Le bureau de la R.E.P. a adressé le 19 janvier 2003 aux ministres la demande d'un moratoire pour le programme de philosophie.
Les raisons pour lesquelles le programme en vigueur (Renaut) est philosophiquement
contesté et constitue une dénaturation de l'enseignement
de la philosophie sont suffisamment connues pour ne plus être ici
exposées (cf. critique programme Renaut de la R.E.P.).
Le projet de programme (Fichant) visant à remplacer le programme
en vigueur, soumis actuellement à la consultation des professeurs,
ne répond pas aux exigences d'un enseignement de qualité
de la philosophie (cf. analyse du projet par la R.E.P.). Un programme est
destiné à s'appliquer un certain nombre d'années et
ne doit pas être mis en œuvre pour de mauvaises raisons (politique,
lassitude, intérêt partisan). Fondamentalement, ce désastre
en matière de programme qui perdure depuis 13 ans n'est que la manifestation
de l'aspect pervers de la loi de 1989 (Jospin) qu'il est nécessaire
d'abroger afin que le savoir soit placé au centre du système
scolaire.
En conséquence, vu l'urgence de la situation et que l'abrogation
d'une loi d'orientation demande un certain temps, nous réclamons
un moratoire afin qu'un nouveau projet de programme pour la philosophie
dans le secondaire soit élaboré par un nouveau GEPS (celui
qui existe avait été composé pour créer un
programme des séries technologiques).
Nous pensons que la composition d'un GEPS doit procéder de la
compétence scientifique et de l'expérience et non pas des
diverses sensibilités. Nous proposons, par suite, que désormais
le GEPS soit constitué de professeurs du secondaire les plus scientifiquement
compétents, de professeurs des classes préparatoires qui
enseignent également dans le secondaire (ou qui y enseignaient encore
tout récemment) et des inspecteurs. Nous souhaitons que l'inspection
propose les meilleurs suivant des critères simples et objectifs
tels que la notation pédagogique et l'œuvre philosophique réalisée
pour qu'un véritable programme de philosophie élémentaire
soit élaboré.
L'élaboration des programmes de philosophie doit partir de la
position correcte du problème (situation existante) et non pas de
phantasmes (notation en philosophie 4 points plus basse que dans les autres
disciplines, injustice de la notation, sujets aléatoires, absence
de détermination etc…).
Cette demande n'a rien de commun avec celle qui vise à vouloir
créer des IREPH dont nous n'avons nullement besoin.