Attention: les colloques ou les journées d'étude qui durent 2 jours ou plus sont mentionnés seulement à la première date. Songez à vérifier, pour un jour opportun qui vous intéresse, dans la journée qui précède.
Semaine 14 (1 au 5), semaine 15 (6 au 12), semaine 16 (13 au 19), semaine 17 (20 au 26), semaine 18 (27 au 31)
--- Toulouse.
Les rendez-vous de la librairie Ombres Blanches.
Mercredi 1
--- Le cours et le séminaire de Jacques Bouveresse auront
lieu au Collège de France tous les mercredis du 7 janvier au 8 avril
2009 (sauf le 18 février). Cours : Dans le labyrinthe : nécessité,
contingence et liberté chez Leibniz (à 14 H). Séminaire
: Usages de Wittgenstein (à 16 H 30) Programme du séminaire.
- 7 janvier Jean-Jacques Rosat, Collège de France Le problème
des concepts phénoménaux et Wittgenstein.
- 14 janvier Valérie Aucouturier, Université Paris 1
& University of Kent Usages de l'analyse conceptuelle chez Anscombe
: l’exemple de “l'intention”.
- 21 janvier Maia Ponsonnet, Université Paris 8-Saint-Denis
L’anthropologie avec Wittgenstein, et vice versa.
- 28 janvier Jérôme Dokic, EHESS Le contexte de la certitude.
- 4 février Denis Perrin, Université Grenoble 2 Kripke
lecteur de Wittgenstein : le vague et l’usage.
- 11 février Aude Bandini, Collège de France De la théorie
de la proposition image à la sémantique picturale de Sellars.
- 25 février François Clementz, Université de
Provence (Aix-Marseille 1) Russell, Wittgenstein et la genèse de
l'atomisme logique.
- 4 mars Delphine Chapuis-Schmitz, IHPST (Paris) Analyticité
et vérité logique : Wittgenstein et Carnap.
- 11 mars Jean-François Laplénie, Université Paris
4 Wittgenstein chez Thomas Bernhard.
- 18 mars Gerhard Schmezer La croyance religieuse comme équilibrisme
: la philosophie de la religion dans le sillage de Wittgenstein.
- 25 mars Élise Marrou, Université Paris 10 et Université
Paris 1 “Le moment wittgenstein des anthropologues” : Veena Das, souffrance
et subjectivité.
- 1er avril Bruno Ambroise, CNRS (CURAPP-ESS, Amiens) Contextualisme
et anti-représentationnalisme : usages de Wittgenstein par Charles
Travis.
- 8 avril Ludovic Soutif, FAPESP/Université de São Paulo
(USP) Expliquer la portée normative pragmatique des états
intentionnels – L'utilisation de Wittgenstein par Brandom.
--- Programme annuel du séminaire "Produire
l'éthique: éthique, matérialisme et sciences (Séminaire
2008/2009). Séminaire organisé par Pascal Charbonnat, François
Pépin et Marc Silberstein, et accueilli par Michel Morange, au Centre
Cavaillès de l’École normale supérieure de Paris.
Les séances se déroulent le premier mercredi de chaque mois
(d’octobre à juin) au Centre Cavaillès (3e étage,
29 rue d’Ulm, 75005 Paris), de 18 h 00 à 20 h 00, entrée
libre dans la limite des places disponibles.
«Produire
l’éthique, c’est supposer qu’elle n’est pas donnée ni reçue,
mais constituée dans et par la vie et les activités humaines.
Le séminaire se propose d’interroger ces modes de production sous
l’angle de leurs liens avec les sciences. C’est en ce sens qu’un questionnement
matérialiste de l’éthique pourra être dégagé.
Cela suppose de reconsidérer une division classique entre le champ
scientifique et l’éthique, en discutant l’idée courante de
neutralité scientifique prise comme amoralité totale interdisant
même un usage ou une portée éthiques des concepts,
résultats et analyses scientifiques. Mais une forme de neutralité
sert aussi à constituer l’autonomie de la science à l’égard
des pressions et débats moraux, politiques et sociaux. Un enjeu
du séminaire sera donc d’examiner les usages, les effets et la portée
éthiques de concepts construits selon une logique scientifique,
qui, sans être pure de toute implication morale, n’a pas pour fonction
première de résoudre des problèmes éthiques.
L’intérêt d’un détour par la science pour penser la
production de l’éthique réside dans la possibilité
d’interroger précisément ses modes de constitution (biologiques,
sociaux, médicaux, psychologiques, etc.) contre les traditions du
commandement reçu ou senti dans l’intériorité d’une
conscience transcendantale. L’histoire des pensées matérialistes
suggère la pertinence d’une articulation entre l’effort d’émancipation
des sciences à l’égard des champs religieux et politique,
et la libération de l’éthique par un usage des savoirs scientifiques
pour penser une morale pleinement immanente. Cela permet d’interroger la
spécificité d’une morale matérialiste dans la culture
d’un rapport particulier aux sciences. Le séminaire se propose d’examiner
la production de l’éthique selon trois angles principaux. Les sciences,
notamment humaines et sociales, établissent-elles des faits éthiques
intéressant le projet moral ? La question est alors de savoir s’il
faut dissocier ou articuler le traitement scientifique, par exemple par
des tentatives de quantification, de concepts à portée éthique
comme le bien-être ou la normalité mentale, et le projet éthique.
Y a-t-il un usage pertinent de savoirs scientifiques pour justifier et
critiquer des normes éthiques ? Les normes font depuis longtemps
partie des objets d’études scientifiques. Mais l’invocation de concepts,
de faits et de théories scientifiques dans l’entreprise de justification
des normes éthiques semble un problème spécifique
qui demande d’interroger les fonctions de la norme comme objet d’étude
et comme enjeu moral. Enfin, se pose une question récapitulative:
peut-on entièrement naturaliser l’éthique ? Notons également
que 2009 sera l’année Darwin, en raison du bicentenaire de sa naissance
et du cent cinquantenaire de la parution de L’Origine des espèces.
Ce séminaire, en présentant plusieurs séances consacrées
à la vaste question de la naturalisation de l’éthique, de
l’éthique évolutionniste (ou évolutionnaire), etc.,
s’inscrit donc pleinement dans les initiatives liées à cette
commémoration, dont l’intérêt – il faut le souligner
– n’est pas uniquement historiographique. Insister sur les enjeux programmatiques
autant que moraux du darwinisme contemporain s’avère, en notre époque
de résurgences des créationnnismes, d’une cruciale nécessité.»
Calendrier
des séances
-
Mercredi
1er octobre 2008
Le matérialiste et l’éthique:
un nouvel espace de discussion depuis les Lumières. François
Pépin (professeur agrégé dans le secondaire, docteur
en philosophie). L’intérêt des philosophies matérialistes
pour les sciences en vue de penser l’éthique pourrait être
considéré comme aussi ancien que ces philosophies elles-mêmes.
Mais notre introduction insistera sur certaines leçons des Lumières.
En effet, un nouveau rapport entre sciences et éthique se noue autour
des matérialismes du XVIIIe siècle, susceptible d’éclairer
les débats ultérieurs. Plusieurs pensées tentent ainsi
de construire un espace théorique où l’éthique puisse
être discutée d’une nouvelle façon, Notamment contre
les dualismes âme/corps et les références à
la transcendance ou à une conscience posée en guide absolu.
Un double enjeu se dégage. D’une part, un effort est mené
pour constituer un espace théorique où l’éthique se
discute sans que la menace d’une accusation (religieuse, morale et juridique)
l’encadre par le rappel de principes posés comme absolus. Se tourner
vers les sciences permet alors de se donner des méthodes de réflexion
critique. D’autre part, la réduction des dualismes et l’évacuation
de la transcendance implique de penser l’articulation de plusieurs catégories:
le physique et le moral; la norme et le fait; l’organique, le social et
le politique. Les sciences de la nature sont alors convoquées avec
ce qu’on n’appelle pas encore les sciences humaines pour envisager la dimension
éthique de l’homme dans une perspective immanentiste. L’un des intérêts
majeurs de ces tentatives matérialistes du XVIIIe est que la réflexion
éthique ne s’appuie pas sur des sciences données, déjà
constituées par ailleurs, mais sur des sciences en train de se faire.
Mercredi
5 novembre 2008
Bioéthique
de la réciprocité. Dominique Lestel (philosophe et éthologue,
maître de conférences, ENS, Paris). Les bioéthiques
contemporaines sont généralement défensives et négatives,
en mettant en avant des impératifs proscriptifs. Nous pensons qu’il
est aujourd’hui plus fécond d’essayer de développer des bioéthiques
positives qui s’appuient sur des impératifs prescriptifs. Avec la
notion de bioéthique de la réciprocité, nous présentons
et discutons une telle bioéthique positive basée sur la réciprocité
des services et des dons entre hommes et autres animaux, une réciprocité
régulée par une transaction juste plutôt que sur un
évitement systématique de la souffrance.
Mercredi
3 décembre 2008
Développement
des connaissances en biologie et émergence de droits pour l’animal.
Georges Chapouthier (biologiste, directeur de recherches CNRS).
Longtemps le statut de l’animal dans la philosophie a oscillé entre
l’« animal-sorte d’humain », susceptible, par exemple, d’être
poursuivi en justice, et l’animal-objet. C’est cette dernière conception
qui a triomphé en Occident à partir du XVIIe siècle,
avec la thèse cartésienne de l’animal machine, poussée
à l’extrême par son disciple, Malebranche. A son origine,
la biologie, telle qu’elle est exposée par Claude Bernard, est clairement
post-cartésienne dans sa conception de l’animal. Mais le développement
même des connaissances en biologie a ensuite permis de montrer la
proximité étonnante de l’homme et de l’animal sur les plans
génétiques, biochimiques, physiologiques, et même comportementaux
et affectifs. La théorie de l’évolution est venue compléter
cette évolution conceptuelle en révélant que l’homme
était bien un animal, cousin assez proche des chimpanzés.
Les plus récents développements de l’éthologie montrent
enfin que, même dans ce que les partisans d’une spécificité
humaine radicale considéraient comme inaccessible à l’animalité,
à savoir la culture, on trouve des « ébauches »
chez les animaux: utilisations d’outils, règles, langages, choix
esthétiques et… règles protomorales. Ce dernier point permet
d’ailleurs d’étayer fortement l’existence de bases naturelles de
la morale. Finalement la grande proximité de l’homme et de l’animal
a permis l’émergence de la notion de « droits de l’animal
». Comment comprendre ces droits ? Et comment faut-il les situer
par rapport aux droits de l’homme ?
Mercredi
7 janvier 2009
Une
théorie contractualiste et naturaliste de la morale. Nicolas Baumard
(philosophe, ENS et Institut Jean Nicod). La morale semble être
une affaire de négociation. Comme l’ont noté les philosophes
contractualistes (Hobbes, Rousseau, Kant, Rawls), nous agissons comme si
nous avions négocié un contrat avec les autres. Dans les
situations de justice par exemple, nous estimons que la distribution d’une
ressource doit être proportionnelle à la contribution à
l’entreprise commune. Dans les situations de solidarité, nous jugeons
que nous avons le devoir d’aider seulement si cela nous coûte peu
et rapporte beaucoup à celui que nous aidons. Notre travail ne se
veut pas normatif mais empirique. Il vise à rendre compte du caractère
contractualiste de nos jugements moraux. Hobbes avait cherché à
montrer que nous avons intérêt à nous comporter de
la sorte. La coopération est en effet nécessaire à
la survie. Or qui veut s’associer à un individu injuste et égoïste
? Pour autant, nous n’agissons pas moralement pour préserver nos
intérêts. Nous agissons moralement pour des raisons proprement
morales. La théorie contractualiste de la morale débouche
donc sur un paradoxe. Tout se passe comme si nos jugements moraux résultaient
d’une négociation portant sur les intérêts individuels.
Et pourtant, il n’y pas de négociation ! Ce paradoxe disparaît
si l’on se place dans une perspective naturaliste, et en particulier évolutionnaire.
Si en effet, nos jugements moraux sont le produit de la sélection
naturelle (et nous verrons qu’il y a de bonnes raisons de la penser), s’ils
ont évolués parce qu’il était dans l’intérêt
des individus de se comporter moralement (comme le pensait Hobbes), alors
il est possible d’expliquer la correspondance entre jugements et intérêts.
Au niveau évolutionnaire, les individus qui avaient une disposition
psychologique (un sens moral) contractualiste survivaient mieux que les
autres. Au niveau psychologique, nous sommes contractualistes non pas par
intérêts mais parce que nous suivons notre sens moral.
Mercredi
4 février 2009
Éthique
de la psychologie, psychologie de l’éthique, la psychologie comme
Éthique Cyrille Bouvet (psychologue clinicien, maître
de conférences, université Paris 10). La psychologie
clinique est concernée à plus d’un titre par le problème
de l’éthique. Premièrement, en tant que méthode d’intervention
thérapeutique auprès de personnes en souffrance, la psychologie
clinique doit construire et s’imposer un cadre éthique spécifique
limitant les abus de pouvoir toujours possibles dans les relations d’aide.
Du code de déontologie des psychologues aux polémiques actuelles
entourant les projets de législation des psychothérapies,
l’éthique de la pratique paraît ballottée entre des
conceptions contradictoires laissant un vide parfois inquiétant
dans les pratiques réelles. Deuxièmement, la psychologie
s’intéresse aussi à l’éthique en tant qu’objet d’étude,
à son origine et aux conditions de ses expressions. L’éthique
en tant que phénomène psychologique ancré dans la
réalité des relations précoces et actuelles ainsi
que dans la conflictualité entre les besoins égocentriques
et les valeurs dites « supérieures » paraît bien
moins « pure » et « noble » qu’une vision morale
et idéalisée pourrait le laisser croire. Troisièmement,
il arrive que certains courants de la psychologie s’attribuent une fonction
sociale éthique répondant en cela à la demande sociale
d’autorités morales proposant des guides de comportements et déterminant
ce qui est bien et mal. Mais peut-on considérer la psychologie comme
une éthique de vie ?
Mercredi
4 mars 2009
Êtes-vous
responsable? Édouard Guinet (professeur agrégé
de philosophie dans le secondaire, Paris). Dans le domaine judiciaire,
l’excuse de l’irresponsabilité peut être invoquée;
l’auteur des faits peut alors être orienté vers une prise
en charge thérapeutique, plutôt que vers une sanction pénale.
Nous prendrons ce problème de droit, et les réactions
symptomatiques qu’il soulève dans l’opinion publique, comme point
de départ pour une réflexion plus générale:
et si nous étions tous à moitié, voire pas du tout
responsables de nos actes ? Cette hypothèse de départ, volontairement
provocatrice, nous permettra d’aborder le thème de la responsabilité
à partir de la position métaphysique, réputée
moralement intenable, du déterminisme. Si telle personne est poussée
par les circonstances, si telle autre ne fait que céder à
une compulsion de répétition inconsciente, si telle autre
vit sous la coupe d’une tierce personne ou d’une idéologie, et ainsi
de suite, la société est-elle vraiment fondée à
leur demander d’assumer les conséquences de leurs actes ? Ou, pour
le dire dans les termes philosophiques du déterminisme, si chaque
événement est toujours précédé de conditions
antérieures suffisantes pour le déclencher, et si l’agir
humain ne fait pas exception à cette règle de l’universelle
nécessité, ne reste-t-il de la responsabilité juridique
et morale qu’une commode fiction sociale ? On proposera, afin de démêler
ces difficultés, de dissocier plusieurs niveaux de réflexion
souvent confondus: la question de l’origine de nos décisions; celle
de la paternité de nos actions; celle, enfin, des conditions psychologiques
nécessaires pour qu’une personne se sente comptable de ses agissements.
Lecture conseillée: Ted Honderich, Êtes-vous libre? Le problème
du déterminisme, Paris, Syllepse, 2008. Trad. fr. de How Free Are
You ?, Oxford University Press, 2002.
Mercredi
1er avril 2009
Limites
et possibilités du naturalisme moral contemporain: enjeux métaéthiques
et normatifs Jérôme Ravat (philosophe, université
Paris 4) S’évertuant à remettre en cause la traditionnelle
dichotomie entre faits et valeurs, un certain nombre d’auteurs contemporains
affirment qu’il est possible de fonder la morale de manière universelle
au moyen d’une analyse naturaliste des phénomènes moraux.
Cette analyse naturaliste, qu’elle se cantonne au champ de la métaéthique
ou qu’elle puise ses sources dans les sciences naturelles, aurait tout
à la fois pour vocation d’expliquer et de légitimer valeurs
et comportements moraux. C’est ainsi que pour Philippa Foot (Natural Goodness),
le lien consubstantiel entre normativité morale et normativité
naturelle permet de comprendre que les jugements portant sur la moralité
humaine et ceux concernant animaux et végétaux, possèdent
une « structure logique commune ». De même, pour William
Casebeer, (Natural Ethical Facts), la théorie de l’évolution
associée à l’éthique de la vertu aristotélicienne
conduit à identifier valeurs morales et fonctions biologiques. Enfin,
selon les partisans du réalisme moral naturaliste de « l’école
de Cornell » (Richard Boyd, Nicholas Sturgeon, Peter Railton), une
approche naturaliste de la morale pourrait mettre un terme à la
très grande majorité des désaccords moraux, en identifiant
ces derniers à des désaccords portant sur des faits connaissables
par les sciences naturelles. Nous soulignerons dans un premier temps les
limites du naturalisme, dès lors qu’il se trouve associé
à l’absolutisme et au réalisme moral. Ainsi, comme nous l’expliquerons,
les désaccords moraux ne sont pas uniquement réductibles
à des désaccords portant sur des faits relatifs à
la nature humaine, mais résultent bien plutôt de désaccords
se rattachant à des valeurs et des principes spécifiquement
moraux (Shweder, Stich, Wong). Toutefois, nous montrerons également
que la connaissance de la nature humaine permet de soutenir ce que nous
pourrions nommer un « pluralisme moral naturaliste »: si les
investigations empiriques relatives à la nature morale de l’homme
ne sauraient fonder de manière absolue un système normatif
univoque, elles pourraient permettre néanmoins de légitimer
une pluralité (mais non une infinité) de codes moraux compatibles
avec la nature humaine. Nous insisterons enfin sur le fait que ce pluralisme
moral naturaliste ne saurait se confondre avec un pur et simple relativisme,
dans la mesure où il prend appui sur un certain nombre de métaprincipes
permettant de départager les systèmes moraux, et ce à
l’aune de facteurs naturels, d’ordre biologique et psychologique notamment.
Mercredi
6 mai 2009
Naturalisation
de l’éthique et naturalisations des mathématiques Fabrice
Pataut (philosophe, IHPST, CNRS, université Paris 1, École
normale supérieure) A priori, rien de plus opposé que
l’éthique et les mathématiques. Les conflits éthiques
sont innombrables et, semble-t-il, insolubles; ils reflètent ni
plus ni moins nos divergences de points de vue personnels et collectifs.
Les mathématiques possèdent en revanche un arsenal impressionnant
de résultats objectivement attestés par les preuves et les
calculs; les vertus de leur applicabilité son indéniables.
On propose depuis le début des années 1980 de naturaliser
ces deux disciplines sans trop s’attarder sur cette différence,
supposée établie ou manifeste. Je m’attacherai à la
mettre en doute et à expliquer pourquoi certaines formes de naturalisation
ne peuvent rendre compte, respectivement, ni des difficultés intrinsèques
des conflits éthiques, ni des difficultés intrinsèques
des problèmes mathématiques, pour des raisons étonnamment
similaires. Je m’attacherai dans un premier temps à décrire
les traits saillants de ces tentatives de manière à faire
ressortir leurs points communs. Dans un deuxième temps, je chercherai
à montrer que l’élimination de la notion de vérité,
en éthique comme en mathématique, conduit à des difficultés
qui, même si elles étaient surmontées, ne permettraient
pas de donner une bonne explication des difficultés intrinsèques.
La naturalisation peut s’entendre en deux sens. En un sens faible, on peut
vouloir montrer qu’une discipline est compatible avec les sciences de la
nature. Le sort des mathématiques est réglé sur ce
point puisqu’elles leur sont nécessaires, comme l’emploi du calcul
infinitésimal et le recours au statistiques le montrent aisément.
Dans le cas de l’éthique, on pourra faire valoir le point de vue
de l’autonomie des obligations, et la compatibilité des deux genres
de domaines est alors une simple affaire d’hétérogénéité.
En un sens fort, on peut soit tenter d’expliquer les concepts d’une discipline
en ayant recours aux concepts d’une science de la nature, soit tenter de
montrer que le savoir particulier que la discipline déploie est
acquis selon des processus dont les sciences de la nature peuvent rendre
compte sans difficulté. Dans le cas de l’éthique, on a pu
adopter la première voie, en cherchant à montrer qu’elle
est un produit final de la sélection naturelle, que la fonction
adaptative des normes éthiques démontre le caractère
superfétatoire de l’objectivité éthique (cf. Ruse
1985, Ruse 1991, et dans une moindre mesure, Gibbard 1990 pour la psychologie
des sentiments moraux). L’objectivité n’est rien de plus qu’un effet.
Dans le cas des mathématiques, on a adopté la deuxième
en proposant une explication de la connaissance mathématique qui
élimine toute référence aux objets abstraits ou idéaux.
Les perspectives nominalistes, matérialistes ou causalistes, ont
faitl’objet de développements récents, cherchant à
montrer que la bonne explication de l’utilité des mathématiques
militait en faveur d’une conception antiréaliste de la discipline
(Field 2001). L’objectivité est instrumentale. Je m’attacherai ici
à critiquer la perspective de la naturalisation forte en examinant
deux cas: celui de la fonction adaptative (éthique) et celui de
la nominalisation (mathématique). Dans ces deux perspectives, ce
qui nous empêche de régler un conflit éthique, tout
comme ce qui nous empêche de trouver une solution à un problème
mathématique, ne relève pas de l’opacité d’un secteur
particulier de la réalité (une supposée « réalité
éthique » dans le premier cas, une « réalité
mathématique » tout aussi problématique dans le deuxième).
Qu’est-ce qui nous empêche de démontrer la conjecture arithmétique
de Goldbach, ou de trouver un argument contraignant pour ou contre l’euthanasie
? Aucun fait pertinent autonome que nous pourrions ignorer, puisque nous
travaillons dans l’hypothèse qu’il n’y a pas de réalité
morale ou de réalité mathématique autonome. Il faut
donc chercher l’explication du côté de nos limitations cognitives,
soit à l’inspection de données pertinentes externes (respectivement:
non spécifiquement éthiques et non spécifiquement
mathématiques), soit du côté de nos limitations cognitives
à l’introspection. J’examinerai les difficultés propres à
chaque hypothèse. Ma suggestion sera que nous devons défendre
une notion minimale de vérité et de rationalité pour
rendre compte de ces difficultés cognitives, aussi bien dans le
domaine éthique que dans le domaine mathématique. Cette stratégie
est préférable à celle du remplacement pur et simple
de la notion de vérité, par la prouvabilité ou la
conservativité dans le cas des mathématiques, et par l’utilité
ou le rôle évolutionnaire dans le cas de l’éthique.
Bibliographie indicative: Field Hartry (2001), Truth and the Absence of
Fact, Oxford, Oxford UP. Gibbard Allan (1990), Wise Choice, Apt Feelings:
A Theory of Normative Judgment, Oxford, Oxford UP. Pataut Fabrice (1999),
« Vérité morale et justification morale », in
R. Ogien (dir.), Le réalisme moral, Paris, PUF: 457-502. Ruse Michael
(1985), Taking Darwin Seriously: A Naturalistic Approach to Philosophy,
Oxford, Blackwell. Ruse Michael (1991), « Une défense de l’éthique
évolutionniste », in J.-P. Changeux (dir.), Fondements naturels
de l’éthique, Paris, Odile Jacob: 35-64.
Mercredi
3 juin 2009
A
propos de l’éthique évolutionniste Philippe Huneman
(philosophe de la biologie, CNRS, IHPST, Paris) A partir des années
1970, et dans la foulée des programmes de naturalisation de l’épistémologie
et des valeurs sur la base du darwinisme, certains théoriciens ont
élaboré un projet d’éthique évolutionniste.
L’idée de base est que l’éthique a émergé dans
l’histoire évolutionnaire des primates comme un certain résultat
de la sélection naturelle; en gros, l’éthique est donc une
adaptation - le principal problème étant alors d’identifier
l’avantage sélectif à court terme qu’ont représenté
certains éléments et prescriptions éthiques. Après
avoir indiqué pourquoi cette recherche s’est vite centrée
sur la question de l’altruisme, je distinguerai des versions fortes et
faible de l’éthique évolutionniste et tâcherai d’évaluer
les perspectives qu’elles proposent pour répondre à des interrogations
usuelles de philosophie morale – en particulier, d’éthique normative
et de métaéthique (questions sur le fondement de l’obligation
morale).
--- Colloque
international "Mystique et philosophie" 2-5 avril 2009 sous la
responsabilité de Géraldine Roux Dans le cadre du PPF présidentiel
sur "le fait religieux" et en partenariat avec l’UMB - EA 2326 «
philosophie allemande » Projet scientifique : Les pistes de réflexion
de ce colloque porteront principalement sur la question de la naissance
de la mystique dans sa confrontation, tout en y puisant ses sources, avec
le courant dit rationaliste, la question de l’écriture mystique
– comment transcrire ou décrire l’expérience extatique ?
– et celle de l’excès, du passage à la limite que la mystique,
au sens large, semble produire sur le mode habituel de notre rationalité.
Le plus souvent, par le terme « mystique », on entend une expérience
extatique, incommunicable, indicible. Pour la rationalité, notamment
philosophique, elle apparaît comme une excession, voire une «
folie », ébranlant l’assurance du concept dans un déplacement
perpétuel du sens. Comment alors le discours philosophique peut-il
rendre compte de cette expérience ou de cette tension, sans pour
autant les ramener à un déjà-su, sans désactiver
leur sens subversif ? Comment penser la tension entre amour mystique et
rationalité philosophique : ne peut-on penser une modification de
la rationalité elle-même, ou tout au moins de son mode opératoire,
par son appréhension de la mystique qui la pousserait à la
limite de ses forces ?Ce colloque s’organisera autour de trois journées,
introduites par une conférence inaugurale, et qui se termineront
chacune par deux débats, approfondissant et relançant les
questions ouvertes par les interventions de la journée. Ces journées
confronteront des pensées modernes et contemporaines aux courants
mystiques médiévaux, afin d’en déterminer non pas
un corpus (peut-être et certainement impossible) mais des lignes
de convergences, à travers également leurs divergences. La
première journée sera consacrée à la question
« peut-on parler d’expérience mystique ? » avec pour
thèmes de débat « logos et expérience mystique
» et « raison philosophique et amour mystique ». La deuxième
journée interrogera « l’écriture mystique, entre logos
et hybris » et se terminera sur deux débats autour du «
paradoxe mystique » et du « rapport à l’image ».
La dernière journée traitera de la question « le retrait
et l’excès », avec notamment un débat sur « le
passage à la limite ». Le colloque s’achèvera le 5
avril sur une soirée-concert, avec les Polyphonies hébraïques
de Strasbourg, autour d’une lecture de textes – en arabe et en hébreu
– dont les traductions seront projetées sur grand écran.
--- CNRS (et Universités Lille 3
et 1), UMR 8163, "Savoirs, textes, langage" CNRS, UMR 8567, Centre Louis
Gernet, Paris. Les mathématiques grecques anciennes et
leur postérité Année 2008-2009. Séminaire d'histoire
des mathématiques organisé par Fabio Acerbi et Bernard
Vitrac. Présentation. «Le séminaire poursuivra cette
année deux objectifs : 1. Présenter des élaborations
mathématiques "marginales" par rapport à celles poursuivies
par les auteurs anciens et médiévaux les plus célébrés.
Il s'agit de montrer que le panorama des mathématiques pré-modernes
est bien plus varié que les résumés canoniques veulent
le faire croire. 2. Entamer une réfléxion de longue durée
sur les domaines mathématiques qui présentent une composante
"algorithmique" majeure, telles l'arithmétique et ses applications,
la logistique et, plus généralement, les sciences qui impliquent
des calculs, comme l'astronomie ou la géométrie métrique.
En même temps, nous tâcherons de mettre en valeur la composante
opératoire des preuves géométriques.
Calendrier Les séances auront lieu
le jeudi, de 14h à 17h, Salle 104 de la Maison de la Recherche,
Université de Lille 3, Villeneuve d'Ascq.
- 16 octobre 2008. Nicolas Vinel (Fondation Thiers
- Paris) : L'Introduction à l'arithmétique de Jamblique,
une oeuvre à réhabiliter.
- 13 novembre 2008. Sabine Rommevaux (CNRS, UMR
6576 CESR) : Les applications de l'algèbre à l'arithmétique
et à la géométrie dans le Libro de algebra en arithmetica
y geometria de Pedro Nuñez (1567).
- 11 décembre 2008. Andrew Barker (Institute
of Archaeology and Antiquity, University of Birmingham) : Mathematical
principles in Greek musical theory.
- 15 janvier 2009. Guy Le Meur (Université
de Lille 3 et UMR 8163 "Savoirs, textes, langage") : Autolycos, Euclide,
Théodose, la Petite Astronomie : de l'horizon au méridien.
- 5 février 2009. Agathe Keller (CNRS,
UMR 7596 REHSEIS) : Les raisonnements du commentaire mathématique
de Bhâskara I (VII siècle) sur l'Âryabhatîya :
explications, preuves et vérifications.
- 12 mars 2009. James Ritter (Université
de Paris VIII) : Algorithmes en Mésopotamie et en Égypte
anciennes.
- 2 avril 2009. Fabio Acerbi (CNRS, UMR 8163
"Savoirs, textes, langage") : Formes du langage des données et son
emploi comme outil déductif.
- 14 mai 2009. Bernard Vitrac (CNRS, UMR 8567
Centre Louis Gernet) : Paralipomènes à Euclide.
Vendredi 3
--- The British Society for Phenomenology NIETZSCHE AND PHENOMENOLOGY St Hilda's College, Oxford, April 3rd – 5th 2009. Speakers:--- Le
séminaire Philosophie et sciences sociales a le plaisir
d'accueillir, pour sa première séance, Laurent PERREAU (Université
de Picardie Jules Vernes) le vendredi 06 Février 2009 de 14h à
16h dans les locaux de NoSoPhi à la Sorbonne. Séminaire Philosophie
et sciences sociales. Vendredi 06 Février 2009, 14h – 16h Laurent
PERREAU «Phénoménologie et sociologie : le cas Alfred
Schütz». La séance aura lieu dans la salle de lecture
de NoSoPhi à la Sorbonne (entrée par le 1, rue de la Sorbonne,
75005 Paris, escalier K au fond de la Galerie Dumas, 2ème étage,
couloir à gauche, salle G 615 Bis, 01 40 46 33 64).
Vendredi 06 Février 2009: Laurent PERREAU (Université
d'Amiens), «Phénoménologie et sociologie: le cas Alfred
Schütz». [14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 13 Mars 2009: Claude GAUTIER (Université de Montpellier),
«Les pratiques chez Pierre Bourdieu: entre reproduction et histoire».
[14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 03 Avril 2009: Catherine COLLIOT-THÉLÈNE (Université
de Rennes), «Max Weber, une sociologie sans société».
[16h-18h en salle nosophi]
Vendredi 15 Mai 2009 : Alain LEROUX (Université d'Aix-en-Provence),
«De l'allocation personnelle au projet Entr'aide MAIF : histoire
d'une idée mise en acte». [14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 29 Mai 2009 : Philippe DESCOLA (Collège de France),
«Anthropologie réflexive et philosophie spontanée».
[14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 12 Juin 2009: Frédéric BRAHAMI (Université
de Besançon), «Ce que la Révolution française
fait à la philosophie». [14h-16h en salle nosophi]
--- Le séminaire Léon
Robin intitulé "Définitions philosophiques et définitions
rhétoriques de la rhétorique" se poursuit cette année.
- 31 octobre, salle Cavaillès. 10 h 00 Marie-Pierre NOËL
« Rhétorique et technè logôn chez Gorgias ».14
h 30 Michael EDWARDS « Isaeus the Rhetorician. Aspects of Isaean
rhetorical technique »
- 14 novembre, matin: salle Cavaillès; après-midi:
salle Celan. 10 h 00 Suzanne HUSSON « ‘L’anti-rhétorique’
cynique »
14 h 30 Pedro Pablo FUENTES GONZALEZ « La "diatribe" est-elle
une notion utile pour l'histoire de la philosophie et de la littérature
antiques ? »
- 12 décembre, salle Cavaillès 10 h 00 Cristina
VIANO « Lysias et la logographie judiciaire » 14 h 30 Michel
PATILLON « Les deux rhétoriques dans les Progymnasmata »
- 30 janvier, matin: salle Beckett; après-midi: salle
Cavaillès 10 h 00 Aldo BRANCACCI « Philosophie et rhétorique
chez Antisthène et dans le Phèdre de Platon » 14 h
30 Emidio SPINELLI « Contre l’art du bien parler: pour une réflexion
critique sur la rhétorique dans Sextus Empiricus »
- 20 février, matin: salle Beckett; après-midi:
salle Cavaillès 10 h 00 Charles GUÉRIN « L’évolution
des définitions de la rhétorique dans la doctrine cicéronienne
(De inventione / De oratore) »
14 h 30 Juliette DROSS « La rhétorique, compagne de la
philosophie ? Le statut philosophique de la rhétorique dans la correspondance
de Fronton »
- 20 mars, matin: salle Beckett; après-midi: salle Cavaillès
10h 00 Stéphane TOULOUSE « Philosophie, rhétorique
et modèle de vie selon Synésios de Cyrène »
14h 00 Ali BENMAKHLOUF « Le statut de la rhétorique dans l’organon
arabe » Maroun AOUAD « Définitions philosophiques et
définitions rhétoriques de la rhétorique selon al-Fârâbî
»
- 3 avril, matin: salle Beckett; après-midi: salle Celan
10 h 00 Maria Silvana CELENTANO « La rhétorique de l’improvisation
chez Quintilien (Institution oratoire, X, 7) » 14 h 30 Perrine GALLAND
HALLYN « Définitions de la rhétorique à la Renaissance
» (titre provisoire)
- 29 mai, matin: salle Beckett; après-midi: salle Celan
10 h 00 Lucia CALBOLI MONTEFUSCO « Rhétorique et dialectique
dans les Rhetoricorum Libri V de Georges de Trebizonde » 14 h 00
Henry MAGUIRE « Nectar and Illusion: Art and perception of Rhetoric
in Byzantium » Dirk OBBINK « A propos de Philodème Rhétorique
III »
Le séminaire a lieu à l’Ecole Normale Supérieure,
45, rue d’Ulm, 75005 Paris.
--- Programme
2008-2009 du séminaire Philosophie et sciences sociales. Les séances
auront lieu cette année au second semestre, environ une fois par
mois, le vendredi de 14h à 16h, dans la salle de lecture de NoSoPhi
à la Sorbonne. Le séminaire est ouvert à tous.
Un séminaire organisé dans le cadre des activités
de l’équipe Philosophies Contemporaines (EA 3562, université
Paris I Panthéon-Sorbonne) par Céline BONICCO, Mélanie
PLOUVIEZ et Gildas SALMON.
Le séminaire Philosophie et sciences sociales se propose de
réunir sociologues, anthropologues, économistes et philosophes
pour nouer un dialogue interdisciplinaire. Parce que les sciences sociales
se sont historiquement constituées en rupture avec la philosophie,
leurs rapports ont souvent été d’ignorance, voire d’opposition.
Pour autant, les sciences sociales n’interrogent-elles pas directement
la philosophie? En soulignant la nécessité d’une collaboration
interdisciplinaire, il ne s’agit pas de placer la philosophie dans une
position de surplomb théorique à l’égard des sciences
sociales empiriques. Il s’agit au contraire de mettre en évidence
le travail de conceptualisation interne aux sciences sociales, c’est-à-dire
de comprendre comment elles reprennent, déplacent, subvertissent
ou inventent des problèmes qui intéressent la philosophie.
Ce sont les questionnements philosophiques immanents aux sciences sociales
qui seront au centre de nos discussions. Dans ce cadre, le séminaire
fera place aussi bien à des analyses historiques ou épistémologiques
qu’à la discussion de terrains et travaux en sociologie, en anthropologie
ou en économie. Plutôt que de chercher à fixer un partage
entre philosophie et sciences sociales, nous nous efforcerons de repérer
les points de passage multiples où leurs frontières se brouillent.
Pour l’année universitaire 2008-2009, le séminaire se
déroulera au second
semestre, environ une fois par mois, le vendredi de 14h à 16h.
Les séances
auront lieu dans la salle de lecture de NoSoPhi à la Sorbonne
(entrée par le 1, rue de la Sorbonne, 75005 Paris, escalier K au
fond de la Galerie Dumas, 2ème étage, couloir à gauche,
salle G 615 Bis, 01 40 46 33 64). Chaque séance, composée
d’une intervention suivie d’une discussion, est ouverte à toute
personne s’intéressant aux thématiques abordées.
Programme 2008-2009:
- Vendredi 06 Février: Laurent PERREAU (Université
de Picardie Jules Vernes), «Phénoménologie et sociologie:
le cas Alfred Schütz».
- Vendredi 13 Mars: Claude GAUTIER (Université Paul Valéry
Montpellier), « Les pratiques chez Pierre Bourdieu: entre reproduction
et histoire ».
- Vendredi 03 Avril (16h-18h): Catherine COLLIOT-THÉLÈNE
(Université de Rennes), «Max Weber, une sociologie sans société».
- Vendredi 15 Mai: Alain LEROUX (Université Paul Cézanne
Aix - Marseille), «De l'allocation personnelle au projet Entr'aide
MAIF: histoire d'une idée mise en acte».
- Vendredi 29 Mai: Philippe DESCOLA (Collège de France, EHESS),
«Anthropologie réflexive et philosophie spontanée».
- Vendredi 12 Juin: Frédéric BRAHAMI (Université
de Franche-Comté), « Ce que la Révolution française
fait à la philosophie ».
Samedi 4
--- Séminaire de recherche hégélienne.
Animé par Bernard Mabille, professeur à l’université
de Poitiers et Gilles Marmasse, maître de conférences à
l’université Paris-IV Sorbonne dans le cadre de l’équipe
d’accueil « Nosophi » (EA 3562, Paris I) et de l’équipe
d’accueil « Métaphysique: histoires, transformations, actualité
» (EA 3552, Paris IV).
Programme 2008-2009
* samedi 18 octobre, Bernard Mabille (Poitiers)
et Gilles Marmasse (Paris IV), « Sur le problème de l’Aufhebung
»
* samedi 15 novembre, Norbert Waszek (Paris
VIII), « Hégélianisme et saint-simonisme »
* samedi 13 décembre, Jean-François
Kervégan (Paris I), titre à préciser
* samedi 14 février, Jacques Darriulat
(Paris IV), « Hegel et la fin de l'art »
* samedi 14 mars, Jean-Marie Lardic (Nantes),
« Ethique et dialectique »
* samedi 4 avril, Annette Sell (Hegel-Archiv
Bochum) (titre à préciser)
* samedi 23 mai, Stephen Houlgate (Warwick)
(titre à préciser)
Les séminaires ont lieu dans la salle
de Nosophi à la Sorbonne, au deuxième étage de l'escalier
K, le samedi de 10h30 à 12h30. Pour accéder à l'escalier
K, prendre la cour d'honneur, la galerie Richelieu, la galerie Gerson puis
la galerie Jean-Baptiste Dumas de bout en bout. L’itinéraire vers
l'escalier K[afka] est alors fléché. Contact: marmasse@wanadoo.fr
<mailto:marmasse@wanadoo.fr>
Dimanche 5
--- Institut d'études lévinassiennes. Bernard-Henri
Lévy Comment je philosophe ? Lundi 6 avril 2009, à
20h30. Ecole Normale Supérieure, 45, rue d'Ulm, 75005 Paris, salle
Dussane.
--- Rencontres philosophiques Descartes-Diderot. Entrée libre. Axel Kahn, « Liberté, liberté chérie », le 13 janvier. Marcel Gauchet, « Comprendre l'histoire de la démocratie », le 17 février. Yves Charles Zarka, « Qu'est-ce que l'anti-politique ? », le 10 mars. Philippe Raynaud, « La politesse des Lumières », le 7 avril. Sorbonne, amphithéâtre Durkheim (entrée par le 1, rue Victor Cousin, Galerie Gerson, puis Galerie Claude Bernard au fond à gauche, Escalier I, 1e étage) Le mardi de 18 h 30 à 20 h 30. Responsables : François Jullien (Université Paris Diderot) et Yves Charles Zarka (Université Paris Descartes).
Mercredi 8
--- CALL
FOR PAPERS AND COMMENTATORS. The International Hobbes Association will
be sponsoring a session at the APA Pacific Division meetings, April 8 -
12, 2009 The Westin Bayshore, Vancouver. You are invited to submit
an abstract for paper presentation or to volunteer to serve as a commentator.
Papers selected for presentation will also be strongly considered for publication
in Hobbes Studies. By October 8, 2008, please electronically submit your
abstract (1 page maximum) or, for commentators, your CV, to both Martin
Bertman, President [mabertman@yahoo.com], and to Rosamond Rhodes, Program
Committee [rosamond.rhodes@mssm.edu].
Jeudi 9
--- La première
séance 2009 du séminaire Enjeux anthropologiques, culturels
et philosophiques des nanosciences et nanotechnologies, placé sous
la responsabilité de Xavier Guchet (Université Paris I) et
Sacha Loeve (Université Paris X, Lyon I), et organisé par
l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), aura lieu jeudi 15 janvier
2009 de 17h à 19h dans la Salle du Collège sur la Piazza
Beaubourg. L’entrée se fera à partir de 16h45. Cette
séance sera l’occasion d’accueillir Isabelle BRUNO (sciences politiques,
Université Lille 2) qui introduira le séminaire par une analyse
critique du concept de "société de la connaissance" (à
lire: I. Bruno, A vos marques, prêts... cherchez ! La stratégie
européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Bellecombe-en-Bauges,
Editions du Croquant, 2008). Vous trouverez ci-dessous l’intégralité
du programme du séminaire.
Séminaire Enjeux anthropologiques, culturels et philosophiques
des nanosciences et nanotechnologies. Le séminaire Enjeux anthropologiques,
culturels et philosophiques des nanotechnologies sera consacré cette
troisième et dernière année à l’examen des
dynamiques sociales associées aux innovations en micro- et nanotechnologies.
La question sera traitée du point de vue de la construction d’une
« société européenne de la connaissance »,
considérée comme une priorité depuis la conférence
de Lisbonne en 2000. Comme l’indique clairement le rapport d’un groupe
de travail mandaté par la Commission européenne, les nanotechnologies
et plus généralement les technologies convergentes doivent
être considérées comme une opportunité pour
construire une société européenne de la connaissance,
c’est-à-dire une société dans laquelle les connaissances
n’émanent pas des seuls scientifiques et experts mais sont «
co-construites » par l’ensemble parties prenantes, notamment le public.
Comment ce programme de construction d’une société de la
connaissance s’articule-t-il aux dynamiques de recherche et d’innovation
en micro- et nanotechnologies ? Que signifie « co-construire »
des connaissances ? Comment le public est-il invité à «
co-construire » des connaissances ? Quel rôle pour les sciences
humaines et sociales dans ce contexte et quel type de connaissance produisent-elles
? Le séminaire se focalisera sur le cas grenoblois.
Accès: anne-sophie.francois@centrepompidou.fr
- Jeudi 15 janvier de 17h à 19h: intervention d’Isabelle
BRUNO (sciences politiques, Université Lille 2), auteur d’un ouvrage
sur la notion de « société de la connaissance ».
- Jeudi 26 février de 17h à 19h: intervention d’Aurélie
DELEMARLE (gestion, ESIEE), auteur d’une thèse sur l’émergence
de MINATEC.
- Jeudi 26 mars de 17h à 19h: intervention de Dominique VINCK
(sociologie, Université Pierre Mendès-France, Grenoble),
sur les dynamiques de la recherche en micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 9 avril de 17h à 19h: intervention de Céline
VERCHERE (sociologie, CEA-LID, Grenoble), sur les usages anticipés
des micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 14 mai de 17h à 19h: intervention d’Alain KAUFMANN
(sociologie, Université de Lausanne), sur les débats publics
autour des nanotechnologies.
- Jeudi 11 juin de 17h à 19h: intervention de Xavier GUCHET
et Sacha LOEVE. Clôture du séminaire.
Lieu: salle du Collège sur la Piazza Beaubourg. Pour télécharger
les conférences et séminaires: aller dans la rubrique «Fonds
documentaires», cliquer sur «Accéder aux fonds».
Nom d’utilisateur: «fonds» et mot de passe: «institut».
--- Conférence
à l’Hôtel du département des Bouches-du-Rhône
: Emprises de la violence. Regards sur la civilisation contemporaine. Jeudi
9 avril 2009 à 18h45. La grande régression. par JACQUES GENEREUX.
«Depuis trois décennies, au moment où semblait s’imposer
la figure de l’individu autonome, la maîtrise politique de l’économie,
l’esprit scientifique et le modèle démocratique, c’est-à-dire
au sommet du mouvement de la modernité, voilà l’Occident
emporté et une part de ses élites fascinée par un
retour en arrière général. Jacques Généreux
y reconnaît les spasmes destructeurs d’une modernité libérale
achevée. Le défi du XXIe siècle est d’inventer une
nouvelle modernité fondée sur les liens sociaux qui libèrent
l’individu et non plus sur la libération individuelle qui délie
les humains. À défaut de cette bifurcation radicale, la seule
façon d’avancer sera de repartir en arrière dans une grande
régression anéantissant la promesse moderne de l’émancipation».
Economiste, Jacques Généreux est professeur à l'Institut
d'études politiques de Paris. Il a créé l'émission
L'Economie en questions sur France Culture, où il participe régulièrement
à l'émission Le Rendez-vous des politiques. Derniers ouvrages
parus : Le socialisme néomoderne ou l'avenir de la liberté,
Le Seuil, 2008 ; La dissociété, Le Seuil, 2008 (2006) ; Les
vraies lois de l'économie, Le Seuil, 2008 (2005) ; Pourquoi la droite
est dangereuse, 2007. Conférences à 18h45 à l'Hôtel
du département des Bouches-du-Rhône 52 avenue de Saint-Just
13004 Marseille ENTREE LIBRE
Vendredi 10
Samedi 11
Dimanche 12
Mardi 14
--- La deuxième séance du séminaire "Penser
la guerre : autour des recherches et des publications récentes"
aura lieu mardi 13 janvier 2009 de 19h à 21h à l'EHESS
(105, bd. Raspail Paris 6e) en salle 4.
Le thème de cette séance sera "Guerre, paix et
raison d’État". Invités: Olivier Chopin, auteur d’une thèse
sur la raison d’État et les services secrets, postdoctorant CNRS
au Centre Raymond-Aron et Sébastien Laurent, maître de conférences
à l’université Bordeaux III, co-auteur avec Olivier Forcade
de Secrets d’État. Pouvoirs et renseignement dans le monde contemporain
(Armand Colin, 2005)
- 17 février 2009 (exceptionnellement en salle 2) : Le
cheval de Troie : philosophie d’un stratagème. Avec Philippe
Capet, auteur d’une thèse sur la philosophie du mensonge, ingénieur
chez Thalès et Vincent Descombes, directeur d’études à
l’EHESS, auteur de Le complément de sujet. Enquête sur le
fait d’agir de soi-même (Paris, Gallimard, 2006).
- 10 mars 2009 : Qu’est-ce qu’une crise internationale ?
Avec
Thomas Meszaros, postdoctorant à l’Institut des hautes études
internationales de Genève et Michel Dobry, professeur de science
politique à l’université Paris-1.
- 14 avril 2009 : Penser les menaces sécuritaires : le cas
israélien. Avec Basile Dewez, doctorant en science politique
à l’EHESS, visiting fellow à l’Université hébraïque
de Jérusalem et Samy Cohen, directeur de recherches au CERI, a coordonné
Democracy at War against Terrorism. A Comparative Perspective (Palgrave,
2008).
- 12 mai 2009 : Qu’est-ce qu’une guerre civile ? Histoire et actualité
du concept de stasis Avec Ninon Grangé, Maître de conférences
à l’Université Paris-VIII, auteur d’une thèse de philosophie
politique sur la distinction entre guerre et guerre civile et Pierre Manent,
directeur d’études à l’EHESS, auteur d’Enquête sur
la démocratie. Études de philosophie politique (Gallimard,
2007).
Mercredi 15
Jeudi 16Vendredi 17
Samedi 18
Dimanche 19
--- 20-24 avril 2009. Une école de printemps, entièrement
subventionnée par l'Université franco-allemande, et organisée
par Martin Carrier (professeur à Bielefeld) et par Claude Debru
(ENS), aura lieu du 20 au 24 avril à Bielefeld, sur le thème
"Science et valeurs". Elle intéressera 10 étudiants français
et 10 étudiants allemands et la langue utilisée sera l'anglais.
Les élèves intéressés doivent se faire connaitre
le plus rapidement possible et au plus tard le 1er novembre, par mail à
claude.Debru@ens.fr
Mardi 21
Mercredi 22
Jeudi 23
Vendredi 24
Samedi 25
Dimanche 26
Lundi 27
Mardi 28
Mercredi 29
Jeudi 30
Vendredi 31