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2008 : Lautréamont, une jeunesse tarbaise

Les JOURNEES EUROPEENNES DU PATRIMOINE AU LYCEE THEOPHILE GAUTIER ont revêtu en septembre 2008 un caractère exceptionnel compte tenu du succès de l’exposition « LAUTREAMONT, UNE JEUNESSE TARBAISE  » qui a été présentée dans la chapelle du lycée et qui a été prolongée, en octobre, par sa réouverture pendant tout un week-end et par sa présentation, en novembre, à Paris, à la Bibliothèque de l’Arsenal.

Au total, c’est un millier de personnes à Tarbes et environ quatre cents à Paris qui ont participé aux différentes manifestations liées à cet évènement : personnalités, visiteurs individuels ou en groupe, élèves et leurs professeurs.

PRESENTATION GENERALE DE L’EXPOSITION « LAUTRÉAMONT, UNE JEUNESSE TARBAISE »

Le lycée Théophile Gautier de Tarbes est fier de compter, parmi ses anciens élèves plusieurs futurs poètes d’avant-garde : Isidore Ducasse alias le comte de Lautréamont (1846-1870), Jules Laforgue (1860-1887) et Laurent Tailhade (1854-1919).

C’est à ISIDORE DUCASSE et à son ami et condisciple, le tarbais GEORGES DAZET, qu’a été consacrée l’exposition présentée en septembre 2008 dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine auxquelles le lycée participe depuis 2002.
Rappelons toutefois que la Bibliothèque Générale du lycée est dédiée à Jules Laforgue et que, pour ces Journées Européennes du Patrimoine 2008, la Mairie de Tarbes a présenté une exposition et des animations consacrées à Laurent Tailhade, lequel, d’ailleurs, présidait le groupe de lettrés tarbais qui, en 1911, convainquit la municipalité de Georges Magnoac, de donner au lycée le nom de Théophile Gautier, à l’occasion du centenaire de sa naissance à Tarbes (1811). La décision fut entérinée l’année suivante par décret du président de la République.

ISIDORE DUCASSE naît à Montevideo (Uruguay), où son père et ses deux oncles, originaires de Bazet, village situé à quelques kilomètres au nord de Tarbes, ont émigré en 1839. Comme de nombreux rejetons de la diaspora bigourdane, il est envoyé faire ses études secondaires au lycée impérial de Tarbes, de 1859 à 1863. Il devient ensuite interne au lycée impérial de Pau.
Sa carrière littéraire est très courte, puisqu’il meurt à 24 ans, en 1870, pendant le siège de Paris. Mais elle est extrêmement importante par son œuvre maîtresse, « Les Chants de Maldoror par le comte de Lautréamont ». Dès 1918, les Surréalistes (André Breton, Philippe Soupault, …) le reconnaissent comme le grand précurseur de leur mouvement et le tiennent pour l’égal d’Arthur Rimbaud dans « les sommets de la littérature française ». Par la suite, il fait l’objet d’un intérêt qui ne fléchit pas, bien au contraire, à la fois en France et à l’étranger. Un site internet, symptomatique d’une notoriété aujourd’hui planétaire, animé par Michel Pierssens, professeur à l’université de Montréal et membre de l’Association des Amis Passés Présents et Futurs d’Isidore Ducasse, est consacré au poète tarbais : Maldoror.

Lorsqu’il est envoyé au lycée de Tarbes, Isidore Ducasse a, comme tout interne, une famille de « correspondants » sur place. C’est la famille Dazet. Il se lie alors d’amitié avec l’un des fils, un peu plus jeune que lui, GEORGES DAZET (1852-1920), auquel était également consacrée cette exposition, compte tenu de l’influence décisive qu’il a eue sur l’œuvre de Ducasse durant sa jeunesse tarbaise.
Pendant l’année scolaire 1860-1861, Georges Dazet est élève de 8e au Lycée de Tarbes tandis qu’Isidore Ducasse est en 4e. Georges Dazet occupe dans la vie du futur comte de Lautréamont « une place singulière, quoique mal élucidée », selon le tarbais Jean-Jacques Lefrère, biographe de Lautréamont. Dazet est, à l’évidence, l’inspirateur des Chants de Maldoror : son nom figure explicitement à neuf reprises dans la première édition du Chant I, puis devient simplement D… dans la deuxième édition, pour, enfin, dans l’édition définitive des Six Chants de Maldoror en 1869, se métamorphoser en six formes différentes, dont celle du « poulpe au regard de soie ».
La vie de Georges Dazet est faite de contrastes.
Beau, intelligent, énergique, orateur brillant, il exerce partout une irrésistible séduction, doué de tous les talents mais sans guère de scrupules.
Jeune prodige remarqué par ses professeurs, il quitte le lycée impérial de Tarbes à la fin de l’année scolaire 1867 pour « intégrer » le prestigieux lycée Charlemagne de Paris puis passe sa licence en droit à Toulouse (1873).
Brillant avocat à Tarbes (1874-1886), il est, en même temps, acteur important de la vie politique locale comme conseiller général de Lannemezan, directeur du journal local « La République », fondateur de la fédération socialiste des Hautes-Pyrénées. Il occupe un rang élevé dans la Franc-Maçonnerie, au niveau local et national. Il est un des animateurs actifs de l’Association des Anciens Elèves du lycée, fondée dès 1898.
Mais les turbulences répétées de sa vie, d’ordre conjugal, professionnel et politique, l’obligent, à plusieurs reprises, à quitter Tarbes ou Paris. Il termine sa carrière professionnelle comme juge de paix à Monsols (Rhône) où il décède en 1920.


CONTRIBUTIONS

Cette exposition n’aurait pu avoir lieu sans la collaboration des multiples acteurs qui se sont investis dans sa réalisation.

Elle est d’abord le fruit du travail de recherche patient et obstiné de trois « ducassiens » passionnés, dont deux tarbais de naissance et anciens élèves du lycée Théophile Gautier, Jean-Jacques Lefrère et Patrick Guilhembet. Le troisième, Eric Nicolas, tarbais d’adoption, ne l’est pas moins authentiquement que les deux premiers.
Jean-Jacques Lefrère est le biographe d’Isidore Ducasse, d’Arthur Rimbaud et de Jules Laforgue aux éditions Fayard. Il a publié en novembre 2008 un ouvrage monumental consacré à l’iconographie sur et autour d’Isidore Ducasse, Lautréamont, paru aux éditions Flammarion.
Patrick Guilhembet, cheville ouvrière de l’exposition, dont la ténacité a permis à cette manifestation de voir le jour, a su exploiter les sources qui ont permis la réunion d’un ensemble exceptionnel.
Eric Nicolas, est l’auteur de recherches qui l’ont conduit à des découvertes exceptionnelles sur Isidore Ducasse. Il s’intéresse aussi à Tristan Derème et à Jules Laforgue, héros du roman qu’il a publié en septembre 2008 : « Un amour de Jules Laforgue », dont l’action se déroule à Tarbes.

Cet ensemble unique de documents, dont beaucoup sont inédits, n’aurait pu être réuni sans l’amabilité et la diligence des conservateurs des collections publiques et des collectionneurs privés qui les détiennent, ainsi que des Editions Flammarion qui ont autorisé l’utilisation de certaines reproductions. Qu’ils en soient tous remerciés.

Aux Archives départementales des Hautes-Pyrénées, François Giustiniani, directeur, Françoise Marcos, son adjointe, Camille Buzon et Marie-Hélène Hurtu, stagiaires, Olivier Ixart, relieur-restaurateur ont mis toute leur compétence professionnelle au service de cette exposition. C’est le cas également de Monique Certiat, conservatrice des Archives municipales de Tarbes . Cédric Debard, infographiste, a assuré la réalisation de la partie graphique.

Cette manifestation doit également beaucoup à l’appui apporté par la direction du lycée Théophile Gautier. Nadine Méau, proviseure et Viviane Artigalas, proviseure-adjointe, ont apporté leur soutien et leur concours actifs, avant de partir pour d’autres établissements à la rentrée 2008, ainsi que Fabienne Walther, intendante. Alain Grateau, nouveau proviseur de Théophile Gautier en septembre 2008, a adhéré d’emblée au projet. Alain Szklarczyk, proviseur du lycée Lautréamont de Tarbes, a lui aussi montré tout son enthousiasme pour ces Journées du Patrimoine en organisant le cocktail d’inauguration de l’exposition.

L’exposition a également bénéficié du soutien actif de l’Association des Anciens Elèves du lycée et de la Fédération des Œuvres Laïques des Hautes-Pyrénées.

La Ville de Tarbes a mis à la disposition du comité d’organisation tous ses supports de communication et deux documents exceptionnels conservés dans ses archives. Le Conseil Général des Hautes-Pyrénées et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées, par la générosité de leurs subventions, ont montré tout l’attachement qu’ils portent à l’action culturelle dans le département. Pierre Forgues, député des Hautes-Pyrénées, vice-président du Conseil régional et François Fortassin, sénateur des Hautes-Pyrénées, conseiller général, ont eu une action prépondérante dans l’aboutissement des différentes demandes du comité d’organisation.

La préparation matérielle et le déroulement des visites ont été pris en charge par le Groupe Patrimoine du lycée, animé par Pierre Mur, professeur. Merci à ses membres, professeurs et autres personnels du lycée, élèves et anciens élèves, qui ont pris bénévolement sur leurs loisirs pour assurer la logistique et l’accueil des visiteurs : H. Cazcarra, A.L. Cossat, J. Courrèges, M. Duplaa, N. Ferreira, F. Foch, G. Fourcade, D. Galifier, A Grateau, E. Kenesi, A. Lasserre, J.M. Lefrançois, S. Martinez, I. Massol, S. Noyès, T. Sabathé, S. Sadou, M. Theulet, E. Tibola, D. Tuffnel, W. Tonus, F.Walther et P. Wosniack

On doit à un bataillon de photographes bénévoles qui ont « couvert » les divers moments de ces journées la possibilité et plaisir d’en conserver une mémoire abondamment illustrée : Véronique Desbrières, Bruno Farat, Gaston Fourcade, Hélène Guilhembet, Catherine Lamarque, Pierre Mur et Jean-Marc Soulé.

Pierre Mur, aidé des conseils éclairés de Patrick Guilhembet, a assuré la rédaction et l’illustration de ce compte rendu pour le site internet du lycée. Le travail de publication en ligne a été réalisé par Jean Marc Soulé.


Pour les personnes intéressées par un compte rendu détaillé de l’exposition, quatre parcours sont proposés (Les pages sont en cours de publication et seront visibles sous peu) :

    • Les différentes manifestations
        • Les Journées Européennes du Patrimoine au lycée les 19, 20 et 21 septembre 2008 : les conférences sur Lautréamont, l’inauguration de l’exposition Lautréamont, l’inauguration de la nouvelle présentation de l’exposition permanente sur l’histoire du lycée et le week-end de visite.
        • La réouverture exceptionnelle de l’exposition Lautréamont au lycée, les 17, 18 et 19 octobre 2008 et la présentation par Eric Nicolas, l’un des organisateurs de l’exposition, de son roman : "Un amour de Jules Laforgue"
        • La présentation de l’exposition à la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris, le 24 novembre 2008, à l’occasion de la publication par Jean-Jacques Lefrère, l’un des organisateurs de l’exposition, de son ouvrage "Lautréamont", aux éditions Flammarion.


A noter qu’en octobre 2009, l’essentiel de l’exposition sera présentée à nouveau, cette fois-ci au lycée Lautréamont de Tarbes, qui a été un des partenaires actifs du lycée Théophile Gautier pour les manifestations de septembre 2008.