Conférence des présidents des associations de professeurs spécialistes

Les associations de professeurs, membres de la Conférence des Présidents des associations de professeurs spécialistes entendent préciser leurs positions sur le recrutement des professeurs du second degré.

L'excellence disciplinaire, qui doit être le caractère essentiel et distinctif de l'enseignement public, réclame le recrutement de professeurs compétents, dotés d'un haut niveau scientifique. C'est pourquoi il nous paraît essentiel de les recruter par concours nationaux qui évaluent le niveau disciplinaire des candidats Les concours sont seuls à même d'assurer l'égalité des candidats et l'impartialité du recrutement. Le recours à des personnels auxiliaires (contractuels et vacataires) doit redevenir exceptionnel. Nous estimons également que la spécificité des concours doit être préservée, notamment celle du CAPLP.

De même que l'institution scolaire relève en France de l'Etat, ces concours doivent être nationaux : c'est là un gage d'homogénéité du recrutement donc de la valeur de l'enseignement dispensé sur tout le territoire de la République. Enfin les concours doivent évaluer les connaissances universitaires des candidats : celles-ci sont en effet le fondement irremplaçable d'un enseignement de qualité. Quant à la formation pédagogique, elle doit essentiellement s'acquérir sur le terrain, au cours de stages dans les classes de collègues expérimentés, avec lesquels seront analysées les pratiques d'enseignement. Nous ne nions pas la nécessité d'une réflexion distanciée sur les pédagogies utilisées à condition qu'elle ne s'égare pas dans des excès maintes fois dénoncés et qu'elle évite certaines graves dérives constatées dans des IUFM, telles que :

-         formation sans aucun rapport avec l'enseignement qu'auront à donner les professeurs;

-         formation théorique simpliste imposant une seule façon d'enseigner et méconnaissant la diversité des cas concrets réels;

-         évaluation des compétences disciplinaires par des jurys ne comportant aucun spécialiste de la discipline.

Nous nous inquiétons aussi de la dérive que nous observons ces derniers temps : recrutement massif de contractuels et de vacataires, tandis qu'une chute sans précédent affecte le nombre de postes mis au concours, appel à des intervenants extérieurs, certification folklorique dans des disciplines constituant pourtant des spécialités au baccalauréat.

Nous émettons enfin de vives réserves sur la qualité de certains enseignements dispensés dans quelques IUFM en première année et sur leur pertinence en deuxième année ; nous nous opposerions à toute réforme des concours, qui, de façon directe ou détournée, par exemple en avançant inconsidérément les dates des épreuves écrites, reviendrait à diminuer le poids des connaissances universitaires dans l'évaluation des candidats.