La consultation sur le programme de philosophie (2003).
Lettre de l'IA-IPR Jacques Doly
Le texte du programme
La lettre du GEPS et le schéma
de questionnaire
Synthèse de la consultation
des professeurs de philosophie sur le projet de programme pour les séries
générales (mars 2003; synthèse diffusée le
1er mai 2003)
Les textes définitifs
La consultation va débuter dans l'Académie.
Les professeurs (enseignement public et enseignement privé sous
contrat, lycées d'enseignement général et technologique)
vont recevoir de leurs chefs d'établissement le texte du programme
des séries générales, une lettre de présentation
du GEPS (Groupe d'experts pour les programmes scolaires) ainsi qu'un schéma
de questionnaire élaboré par la DESCO (Direction de l'enseignement
scolaire). Ils seront invités à se réunir par établissement
ou, si le nombre de professeurs est trop faible, par ville ou par bassin
de formation, afin d'étudier ensemble ce programme, d'en débattre
et de se prononcer. Au terme de ces échanges, un professeur peut
répondre individuellement si un désaccord persiste; dans
le cas où la réponse est collective il ne faut pas
oublier d'indiquer clairement le nombre de professeurs.
Les réponses devront être adressées
à mon nom (Jacques Doly-IA IPR de Philosophie), au plus tard, le
jeudi 13 mars 2003 au secrétariat des IA IPR, par courrier électronique
(ipr@ac-toulouse.fr)
ou, à défaut par courrier postal (Rectorat de l'Académie
Place St Jacques 31073 Toulouse cedex). Les réponses ainsi recueillies
seront dépouillées le 18 mars et une synthèse acdémique
sera adressée au Ministère.
ACADEMIE DE TOULOUSE
89 professeurs répartis sur 30 lycées -25 relèvent
de l’enseignement public pour seulement 5 lycées privés-
ont participé à la consultation, nombre supérieur
à celui de la consultation précédente (84 professeurs
en 2002). Cela prouve que, en dépit d’une lassitude et d’une interrogation
parfois exprimées sur le destin et l’efficacité de consultations
réitérées, l’intérêt des professeurs
demeure vif pour la nature du programme qu’ils auront à traiter
avec leurs élèves. La quasi totalité de ces réponses
sont collectives et ont été données à la suite
d’une réunion au cours de la quelle échanges et débats
ont permis de parvenir à un accord sur une position commune. 78
professeurs, soit une très large majorité, approuvent ce
projet : leur approbation est, parfois, qualifiée de totale, ils
se disent en plein accord et même, dans un établissement,
unanimement favorables ; le projet leur paraît tout à fait
ou parfaitement satisfaisant, voire très bon, et représente
une détermination suffisante du contenu du programme. Cette approbation
porte sur l’articulation générale du projet, mais c’est surtout
le texte de présentation et ce qu’il énonce des finalités
de l’enseignement philosophique qui, sans une seule exception, est apprécié
très positivement. 5 réponses seulement sont critiques et
contestent les choix qui ont présidé à l’élaboration
du projet : 3 souhaitent, qu’en plus des notions, soient spécifiés
des contenus d’enseignement, 2 ne se placent que du point de vue des épreuves
du baccalauréat et demandent que les candidats soient tous en possession
de la même culture philosophique. 2 réponses enfin formulent
des réserves parce qu’elles contestent la problématique de
la détermination, considérant que le programme de 1973 était
suffisamment déterminé, et 4 ne se prononcent pas directement
sur le projet, mais sur les conditions horaires de l’enseignement en TS
et sur la nouvelle formulation du troisième sujet du baccalauréat.
Les notions et leur distribution par champs
Dans l’ensemble, les professeurs se montrent très favorables
au programme de notions, ce programme est, par exemple, qualifié
de très satisfaisant par une équipe d’enseignants qui considère
la liste de notions comme cohérente et homogène dans chaque
série. Certains souhaitent, cependant, que le programme soit quelque
peu allégé en séries ES et, plus encore, en série
S.
Quant au détail des notions, on constate des réactions
tout à fait favorables à l’introduction ou la réintroduction
de la perception et autrui ; des réactions plus diverses, mais qui
restent dans l’ensemble favorables, à l’apparition, parmi les notions,
de la religion, de la matière et l’esprit et de l’interprétation.
Les professeurs d’un lycée se félicitent en particulier de
l’introduction de ces deux dernières notions, qui permettent à
leurs yeux de traiter des problématiques contemporaines.
Certains suggèrent des substitutions, préférant,
en série S, le devoir à la responsabilité et, plus
généralement, la connaissance du vivant à la notion
le vivant, les mathématiques et le réel ou la connaissance
scientifique à la démonstration. De nombreux professeurs
regrettent la disparition de notions comme la métaphysique ou les
passions.
La distribution des notions par champs soulève plusieurs interrogations
: les sujets de baccalauréat pourront-ils porter sur les notions
figurant dans la colonne de gauche ? Dans quelle mesure est-il possible
d’articuler une notion avec un champ autre que celui sous lequel elle est
ici rangée ? Ainsi, l’histoire appartenant au champ la société
et non au champ la connaissance et la raison, est-il possible de traiter
un sujet sur l’objectivité de la connaissance historique ? Mais
les professeurs se bornent, le plus souvent, à demander que soient
levées ces ambiguïtés, tout en approuvant la distribution
des notions, les enseignants d’un lycée se disent ainsi en plein
accord, sans restriction, avec cette distribution.
Les distinctions conceptuelles
Leur introduction est généralement approuvée
et jugée utile, en particulier du fait d’une attention portée
aux concepts. Les professeurs considèrent que c’est un bon compromis
entre la détermination du programme, dont le principe est accepté,
et la libre initiative philosophique et pédagogique requise pour
dispenser un enseignement digne de ce nom. Ces distinctions apparaissent
judicieuses, conformes à celles qui, déjà, servent
à élaborer un cours, et à même d’attester que
la philosophie n’est en rien arbitraire, puisqu’elle prend appui sur des
distinctions fondées en raison.
Relativement à leur liste, il est proposée de la
compléter en lui ajoutant des éléments du programme
de notions, interprétation/démonstration et matérialisme/idéalisme
à la place de matière et esprit, ou de nouveaux éléments
comme imaginer/concevoir ; et de pouvoir la réviser au vu de l’expérience
de l’enseignement.
Certaines critiques sont exprimées qui portent moins,
il est vrai, sur leur principe que sur le mauvais usage que l’on pourrait
en faire ou qu’elles pourraient paraître suggérer : que ces
distinctions soient tenues, de façon rigide et sans aucune reprise
réflexive, pour des passages obligés dans la correction de
tel ou tel sujet, que leur examen donne lieu à un formalisme lexical
vide de tout contenu philosophique et qu’elles induisent, ainsi, une sorte
de mécanisation du travail de la pensée.
Il faut enfin remarquer qu’un nombre important de professeurs
(37) expriment explicitement leur satisfaction de voir les questions d’approfondissement
disparaître définitivement du programme.
La liste des auteurs
Conformément aux deux consultations précédentes,
les professeurs, lorsqu’ils s’expriment sur ce sujet, approuvent cette
liste et aussi, par conséquent, le principe de son extension. 2
réponses, seulement, la trouvent trop longue et voudraient qu’elle
soit resserrée autour de quelques auteurs fondamentaux.
Les avis sont plus partagés sur l’usage des astérisques,
surtout en ES et S ou il est jugé trop contraignant, ainsi que sur
leur distribution : par exemple, deux professeurs demandent de supprimer
l’astérisque attribué à Wittgenstein au profit de
Bachelard, auteur jugé plus élémentaire en classe
terminale. Il est suggéré, une fois, d’introduire Canguilhem
dans la liste des auteurs.
L’explicitation des objectifs de la dissertation et de l’explication de texte, ainsi que les exercices qui y préparent les élèves
A l’exception des 5 professeurs qui jugent négativement l’ensemble du projet, on retrouve, à propos de cette explicitation, une approbation identique à celle de la finalité de l’enseignement philosophique, puisque c’est elle qui est à l’œuvre dans ces travaux philosophiques fondamentaux. Des professeurs vont jusqu’à exprimer un accord total et un avis très favorable sur cette partie du programme.
Sur l’opportunité et le contenu éventuel d’actions et de documents d’accompagnement
Peu de réponses sur ce point, mais il est vrai que c’est la troisième fois en trois ans que cette question est posée aux professeurs. De façon générale ils soulignent que des documents d’accompagnement ne sont pas nécessaires et expriment leur attachement à la formation continue. C’est dans son cadre qu’ils situent un éventuel travail sur le programme et ses nouveautés, notions ou auteurs.
Sur les modalités d’évaluation des élèves, notamment au baccalauréat
Même remarque que pour la question précédente, les professeurs répètent leur attachement au travail fait dans les commissions d’entente et d’harmonisation. Certains cependant disent avoir du mal à comprendre ce que la présentation du programme de notions en deux colonnes pourra avoir de prescriptible ou de non prescriptible pour l’élaboration des sujets du baccalauréat, tandis que d’autres expriment des réserves sur la pertinence de la nouvelle formulation du troisième sujet du baccalauréat.
Il faut enfin remarquer que 46 professeurs ont souhaité formuler
la demande expresse que l’horaire de quatre heures pour les élèves
de philosophie en terminale scientifique soit institutionnellement confirmé
par le Ministère.
Jacques DOLY
I. A. I.P.R.