ACADEMIE DE TOULOUSE
RECTORAT
COMPTE
RENDU DU CONSEIL ACADEMIQUE
POUR L’ENSEIGNEMENT DE L’OCCITAN
Lundi 16 juin 2003 de 14h 30 à
17 h - Salle du Conseil au Rectorat de Toulouse
Il rappelle :
-
La définition et le rôle du
CAEOC, « structure de concertation et de suivi » de
l’enseignement de la langue et de la culture occitanes. Ce conseil consultatif
qui est fondé sur une série de textes nationaux et rectoraux existe dans notre
académie depuis 1990. Pour cette session la composition a été revue
conformément au décret N° 2001- 733
Il est composé de 3
collèges qui comportent chacun un nombre égal de membres
·
Le collège des représentants de l’administration,
·
Le collège des représentants des établissements scolaires, en fait des personnels enseignants, et des associations de parents d’élèves
·
Le collège des parents d’élèves
des collectivités territoriales et des mouvements associatifs « ayant
pour objet la promotion de la langue et de la culture régionales »
-
l’ordre du jour de ce CAEOC
-
Rappel des principaux axes du programme académique de développement de
l’enseignement de la langue et de la culture occitanes
-
Situation de l’enseignement de l’occitan dans l’académie de Toulouse
-
La formation des enseignants
-
La création de matériel pédagogique
-
Le volet occitan du contrat de plan Etat-Région
-
L’articulation de l’enseignement de l’occitan et de l’enseignement des
langues étrangères dans le cadre de la politique académique des langues
Depuis la rentrée 1999 le
rectorat met en œuvre le « programme à
moyen terme de développement de l'enseignement de la langue et de la culture
occitanes » défini par la circulaire rectorale du 3 mai 1999 pour la
période 1999-2006. Ce programme a été, pour la période 2000-2003 intégré au projet d’académie. L’occitan fait partie des points contractualisés avec le Ministère.
Ce
programme de développement s’inscrit dans le cadre des orientations pour
l’enseignement des langues régionales définies au niveau national depuis
plusieurs années dans le cadre d’une continuité républicaine remarquable. Il « a pour finalité de contribuer à
la transmission de la langue et de la culture occitanes en élargissant l'offre
et la qualité de leur enseignement afin qu'un nombre plus important d'élèves
puisse bénéficier de leur apport éducatif » .
Il
vise quatre objectifs:
-
donner aux élèves une conscience claire de la langue et de la culture
occitanes pour contribuer à la formation de citoyens appelés à respecter et
gérer un patrimoine commun…
-
leur permettre, quelle que soit leur origine, de découvrir ou
approfondir la langue et la culture historiques du territoire où ils vivent
pour mieux le connaître, s'y intégrer et contribuer à son développement,
-
offrir à un plus grand nombre la possibilité d'apprendre la langue
occitane,
-
faire comprendre, les parentés linguistiques et culturelles au sein du
monde latin et contribuer à l'éducation européenne des élèves.
Globalement
les effectifs d’élèves bénéficiant sous des formes et à des degrés divers d’un enseignement de l’occitan ainsi
que le nombre d’établissements proposant cet enseignement ont progressé grâce à
la mise en œuvre du programme académique de développement de l’enseignement de
l’occitan. Les évolutions varient selon les niveaux, les formes d’enseignement
et les départements
·
L’
enseignement de sensibilisation et
d’initiation
à la langue et à la culture occitanes qui concerne 25000 élèves environ est difficile à mesurer
précisément car il recouvre des réalités variables et la collecte des données a
été perturbée.
L’information-sensibilisation qui est une découverte de la langue et de la culture
occitanes, est assurée par une intégration de connaissances élémentaires sur la
langue et la culture occitanes dans les champs disciplinaires concernés et par
l’apprentissage et l’utilisation d’éléments linguistiques et culturels dans les
activités de la classe.
L’organisation progressive
d'une information minimale sur la langue et la culture occitanes pour tous les
élèves est prévue par le programme. Des documents sont en cours de réalisation
pour permettre partout cette
sensibilisation. Dès la parution de « Chercheurs d’Oc » un programme
pédagogique d’information sensibilisation sera lancé en direction des
établissements scolaires qui seront tous destinataires de la video et du
document d’accompagnement.
·
Par contre l'enseignement
d'initiation ( apprentissage de la langue à raison de
une à trois heures) recule en raison de l’insuffisance d’enseignants compétents ( la vieille
garde prend la retraite) et de problèmes d’articulation avec l’enseignement des
langues étrangères qui se substitue souvent à celui de la langue occitane au
cycle 3 ou le réduit à une simple sensibilisation. On note cependant des
avancées significatives dans les départements des Hautes-Pyrénées et du Tarn et
Garonne où les collectivités territoriales ( département
et communes) contribuent à la prise en charge d’intervenants.
Des modalités d’association
langue étrangère-langue régionale qui fonctionnent bien par endroits pourront être recommandées partout.
·
L’enseignement bilingue
français-occitan
EVOLUTION DES EFFECTIFS DES SECTIONS BILINGUES FRANCAIS-OCCITAN
DANS LES ECOLES MATERNELLES ET ELEMENTAIRES PUBLIQUES DE L’ACADEMIE DE TOULOUSE
|
|
95/96 |
96/97 |
97/98 |
98/99 |
99/00 |
00/01 |
00/02 |
02/03 |
|
Aveyron |
173 |
221 |
256 |
296 |
296 |
313 |
367 |
343 |
|
Haute-Garonne |
- |
20 |
44 |
40 |
44 |
28 |
34 |
58 |
|
Hautes-Pyrénées |
- |
27 |
25 |
28 |
30 |
31 |
51 |
60 |
|
Lot |
- |
- |
- |
- |
45 |
57 |
100 |
119 |
|
Tarn |
163 |
193 |
181 |
202 |
226 |
259 |
275 |
302 |
|
Tarn et Garonne |
80 |
101 |
112 |
126 |
153 |
152 |
193 |
199 |
|
Académie |
416 |
552 |
618 |
686 |
794 |
840 |
1020 |
1081 |
-
l’enseignement bilingue public à parité horaire est proposé sur 17
sites dans 6 départements. Cette année 1081 élèves en bénéficient alors qu’ils
n’étaient que 840 en 2000-2001. Deux nouveaux sites ont été ouverts à la
rentrée 2002. La proportion des
familles qui le choisissent dans les écoles où il est proposé augmente ( 60% en moyenne) ce qui prouve son intérêt. Ses résultats
pédagogiques sont très encourageants. Contrairement à ce qui se dit parfois une
étude a montré que les bons résultats de l’enseignement bilingue n’était pas
lié aux choix de parents privilégiés.
La
répartition des catégories socio-professionnelles des parents qui ont choisi
l’enseignement bilingue est variable selon les sites mais en moyenne, sur l’académie, tout à fait
comparable à celle de ceux qui ne l’ont pas choisi. La circulaire rectorale du
10 janvier 2000 à précisé « le cadre pédagogique
de référence pour le développement de l’enseignement bilingue français-occitan
dans le premier degré » et le ministère considère que c’est le
« vecteur privilégié de l’enseignement des langues régionales »
Les
« calandretas », écoles associatives d’« immersion », scolarisent 530 élèves sur 10 sites.
Les
décisions du Conseil d’Etat ( 28 novembre 2002) qui
ont annulé les arrêtés et circulaires mettant en place un enseignement bilingue
par « immersion » ont fait naître des interprétations erronées, et
réveillé de vieilles peurs. Précisons cependant que le Conseil d’Etat indiquait
qu’il n’entendait « nullement contester la nécessité de sauvegarder
le patrimoine que constituent les langues régionales ni encore moins s’ériger
en juge des méthodes pédagogiques » Il indiquait même « Là où il
faudrait sans doute une loi, un arrêté et une circulaire du ministre ne
suffisent pas ».Madame la Rectrice, dans ce contexte a du signifier à plusieurs
associations la légitimité e l’utilité
de l’enseignement bilingue a parité horaire. le
Ministère pour lever toute ambiguïté a d’abord rappelé la légalité de cet
enseignement. L’arrêté du 12 mai 2003 publié au JO du 24 mai 2003 est venu préciser le cadre de l’enseignement bilingue
à parité horaire en tenant compte des remarques du Conseil d’Etat.
Dans la réalité des pratiques cela ne fait que
confirmer ce qui se fait déjà, notamment dans l’académie de Toulouse La
répartition des disciplines est prévue par la circulaire rectorale et la part du français dépasse de fait les
50% car aucune discipline n’est
enseignée exclusivement en langue régionale.
Les enseignants s’assurent en
effet que les concepts enseignés en occitan sont bien reformulables en
français.
Ils travaillent aussi pendant les enseignements en
langue régionale sur la comparaison entre le français et l’occitan pour
développer les compétences métalinguistiques, la maîtrise du français et du
langage en général qui bénéficie de ses comparaisons et de la pédagogie
bilingue. ( Les
évaluations officielles, en CE2 par exemple,
se font en français).Des recommandations académiques vont être
préparées, en liaison avec les autres académies et l’inspection générale pour
rassurer les enseignants des sites bilingues et faciliter leur travail. Madame
la Rectrice a d’ailleurs à plusieurs reprises tenu à indiquer sa reconnaissant
envers les équipes éducatives qui, par leur dynamisme, ont contribué à assurer
dans des conditions difficiles la création et le développement de
l’enseignement bilingue dans l’académie de Toulouse.
Pour l’enseignement par immersion la réflexion
continue au niveau national.
Dans l’académie de Toulouse l’intégration des écoles
associatives et laïques « calandretas » dans l’enseignement public
n’a jamais été et n’est pas à l’ordre du jour.
L’enseignement
bilingue à parité horaire, va donc pouvoir être relancé conformément aux
orientations ministérielles qui en font
« le vecteur privilégié de l’apprentissage des langues et cultures
régionales » et conformément aussi au programme académique
.
-
Le feuillet d’information est en cours d’actualisation.
-
Les études de faisabilité vont reprendre dès la rentrée. En Ariège
l’étude de faisabilité sera poursuivie dans le secteur de Foix et l’information
des écoles susceptibles de répondre à la demande parentale exprimée approfondie
conformément aux texte
2) Pour le secondaire l’objectif est de
développer et diversifier les formes d’enseignement .
|
|
1998-1999 |
1999-2000 |
2000-2001 |
2001-2002 |
2002-2003 |
|||||
|
|
Effectifs |
Nbre. Etablis. |
Effectifs |
Nbre. Etablis. |
Effectifs |
Nbre. Etablis |
Effectifs |
Nbre. Etablis |
Effectifs |
Nbre. Etablis |
|
ARIEGE |
437 |
11 |
543 |
13 |
624 |
13 |
896 |
13 |
908 |
14 |
|
AVEYRON |
1229 |
29 |
1126 |
29 |
1186 |
30 |
1450 |
32 |
1397 |
32 |
|
HAUTE-GARONNE |
1050 |
31 |
1515 |
31 |
1644 |
32 |
1879 |
32 |
1920 |
35 |
|
GERS |
414 |
9 |
439 |
9 |
453 |
10 |
581 |
10 |
584 |
10 |
|
LOT |
450 |
13 |
562 |
14 |
647 |
15 |
717 |
19 |
602 |
19 |
|
HAUTES-PYRENEES |
1556 |
27 |
2227 |
28 |
2424 |
28 |
2407 |
27 |
2421 |
28 |
|
TARN |
605 |
20 |
714 |
21 |
1054 |
23 |
1241 |
23 |
1419 |
26 |
|
TARN ET GARONNE |
581 |
11 |
824 |
14 |
731 |
14 |
651 |
16 |
792 |
15 |
|
ACADEMIE |
6322 |
151 |
7950 |
159 |
8763 |
165 |
9822 |
172 |
10043 |
179 |
A ce niveau on constate :
L’augmentation du nombre d'établissements proposant,
à des degrés et sous des formes diverses, l'enseignement de l'occitan : il
est passé en deux ans de 165 à 179
établissements.
L’augmentation du nombre
d’élèves bénéficiant d’un enseignement de la langue et de la culture occitanes.
Il est passé de 8763 à 10043 en deux ans. Cette progression globale qui s’est
ralentie cette année est le fait des collèges tandis qu’on remarque une
stagnation en lycée
-
en 2000-2001, 7639 élèves en
collège et 1124 en lycée
-
en 2002-2003, 8903 élèves en collège et 1140 en lycée
La prise en compte de la
langue et de la culture occitanes dans les disciplines concernées : des
stages et des recherche formation ont été organisés pour cela dans des domaines
tels quel’ histoire-géographie, la
littérature, la musique, ….des TPE ont intégré la culture occitane. Le
développement des parcours « romans» et
« latins» : une trentaine de
travaillent dans ce sens.
Beaucoup de collèges ont aussi intégré la culture occitane non seulement
dans des itinéraires de découverte
portant sur le patrimoine, l’environnement, la musique, les langues…mais aussi
dans les classes à PAC ( projet
artistique et culturel)
Mme la
Rectrice rappelle
que
-
l’académie de Toulouse mène une politique soutenue et volontariste en
matière d’enseignement de l’occitan.
-
toutes les modalités d’enseignement ont des apports très positifs.
-
les données chiffrées montrent la progression.
En ce qui concerne l’enseignement bilingue à parité
horaire Mme la Rectrice précise que
-
l’arrêt du Conseil d’Etat avait souvent
été mal interprété ce qui avait entraîné des rumeurs infondées et erronées
-
les dispositions du nouvel
arrêté du MEN qui vient d’être publié ne posent pas de problème. Elles
explicitent des pratiques déjà en usage pour l’enseignement bilingue dans notre
académie.
-
l’implantation de nouveaux sites est très difficile et nécessite peut
être de réserver 1 ou 2 emplois de la dotation académique pour aider au
démarrage.
L’enseignement de l’occitan continuera d’être
soutenu et promu. Sa place, l’articulation avec les autres enseignements de
langue vont être clairement indiqués dans un document de synthèse sur
l’enseignement des langues vivantes étrangères et régionales destiné aux IA,
aux IEN et aux chefs d’établissements (Cf. dernier point de l’ordre du jour).
M. Mercadier rappelle que Améliorer le recrutement et la formation initiale et continue
des enseignants est un des objectifs et des moyens essentiels du programme.
Cette mesure décisive est mise en œuvre en
concertation avec l’UTM et l’IUFM. Le Rectorat a encouragé la création de
postes à l’Université et à l’IUFM. Il met à la disposition de l’antenne d’Albi
un chargé de cours et les maîtres-formateurs interviennent à l’IUFM dans le
cadre de leur service.
Le Rectorat a organisé l’ouverture du concours
spécial de recrutement de professeur des écoles de et en langue régionale avec
10 postes ( session 2002 et 2003).
Ce concours
-
permet non seulement de répondre aux besoins de l’enseignement bilingue
qui sans cela ne pourraient plus être couverts mais aussi de compenser
partiellement les départs à la retraite d’enseignants compétents en occitan qui
assurent l’initiation.
-
valorise l’ensemble des études d’occitan par les perspectives
professionnelles qu’il offre.
Le vivier de ce concours est encore insuffisant et
il faut se demander comment l’améliorer.
En ce qui concerne la formation des PE1 ( professeurs des écoles) dans les antennes départementales
le Rectorat et l’IUFM sont en train de mettre en place de concert un dispositif
qui va permettre de proposer une offre
d’enseignement partout.
M. Patric
Sauzet, professeur
d’occitan à l’Université de Toulouse le Mirail et président du jury du CAPES
d’occitan présente la situation et les perspectives de l’enseignement de
l’occitan à l’Université
Deux possibilités pour les étudiants qui veulent
faire de l’occitan à l’université :
-
options dans d’autres cursus spécialisés
-
spécialité occitan ( Deug, licence, maîtrise,
thèse )
Il y a en tout 200 inscrits environ dont 58 avec le SED ( Service d’enseignement à distance ) et 20 en licence.
Pour la préparation au CAPES, l’UTM travaille en
collaboration avec l’IUFM.
Il considère qu’il est nécessaire d’attirer plus
d’étudiants et souhaite la création d’un nouveau poste à l’université pour ne
pas être obligé « de traiter spécialistes et non spécialistes
ensemble ». Il reconnaît que l’enseignement de l’occitan intégré à l’UFR
de Lettres modernes manque de visibilité.
Pour le CAPES il indique que
-
cette année il n’y a eu que 13 postes au lieu de 17 l’an passé. Il
regrette que le Ministère n’est pas encore accepté la
liste complémentaire qui aurait pu compenser la perte incompréhensible de
postes au concours.
-
l’occitan est la seule LR dont le nombre de postes ait diminué bien
qu’elle soit la plus mal dotée en valeur relative
-
le Ministère répond que « la demande » est insuffisante.
-
une réflexion sur l’évaluation des besoins lui paraît souhaitable
Enfin en ce qui concerne la recherche il souligne
l’importance de la développer en liaison avec le CNRS.
M. Philippe
Carbonne,
professeur honoraire de l’Université du Mirail et représentant de l’IEO au
CAEOC propose
-
la création de licences professionnelles bi-disciplinaires pour la
préparation du CRPE,
-
un renforcement de l’enseignement de la langue à l’UTM
-
la mise en place d’une formation en occitan à l’Université Paul Sabatié
pour ceux qui se destinent au concours
de professeur des écoles.
IV- Débat
M. Franc
Bardou, représentant du Félibrige, regrette le manque
de moyens dans le secondaire et
cite des exemples d’établissements
proposant un horaire insuffisant.
M. Mercadier fait remarquer que le
contingent académique réservé à l’enseignement de l’occitan a progressé ces
dernières années mais que beaucoup
d’établissements qui demandent des moyens du contingent ne mettent
aucun moyen de leur propre dotation.
Il rappelle que des regroupements de classe et/ou de niveaux se
pratiquent aussi dans d’autres langues. Il y a eu des recommandations pour
toutes les langues dans ce sens et les regroupements permettent d’éviter des
suppressions.
M. Alain
Raynal,
président du CREO,
-
rappelle l’engagement de l’Etat et de la politique rectorale de contribuer
à la transmission du patrimoine occitan
-
indique le soutien du CREO à cette politique
-
estime que le dynamisme du début du programme s’est émoussé à cause de
la conjugaison de trois freins : les blocages de certains personnels , la médiocre articulation entre langue étrangère et langue régionale et le manque de
moyens.
-
demande la généralisation progressive de l’offre et le nombre de postes
demandés cette année.
-
regrette la concurrence entre langues rares dans certains
établissement, le mépris de l’occitan affiché par certains
chefs d’établissement et les conditions
difficiles de travail des certifiés d’occitan.
Mme la
Rectrice précise que la généralisation de l’offre
n’est pas actuellement possible, que les
efforts seront poursuivis et que le collège est le niveau pivot pour la
continuité et la diversification des langues.
M. Mercadier reconnaît les difficultés du
travail des certifiés d’occitan dont
beaucoup travaillent sur plusieurs établissements parfois très distants. Il
leur rend hommage et informe de l’arrivée de 6 nouveaux certifiés
d’occitan dont il rappelle qu’ils sont bivalents. L’augmentation progressive du
nombre de certifiés d’occitan va permettre d’améliorer le service des
professeurs d’occitan en confiant à un plus grand nombre d’entre eux l’enseignement de leur option ce qui diminue
les déplacement, facilite leur intégration dans les établissements et permet de
pourvoir des BMP dans leurs disciplines
d’option qui le seraient parfois difficilement autrement.
M. Raynal pour le CREO revient sur la volonté de transmission des textes et les difficultés dans le primaire qui font que cette année un seul dossier de création de site bilingue a pu être monté( Monteils dans le Tarn et Garonne).Il fait ensuite un point sur quelques départements pour constater
-
l’absence d’enseignement bilingue dans le Gers,
-
les contrastes dans le Tarn entre le secteur de Castres où une
politique volontariste de l’administration a permis de
créer un nouveau site et le secteur d’Albi Carmaux où le renforcement de
l’enseignement existant n’a pas été encore
possible,
-
le faible équipement de la Haute-Garonne en sites bilingues,
-
l’amélioration récente du « climat » dans le Lot grâce aux
autorités académiques et à Madame la Rectrice qu’il remercie,
-
la difficulté de faire appliquer la politique ministérielle et
rectorale en Ariège.
M. Fourtanet
pour le CREO exprime
les attentes suivantes :
-
réaffirmation de la politique académique
-
arriver à l’objectif de 4 ou 5 nouveaux sites bilingues par an ( conforter les sites actuels et en créer de nouveaux)
-
s’appuyer sur les exemples positifs des Hautes-Pyrénées et du Tarn et
Garonne pour développer l’initiation en liaison avec les collectivités
territoriales.
M. Lelouch , IA du Tarn et Garonne, précise qu’il applique la
politique rectorale avec volontarisme mais « sans passion ni état d’âme »
M. Diego Gil,
IA adjoint de la Haute-Garonne, évoque le suivi à Saint Lys et certaines
difficultés ainsi que la nécessité
d’intégrer l’occitan dans la question plus large de l’enseignement des langues
et de la demande massive pour l’anglais.
Mme. Murièl
Batbie pour l’association OC-BI revient sur la demande de 42 familles pour
l’enseignement bilingue à Foix , la difficulté de
trouver une école avec l’accord de l’IA
et de la mairie et demande si une carte scolaire spécifique et le contrat de
plan comme en Bretagne ne sont pas de pistes.
Mme la
Rectrice
redit que l’étude de faisabilité pour
trouver une école sera poursuivie en liaison avec la municipalité. Par contre
elle ne souhaite pas de lieu spécialisé et rappelle que l’Etat demeure le seul responsable des
postes.
Mme
Benoit-Marquié pour la FCPE souhaite le développement de l’enseignement de
l’occitan et considère que « le tout anglais ne vient pas des
parents »
Son intervention est suivie d’un échange sur les
difficultés de la diversification.
M. Norbert
Biscons IPR d’allemand, coordonnateur académique des langues, annonce qu’une
campagne va être lancée pour faciliter
la diversification.
Madame Eliette
Lannes , représentante de M. L’IA du
Gers indique que l’ouverture d’un site bilingue devrait être possible à la
rentrée 2004 dans ce département.
M. Guilhèm de
Colonges, Secrétaire Général de l’IA 12, représentant de
M. l’Inspecteur d’Académie, fait le point sur ce département. Il précise
l’apport en postes à l’enseignement bilingue, s’interroge sur les
modalités d’une relance et annonce un
intéressant projet prenant en compte la culture occitane en relation avec les
collectivités territoriales.
M. Philippe
Giroussens,
CPD en occitan représentant de M. l’IA du Tarn fait le point sur ce département :
4 sites bilingues qui chacun concernent plus de 50% des familles concernées,
réussite du nouveau site de Castres, difficultés pour conforter les autres
sites.
M. JL Lavit, CPD en occitan
représentant de M. l’IA des Hautes Pyrénées présente la situation dans ce
département et notamment
-
le dispositif d’intervenants qui, sous la responsabilité de l’EN et
avec l’aide des collectivités territoriales, permet un véritable enseignement
structuré pour 1900 élèves
-
l’enseignement de certaines disciplines en occitan aux cycles 1 et 2
qui facilite ensuite le suivi et l’articulation LVE et LR au cycle 3.
M. Bernard
Dubarry,
chargé de mission, représentant du Conseil Général des Hautes Pyrénées, revient
sur la réussite du partenariat avec
l’EN. Il précise que toutes les demandes
ne peuvent encore être satisfaites et que son département souhaite le
développement de l’enseignement bilingue public.
M. Anne Marie
Vidal, CPD
en occitan, représentante de Mme L’IA du Lot évoque
-
les difficultés de l’enseignement bilingue mais se réjouit des
déblocages dans ce domaine ( accord pour la zone de
recrutement du secteur d’Assier),
-
la nécessité d’améliorer l’articulation avec les LE pour maintenir
l’initiation en occitan
-
des perspectives en liaison avec les collectivités territoriales.
M. Italo
Scaravetti,
représentant de L’IUFM revient sur la formation des enseignants.
Pour les professeurs des écoles il regrette la
disparition de l’option facultative au concours du CRPE qui intéressait près de
80 candidats et la difficulté d’information des étudiants qui hésitent à
choisir le concours spécial de et en langue régionale. La formation des PE2 du
concours spécial a été pour la première année particulièrement difficile à
mettre en place.
Pour les professeurs du secondaire ( 10 à 12 candidats préparent le CAPES à l’IUFM) il souhaite
d’une part la création d’une agrégation
pour permettre leur promotion normale et d’autre des possibilités de titularisation plus
grande.
De l’échange qui suit il ressort la demande
-
d’une formation à l’occitan dans chaque antenne IUFM (
dont le principe est acquis),
-
de la création de l’agrégation ( M. Sauzet
précise qu’il existe un projet d’agrégation « langues régionales)
-
de la création de plus de postes bivalents avec l’occitan.
M. Alèm Surre-Garcia, chargé de la langue et de
la culture occitanes à la Région, présente le bilan côté région
Le
CPER apporte son concours au CROM avec 107 000 euros par an via la DCAV de la
Région ( Direction de la culture et de l’audiovisuel)
et à l’enseignement via la DES de la
Région ( Direction de l’Enseignement) pour 76000 euros par an
Quelques
activités du CROM :
- journée toponymie et aménagement du
territoire
-
co-production de « Chercheurs d’oc » pour l’information
sensibilisation
-
livres pour l’enseignement bilingue ( mathématiques,
géograophie )
-
plaquettes d’information ( lycées,
bilinguisme..)
-
diffusion de cassettes vidéo aux établissements scolaires
La
DES dans le cadre de l’opération en direction des lycées « 100 projets
pour votre avenir » soutient les
projets des lycées en matière d’occitan ( 28000
euros). Elle aide, via différents porteurs de projets, à la création et à diffusion de matériel
pédagogique ( manuel de SVT, manuel pour les lycées en
cours d’édition, documents en occitan pour les cours d’histoire, projet
d’histoire de la France d’oc, doublages de film, ….)
M. Alain Fauconnier,
conseiller régional, représentant du Président Malvy, précise que la Région va aider aussi
dans le cadre du CPER à la formation en occitan des animateurs territoriaux.
M. Mercadier donne l’utilisation de la
part Etat des fonds du CPER qui passent
par le Rectorat
-
Pour le primaire 30000 euros par an sont repartis entre les
départements et gérés par les équipes d’animation ( matériel
pédagogique, actions culturelle, intervenants..)
-
Pour le secondaire les moyens disponibles (45000 euros) sont à présent
réservés au soutien des projets d’établissement qui prennent en compte la
culture occitane.
VI- Le matériel pédagogique
C’est
une mesure d’accompagnement importante à laquelle participent de nombreux
partenaires (le CRDP, les collectivités territoriales, les associations telles
que la Talvera, l’IEO..D’arts et d’oc, Le CROM…La DRAC ). Les initiatives sont multiples.
M. Marc
Blanchet, IA, Directeur du CRDP souligne la collaboration précieuse de Mme Anne
Marie Parpet et de M. Serge Carles pour
la production de matériel et l’action cultuelle. La coordination des productions occitanes,
notamment avec l’académie de Bordeaux, sera assurée par le Directeur du CDDP de
Tarbes.
La production de ressources pédagogiques pour la
transmission de la culture occitane est
une des priorités du CRDP. Un catalogue des titres parus et à paraître,
préparé par le CRDP, est annexé au compte rendu.
Les CRDP du domaine d’oc seront présents à
l’Université d’été d’Hourtin avec leurs productions régionales.
Mme Simone
Anglade,
vice présidente du Consei Général de l’Aveyron, se réjouit de la politique
académique en faveur de l’occitan et présente le soutien du Conseil Général de
l’Aveyron à son enseignement
-
coproduction théâtrales et organisation de tournées et animations pour
les établissements scolaires,
-
opération de collectage participatif « Al canton » ( prononcer « Al
cantou ») dont le fond sera mis à disposition des classe
-
projet d’interventions régulière dans les
classes.
Elle propose que soit envisagée une convention tripartite Conseil Général,
Education Nationale municipalités pour développer l’enseignement de l’occitan.
M. Yvon Hamon,
représentant de la Direction Régionale
des Affaires Culturelles, signale le soutien de la DRAC à
des structures qui contribuent à l’animation de l’enseignement de l’occitan ( Talvera, Conservatoire occitan )
VII- l’articulation de l’enseignement de l’occitan
et de l’enseignement des langues étrangères dans le cadre de la politique
académique des langues
Elle existe déjà par endroits comme on a pu le voir
mais il convient de l’améliorer.
La réflexion peut s’appuyer sur les pratiques
actuelles et sur les textes académiques et nationaux qui l’encouragent.
Mme la Rectrice
annonce la
parution pour la rentrée d’un document unique concernant toutes les
langues pour encourager la
diversification des langues et rappelle l’existence de « la carte des
langues » qui présente un bilan et trace des perspectives.
Mme la Rectrice, M. Mercadier
et M. Biscons présentent les grands principes et les
modalités essentielles qui figureront dans ce document qui est en cours
d’affinage :
-
un des principes essentiels de la politique linguistique académique est
la diversification et la continuité et un document incluant l’occitan va être
diffusé pour améliorer l’information
-
l’occitan a un statut particulier en tant que langue vivante,
patrimoniale de France.
-
Il est important de percevoir et mettre
en œuvre la complémentarité entre langue étrangère et langue régionale.
L’occitan peut donc être enseigné comme
langue vivante où en sus de l’enseignement d’autres langues vivantes.
-
l’enseignement de l’occitan doit mieux apparaître sur la carte des
langues qui comporte des « trous » pour certaines formes d’enseignement .
-
les cursus attractifs seront encouragés ( classes
bilingues, parcours romans, classes bi-langues avec l’occitan, classes
européennes avec l’occitan )
-
les différentes possibilités d’articulation seront réaffirmées et
encouragées.
-
le matériel qui va être disponible ( Chercheurs
d’oc, 50 activités..) va permettre de généraliser la sensibilisation
-
en primaire, au cycle 3,
l’enseignement d’une langue vivante autre que le français se fait à
raison de deux séances de 45 minutes par semaine avec en plus 30 minutes de
réinvestissement. Cette langue peut être l’occitan mais la langue et la culture
occitanes peuvent être aussi associées à l’enseignement de la langue étrangère
notamment dans le cadre de la demi-heure de réinvestissement et d’ autres disciplines concernées.
-
au collège les sections bi-langues, lorsqu’elle
pourront être mises en place
seront le « levier de la diversification »
-
dans les sixièmes bi-langues ( 2 fois 3
heures) l’occitan pourra être une des deux langues, éventuellement intégré dans
un parcours roman ou option complémentaire à raison d’une heure. Des
expérimentations seront conduites dans ce sens.
Le document sur les langues en cours d’achèvement
et la « lettre de liaison »
pour les enseignants d’occitan serviront
bien à réaffirmer et relancer, dans le cadre de la politique académique des
langues, le programme académique de développement de l’enseignement de la
langue et de la culture occitanes .
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Madame la
Rectrice
remercie les membres du CAEOC pour leur participation et lève la séance.
PJ :
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fiche des présents et des excusés,
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titres parus et à paraître au CRDP en matière de langue et culture
occitanes.