à l'époque musulmane
(départ définitif en 1492). Un millier de grands barrages est
déjà en service en Espagne, pays qui a la plus forte densité
mondiale en ce domaine. Par ailleurs, l'Espagne est le premier pays européen
à utiliser le dessalement de l'eau de mer et le cinquième pays
au monde pour cette ressource utilisée dès 1960 afin de répondre
à la demande en eau des Iles Canaries. Aujourd'hui, les usines de dessalement
sont présentes sur tout le sud du pays. A Almeria, une usine en construction
sera la plus productrice d'Europe, avec une capacité de 120.000 m³/j
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La réalisation la plus spectaculaire est celle du transfert
Tage-Segura par un aqueduc qui relie le barrage réservoir de
Bolargue, sur le Tage, avec celui de Talave sur le fleuve Mundo, affluent
du Segura, au moyen d'une conduite de 242 km de long qui permet la déviation
d'un débit maximum de 33 m3/seconde (Volume annuel théorique
de 600 hm3 qui n'a jamais été atteint) . Les eaux sont distribués
à une vaste zone des provinces de Murcia, Alicante et Almeria pour
subvenir aux besoins en approvisionnement et irrigation. Le système
fonctionne depuis la fin des années 70 et le volume moyen d'eau
dévié est de l'ordre de 250 millions de mètres cubes
par an, dont à peu près un tiers est destiné à
l'approvisionnement et le reste à l'irrigation. |
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En suivant ce modèle, le gouvernement espagnol a approuvé en
juin 2001, le Plan Hydrologique National (PHN) qui projette la construction
de plus de 1.000 km de canalisations (4 grands canaux), de 112 barrages et de
36 usines de dessalement sur une période de huit ans.
Pour une carte des détails de l'ensemble du PHN : http://www.rivernet.org/Iberian/imgs/phngraphic.pdf
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Le transvasement de l'Ebre, qui
consiste à dévier plus d'un milliard de
m³/an du fleuve vers les zones de sécheresse de
la côte méditerranéenne,
représente le principal ouvrage du PHN.
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L'agriculture (77,6% de la consommation d'eau en 1999) serait la principale bénéficiaire du transvasement : 56% de l'eau déviée lui seront attribués, contre 44% destinés aux autres usages. La construction des usines de dessalement prévues par le P.H.N le long de la côte méditerranéenne serait destinée à un usage urbain.
Par son ampleur, le transvasement de l'Ebre a suscité des conflits en
Espagne. Depuis la présentation du projet, plus d'un million de personnes
ont manifesté contre " l'autoroute de l'eau ".
Le projet est tel que l'Espagne doit faire appel à la communauté
européenne pour le financement. Les décisions ne relèvent
donc pas seulement des seules institutions espagnoles qui ne sont d'ailleurs
pas toutes d'accord. Au niveau régional, l'Aragon qui "offre" son eau
est opposée au projet alors que Murcie, Valence et la Catalogne l'appuient.
L'Andalousie fait exception et s'est ralliée à l'Aragon.
De nombreuses associations de riverains des barrages ou d'écologistes
s'opposent au projet. Ils dénoncent le déplacement des populations
dans les zones noyées par les barrages, ainsi que les conséquences
négatives de la diminution du débit de l'Ebre (salinisation) sur
les activités agricoles et piscicoles de Delta. Ils proposent d'autres
solutions pour augmenter l'offre d'eau : -le dessalement de l'eau de mer - l'épuration
et la réutilisation des eaux résiduelles -l'utilisation de citernes
d'eau de pluie - ou pour diminuer le demande : -la modernisation du système
de distribution et d'irrigation - le remplacement de certaines cultures par
d'autres moins consommatrices en eau.
Document : des éléments du débat. Source : Article de "La Tribune" 27/08/2000 (www.agua-debate.org) | |
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POUR LE P.H.N
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CONTRE LE P.H.N
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« Toute étude des ressources hydrologiques du pays nous démontrera qu'il y a des bassins pour lesquels il n'existe guère de solution sans apport extérieur. Et cela même en multipliant les mesures d'amélioration des infrastructures, d'usage plus intensif des eaux souterraines, de désalinisation, de régulation du cours », souligne Francisco Cabezas, qui a coordonné depuis le ministère de l'Environnement l'équipe qui a rédigé le PHN. « Nous ne voulons nullement assécher l'Ebre, mais bien utiliser une partie de son eau excédentaire pour résoudre un problème qui n'offre pas d'autre solution ». |
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Au ministère de l'Environnement, Francisco Cabezas se défend : « Il est faux que nous n'ayons pas pris en compte les critères écologiques, comme l'établissement d'un taux minimum de renouvellement pour chaque bassin, en dessous duquel il est exclu de descendre. Mais il s'agissait de parvenir à un moyen terme entre diverses préoccupations tout aussi légitimes l'une que l'autre. Notre critère, d'ailleurs, n'est pas purement productiviste : nous ne voulons pas stimuler avec le transvasement l'installation de nouvelles cultures irriguées dans le Levant, par exemple, mais seulement empêcher la disparition de celles qui existent déjà. Sinon, nous n'aurions pas établi de limitation à la superficie irriguée. » |
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« Je ne connais aucune région où l'agriculture d'irrigation ne soit pas subventionnée, en commençant par la Californie tant citée en exemple », rétorque Franciso Cabezas. « Nous voulons aller vers un rapprochement entre coûts et prix, mais toute politique en ce sens doit être progressive. La conscience sociale, d'ailleurs, va dans cette direction : même les organisations d'agriculteurs reconnaissent aujourd'hui que l'extension des zones irriguées ne peut pas être indéfinie. » Le PHN représentait-il l'occasion rêvée... mais finalement perdue pour aborder enfin ce dossier explosif ? |
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A u lieu d'apporter le développement là où se trouve l'eau, le gouvernement de Madrid veut apporter l'eau là où se trouve déjà le développement. C'est la redistribution à l'envers ! » Président du gouvernement régional d'Aragon, le socialiste Marcelino Iglesias fulmine. Comme tous ses administrés d'ailleurs. Sa région a en effet conscience d'être la plus affectée, et de loin, par le PHN. Celle qui, à travers le transvasement de l'Ebre, apportera la contribution la plus lourde. « Il existe d'autres méthodes », bougonne Marcelino Iglesias. « On peut recycler davantage l'eau utilisée tant dans les villes que les campagnes, dessaler, moderniser les systèmes d'irrigation les plus dispendieux comme ceux par inondation. Mais le Plan se limite dans la pratique à un transvasement. » Son ministre régional de l'Environnement, Victor Longás, n'est pas en reste. « Les agriculteurs de Murcie exigent l'eau pour accroître encore leur rendement, tandis que ceux d'Aragon la veulent tout simplement pour survivre. Le transvasement aura pour seul effet d'accroître encore la demande : la région de Murcie a déjà promulgué quatre lois successives augmentant la superficie maximum d'irrigation autorisée. Va-t-elle en élaborer maintenant une cinquième ? On ne peut analyser le problème de l'eau uniquement en termes de rentabilité : il faut aussi parler d'égalité de droits. » « Le Plan enrichit les riches aux dépens des pauvres », assure pour sa part Rafael Escamero, président en Aragon d'une des principales organisations agraires, Asaja, qui s'est divisée en deux sous l'impact de la polémique. « Qu'est-ce qui empêche que les cultures sous serre d'Almería se réalisent ici : nous avons le même niveau d'ensoleillement. Il est à tout le moins paradoxal de stimuler l'irrigation dans les régions qui n'ont pas d'eau et de la négliger dans celles qui en disposent ! »« La politique hydrologique constitue l'une des bases de la politique de développement territorial », souligne Marcelino Iglesias. « Et les choix du gouvernement de Madrid dans ce domaine vont aggraver les déséquilibres. Demain, 80 % du territoire espagnol, c'est-à-dire tout le centre, risque de se voir converti en une espèce de tiers-monde intérieur fournissant la matière première et la main d'oeuvre à un arc méditerranéen qui sera asphyxié par un développement trop intensif. Nous sommes en train d'assister à une désertification démographique de zones entières de l'Espagne, au premier rang desquelles la nôtre, et le PHN ne fera que l'accélérer. » Un problème aujourd'hui au centre de toutes les préoccupations à Saragosse : face aux 77,6 habitants par kilomètre carré qu'enregistre l'Espagne, l'Aragon n'en compte que 24,9, une densité qui descend même au niveau dramatique de 9,3 dans la province de Teruel, qui a perdu entre 1981 et 1996 quelque 10 % de sa population. La main-d'oeuvre s'enfuit vers le littoral et sa rente de situation. |
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Les provinces andalouses ![]() |
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Principales villes

Les ressources en eau

L'irrigation
Source : ministère de l'environnement espagnol
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Si l'Andalousie représente à elle seule pratiquement
un quart de la superficie irriguée en Espagne, elle n'est pas la
région où, en proportion du territoire cultivé, on
irrigue le plus. C'est à partir des années 1960 que l'irrigation s'est développée en Espagne particulièrement dans les provinces du Sud. |
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L'agriculture andalouse
Elle est essentiellement tournée vers l'exportation : l'Andalousie est
le premier producteur mondial d'huile d'olive et exporte de nombreux produits
issus de l'horticulture, essentiellement vers le marché européen.
Le secteur industriel reste encore relativement marginal alors que le tourisme
représente 12 % du PIB (18 millions de touristes en 1998) de l'Andalousie.
Les cartes présentées sont des synthèses de celles
de la rubrique SIG de l'Académie de Dijon.
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Une bonne partie des cultures spécialisées sont relativement concentrées géographiquement :
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Pour compléter : une cassette vidéo : "Espagne,
l'Homme et l'Eau " ; 52'. Auteur : José Cruz Girona, coproduction Girona/Palacio
– Canal Sur (Andalousie - Espagne). Editeur : CMCA - Centre Méditerranéen de
Communication Audiovisuelle - 96 La Canebière 13001 Marseille Téléphone: 04.91.42.03.02
Fax: 04.91.42.01.83 - Email: cmca@cmca-med.org Site web: http://www.cmca-med.org