SESSION
2003 SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES SERIE ES
OBLIGATOIRE
Durée de l'épreuve : 4 h - Coefficient 7
Dés que ce sujet vous
est remis, assurez-vous qu'il est complet. Ce sujet comporte 7 pages numérotées
de 1/7 à 7/7.
L'usage de la calculatrice est strictement interdit.
Le candidat traitera au choix soit la dissertation, soit la question de synthèse.
Dissertation appuyée sur un dossier documentaire Il
est demandé au candidat
• de répondre à la question posée explicitement ou
implicitement dans le sujet;
• de construire une argumentation à partir d'une
problématique qu'il devra élaborer;
• de mobiliser des connaissances et des
informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment
celles figurant dans le dossier ;
• de rédiger en utilisant un vocabulaire économique
et social spécifique et approprié à L question,en organisant le développement
sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre d
parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du
soin apporté à la présentation.
SUJET
Dans quelle mesure est-il possible de recourir à une politique de relance par la demande dans les pays de l'Union européenne ?
N.B.
: Vous pouvez privilégier le cas des pays de la zone euro.
|
DOCUMENT 2 Dans tout pays, il existe une interdépendance
forte entre la politique budgétaire et la politique monétaire. Une politique
budgétaire expansive stimule la demande. Quand celle-ci excède la production,
des tensions apparaissent sur les prix et amènent la banque centrale à
relever son taux d'intérêt. L'augmentation de la dette publique pousse
également à la hausse les taux d'intérêt. [...] Qu'en est-il dans la zone euro ? Chaque gouvernement considère les taux d'intérêt comme
donnés, puisque sa politique budgétaire n'a que peu d'impact sur la demande,
et donc sur l'inflation de la zone euro.
Si
plusieurs pays font cavalier seul et laissent déraper simultanément leurs
finances publiques, le risque est grand de voir le taux d'intérêt s'élever
partout, affectant aussi les pays demeurés « vertueux ». Ces interactions
avec la politique monétaire plaident pour une coordination des politiques
budgétaires des États membres et pour une définition simultanée de la bonne
combinaison de politique budgétaire et de politique monétaire. Source : A. Benassy-Quéré, B. Coeuré, Economie de l'euro, Collection Repères, La
Découverte, 2002. |
DOCUMENT
4
La politique monétaire est dirigée
par la Banque centrale européenne (BCE), indépendante des pouvoirs politiques.
Sa mission est de défendre la stabilité des prix' et elle dispose de
l'instrument des taux d'intérêt pour cela. [...]
L'efficacité de la politique budgétaire, de façon
générale, est accrue par l'atténuation de la contrainte extérieure de l'Europe.
Mais les politiques budgétaires nationales sont encadrées par le Pacte de
stabilité et de croissance élaboré au Conseil européen de Dublin en décembre
1996 et finalisé au Conseil d'Amsterdam de juin 1997. Une fois réalisés les
critères du traité de Maastricht pour être éligible à l'euro, le Pacte de
stabilité prolonge en effet le contrôle des politiques budgétaires des pays
membres en cherchant à éviter les « déficits publics excessifs ». Un maximum de
3% de déficit est prévu, sous peine de sanctions financières.
1 : La BCE veille à maintenir
le taux d'inflation de la zone euro
sous le seuil des 2%.
Source
: OFCE, L'économie française 2002, Collection
Repères, La Découverte, décembre 2001.

DOCUMENT
6
La politique monétaire unique est mise en oeuvre
par une autorité unique (la BCE) conformément à un objectif prioritaire des
plus clairs : la stabilité des prix.
Par contraste, les politiques
budgétaires restent entre les mains des gouvernements nationaux - le
fédéralisme budgétaire ne progresse guère -, sans que les objectifs de ces dits
gouvernements soient inscrits dans le moindre traité. Le seul instrument de
coordination concernant les politiques budgétaires est défini dans le cadre des
grandes orientations de politique budgétaire, qui consistent en recommandations
non contraignantes préparées chaque année par la Commission et adoptées ensuite
par le Conseil Ecofin'. Il existe par ailleurs un dispositif de coordination «
par le bas », le Pacte de stabilité et de croissance, qui limite les marges de
manœuvre des gouvernements, et auquel est associé un dispositif de sanctions
envers les gouvernements qui afficheraient des « déficits publics excessifs ».
1 : Le Conseil Ecofin
regroupe les quinze Ministres des Finances de l'Union Européenne.
Source : J-P. Fitoussi, J. Le Cacheux,
Rapport sur l'état de l'Union européenne, Fayard,
Presses de Sciences Po, 2002.
DOCUMENT
3
Les experts en relations sociales ont
longuement décrit les effets positifs que les négociations collectives peuvent
avoir sur la gestion et la productivité de l'entreprise. Ces spécialistes
soulignent comment les syndicats contribuent à l'accroissement des
qualifications et au maintien de la main
d’œuvre qualifiée de l'entreprise, comment ils
apportent des informations sur ce qui se passe au niveau de l'atelier, comment
ils améliorent le moral des troupes et poussent la direction à faire preuve
d'une plus grande efficacité. Les syndicalistes font observer qu'au-delà des
augmentations de salaires, les syndicats protègent les travailleurs contre les
décisions arbitraires de la direction et leur donnent les moyens de se faire
entendre sur leur lieu de travail comme sur la scène politique. Il est même des
dirigeants de sociétés pour mettre en avant les effets positifs des syndicats
dans leur entreprise.(...)
On pense aussitôt aux progrès
accomplis, en travaillant ensemble, pour accroître la sécurité et la protection
sanitaire des travailleurs et pour améliorer la qualité des conditions de
travail.
Source: R. Freeman, B.Madoff, Pourquoi les
syndicats ?, Economica, 1987.