Travail à la maison - quelques pistes de réflexion

Des pistes de réflexion proposées par un groupe de formateurs à l’issue des 2 journées de regroupement à Villefranche de Rouergue les 22 et 23 septembre 2009.

La réflexion générale de ces journées de formation était centrée sur l’aide à apporter aux élèves pour apprendre. Notre groupe s’est penché sur le travail à la maison.

Vous pouvez voir la réflexion menée par le groupe de manière synthétique ici.

Voici les questions qui ont émergé au cours de nos échanges :

- Comment adapter les travaux donnés à la maison au niveau (CECRL) et aux besoins de l’élève ?
- Quels supports proposer en fonction de l’élève, en vue de l’aider ?
- Comment utiliser les ressources numériques pour l’aide à l’élève ?
- Liens avec les parents ?

Le document ci-joint, présenté sous forme de texte et de fragments de carte heuristique, propose quelques pistes de réflexion.

Les consignes


Pour aider l’élève en dehors de la classe nous avons jugé que la formulation des consignes était essentielle. Souvent l’élève n’est pas à même de réaliser la tâche donnée tout simplement parce qu’il ne comprend pas ce qu’il doit faire.

C’est pour cela que nous préconisons l’utilisation de consignes très simples et surtout très précises. Dans le cas d’élèves dyslexiques, dysorthographiques ou en difficulté, il faudrait prendre le temps de découper une consigne jugée complexe en plusieurs consignes plus courtes plus précises et éventuellement numérotées. Une fois la tâche n° 1 accomplie, l’élève peut passer sereinement à la tâche n°2.

Afin de permettre à l’élève de comprendre rapidement ce que l’on demande de lui quand nous utilisons des consignes dans la langue cible, nous recommandons d’établir une typologie en début d’année. On évitera ainsi bien des surprises. Cette typologie pourrait être étoffée tout au long de l’année.

Pour certaines tâches dont les consignes pourraient sembler encore complexes et pour les élèves en difficulté, il serait efficace de démarrer le travail demandé en fin de séance. Une fois chez lui, l’élève se retrouvera face à une tâche dont il a déjà compris la consigne et donc n’aura plus de difficulté pour la réaliser. Il serait judicieux d’expliciter la consigne par un exemple afin que l’élève ait un modèle pour le guider chez lui.

La question des consignes nous a conduit à nous interroger sur leur nécessité. N’avons-nous pas tendance à surcharger l’élève d’informations? L’aidons-nous à devenir autonome?


Quelles sont les difficultés génériques d’apprentissage ?

a) Difficultés dues à des situations particulières comme les problèmes familiaux, les lieux d’apprentissage peu fixes…

b) Difficultés liées à des problèmes d’attention et de concentration.

- Aider les élèves à enregistrer les informations pendant le cours en dosant les informations à stocker et en évitant le zapping mental.

- Prévoir des pauses récapitulatives de la leçon en classe.

c) Difficultés liées à des problèmes de mémorisation

La mémorisation dépend fortement de l’état général de l’apprenant : son état de fatigue, ses préoccupations, son état affectif à l’égard de la matière à mémoriser. N’oublions pas que la période et le lieu où se trouve l’apprenant vont influer son état de réceptivité et par là même sa capacité à mémoriser ou à mobiliser ses connaissances. Comment les aider ?
- Donner aux élèves quelques moyens de se détendre, de choisir les conditions matérielles les plus efficaces et des astuces pour s’organiser.

- Proposer différentes techniques pour faciliter la mise en mémoire (en manipulant, en rythmant, en schématisant…)

- Répartir dans le temps le travail de mémorisation

- Favoriser la mise en mémoire :

On peut facilement organiser des reprises et des pauses récapitulatives de la leçon en classe en ponctuant le déroulement de la séquence par des représentations schématiques, en exerçant les élèves à synthétiser, en faisant un bilan par des relectures, des redites…, l’objectif étant toujours d’obtenir une implication mentale de l’élève.

- Aider les élèves à comprendre quelle est la finalité de l’apprentissage d’une leçon.
Ce qui est appris est lié à ce que l’on apprend et à ce qui suivra. Il est nécessaire d’établir des liens entre les connaissances .

Se pose la question du « par cœur » qui se veut rassurante pour certains élèves ou peu utile pour d’autres.

d) Difficultés liées au manque de motivation et au désintérêt.

- Créer chez l’élève le besoin de chercher les informations nécessaires et d’adopter ainsi un comportement attentif et par la suite une meilleure mémorisation. L’attention exige un certain intérêt pour la discipline, la situation et le projet.

- Redonner confiance en soi en changeant le regard de l’élève sur son propre apprentissage, en lui faisant percevoir l’utilité et la finalité de ce qu’il met en œuvre, en lui montrant comment une étape lui permettra de réaliser la tâche finale.
Il faut que l’élève soit reconnu et qu’il sache précisément le but qu’il poursuit.

e) Difficultés liées à un problème de mobilisation des connaissances ou à des questions de remise à niveau des élèves en difficulté d’où la forte nécessité du travail en différé.

f) Difficultés liées à l’absence ou au manque de méthode.

- Donner des procédures et des outils

Dire et expliquer aux élèves comment on fait , utiliser les aides dont ils disposent à la maison, donner des fiches méthodologiques…

- Utiliser ces outils avec les élèves

Une fiche n’est qu’un outil et non une fin en soi. Il faut donc que le professeur les accompagne pour vérifier s’ils savent. Il s’agit d’apprendre ensemble.

- Leur faire créer leurs propres outils 

Il faut amener les élèves à se poser la question « pourquoi je fais cette activité ou ce travail personnel ? », à échanger sur leurs façons de faire, à les inviter à construire eux-mêmes une fiche méthodologique… En prenant conscience de son mode d’apprentissage, l’élève pourra seul gérer ses outils et accéder petit à petit à l’autonomie.


g) Difficultés liées à l’excès de travail personnel qui creuse l’écart entre les élèves.

Ce volume de travail peut être différencié en fonction des possibilités des élèves, sachant que ces derniers doivent prendre conscience que tout travail donné, quel qu’il soit, contribue à l’élaboration d’un projet commun.


Difficultés spécifiques à l’anglais

Différents outils de travail

Une des particularités de notre matière est la nécessité pour l’élève de savoir utiliser différents outils de travail : non seulement le cahier de cours, mais aussi, souvent en collège, un cahier d’activités, voire un carnet de vocabulaire, le CD audio attaché à la méthode.. En autonomie à la maison, l’élève peut se sentir démuni face à une telle variété de supports et ne pas toujours savoir où chercher l’information dont il a besoin pour accomplir les tâches demandées par l’enseignant. D’où la nécessité de s’assurer dès le début de l’année scolaire que les élèves s’approprient ces différents outils, en consacrant un peu de temps en classe à leur présentation et leur manipulation.

D’autre part, afin de ne pas trop diversifier ces outils, il est légitime de se poser la question de leur réelle utilité : le cahier d’activités, par exemple, n’est pas toujours conforme à nos attentes, et s’il peut s’avérer pratique et utile dans les petites classes du collège, il devient parfois plus difficile à utiliser avec des lycéens Dans ce cas, quel intérêt de le faire acheter, et par la suite de se sentir obligé de s’en servir ?

Un système phonologique très spécifique.

L’une de principales difficultés de l’anglais réside de toute évidence dans son système phonologique et plus particulièrement de l’écart entre graphie et phonie. Si en classe, il est possible de montrer cette différence aux élèves et éventuellement de corriger leurs erreurs, qu’en est-il à la maison, lorsque l’enfant se retrouve face à la trace écrite qu’il doit apprendre ?
Il est donc nécessaire de lui donner les outils qui lui permettront de pouvoir travailler en autonomie sans lire et prononcer de manière erronée : il est courant que nos élèves sachent leur « leçon » mais prononcent les mots inconnus « à la française » ! 

Ces outils d’aide à l’autonomie peuvent être de différentes catégories :

- Donner des modèles précis en classe
- Enseigner les principales règles de prononciation
- Mettre des signes de phonologie dans la trace écrite pour les mots nouveaux
- Renvoyer aux dictionnaires en ligne, qui donnent aussi la prononciation du mot
- Entraîner à la lecture.
- Entraîner à la réalisation des phonèmes les plus difficiles en amont, et les repérer de manière explicite sur la trace écrite ( couleurs, surlignage…)


Les TICE pour produire


Nous proposons l ’utilisation des TICE en autonomie. Voici les possibilités offertes :

- Leur utilisation rend possible et enrichit le « travail en différé » (nous proposons cette expression plutôt que travail à la maison).
- La relation professeur / élèves se modifie. On est moins dans un rapport hiérarchique. Le professeur fait confiance à l’élève pour la réalisation des tâches demandées. De même, l’élève se responsabilise en les accomplissant (par exemple écouter un document sonore avant d’en lire le script).
- Les TICE permettent de proposer du travail oral : C.O. et E.O.

L’utilisation des TICE rend possible la production de ressources. Les outils suivants ont été listés :
- Le logiciel libre Audacity pour produire des enregistrements.
Eclipsecrossword pour produire des grilles de mots croisés (très appréciées des élèves)
- Images téléchargeables pour des exposés.
- Enfin la création de ressources pour accompagner les documents mp3 en ligne, grilles et exercices interactifs.



Nous ne pouvons pas évoquer la question du travail en différé sans parler de sa vérification.
Il semblerait qu’il faille faire la différence entre le collège et le lycée ; en collège, il est nécessaire de contrôler si le travail a été fait ou compris, tandis qu’au lycée, il s’agit plus d’un contrat entre le professeur et l’élève.
Mais doit-on sanctionner un élève qui ne sait pas faire ses devoirs, qui n’est pas autonome ? Est-on sûr de lui avoir donné tous les moyens de pouvoir faire son travail ?


L’équipe : Ellen Dausse-Thompson, Marie-Hélène Despax, Anne Gaïani, Vincent Glénat, Rodolphe Maurel, Mireille Meens, Cécile Verten, Serge Vizzini

Bibliographie :

Elisabeth Lothe : L’interaction orale / Entendre, écouter, parler

Hélène Trocmé-Fabre : J’apprends, donc je suis (Editions L’organisation)


Home | Contact | Site Map | | Site statistics | Visitors : 3166 / 1524527

Follow site activity en  Follow site activity (Auto) Formation   ?

Site powered by SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License

5 visitors now