Attention: les colloques ou les journées d'étude qui durent 2 jours ou plus sont mentionnés seulement à la première date. Songez à vérifier, pour un jour opportun qui vous intéresse, dans la journée qui précède.
Semaine 23 (1 au 7), semaine 24 (8 au 114), semaine 25 (15 au 21), semaine 26 (22 au 28), semaine 27 (29, 30)
--- Toulouse.
Les rendez-vous de la librairie Ombres Blanches.
Mardi 2
Mercredi 3
--- Programme annuel du séminaire
"Produire l'éthique: éthique, matérialisme et sciences
(Séminaire 2008/2009). Séminaire organisé par Pascal
Charbonnat, François Pépin et Marc Silberstein, et accueilli
par Michel Morange, au Centre Cavaillès de l’École normale
supérieure de Paris. Les séances se déroulent
le premier mercredi de chaque mois (d’octobre à juin) au Centre
Cavaillès (3e étage, 29 rue d’Ulm, 75005 Paris), de
18 h 00 à 20 h 00, entrée libre dans la limite des places
disponibles.
«Produire
l’éthique, c’est supposer qu’elle n’est pas donnée ni reçue,
mais constituée dans et par la vie et les activités humaines.
Le séminaire se propose d’interroger ces modes de production sous
l’angle de leurs liens avec les sciences. C’est en ce sens qu’un questionnement
matérialiste de l’éthique pourra être dégagé.
Cela suppose de reconsidérer une division classique entre le champ
scientifique et l’éthique, en discutant l’idée courante de
neutralité scientifique prise comme amoralité totale interdisant
même un usage ou une portée éthiques des concepts,
résultats et analyses scientifiques. Mais une forme de neutralité
sert aussi à constituer l’autonomie de la science à l’égard
des pressions et débats moraux, politiques et sociaux. Un enjeu
du séminaire sera donc d’examiner les usages, les effets et la portée
éthiques de concepts construits selon une logique scientifique,
qui, sans être pure de toute implication morale, n’a pas pour fonction
première de résoudre des problèmes éthiques.
L’intérêt d’un détour par la science pour penser la
production de l’éthique réside dans la possibilité
d’interroger précisément ses modes de constitution (biologiques,
sociaux, médicaux, psychologiques, etc.) contre les traditions du
commandement reçu ou senti dans l’intériorité d’une
conscience transcendantale. L’histoire des pensées matérialistes
suggère la pertinence d’une articulation entre l’effort d’émancipation
des sciences à l’égard des champs religieux et politique,
et la libération de l’éthique par un usage des savoirs scientifiques
pour penser une morale pleinement immanente. Cela permet d’interroger la
spécificité d’une morale matérialiste dans la culture
d’un rapport particulier aux sciences. Le séminaire se propose d’examiner
la production de l’éthique selon trois angles principaux. Les sciences,
notamment humaines et sociales, établissent-elles des faits éthiques
intéressant le projet moral ? La question est alors de savoir s’il
faut dissocier ou articuler le traitement scientifique, par exemple par
des tentatives de quantification, de concepts à portée éthique
comme le bien-être ou la normalité mentale, et le projet éthique.
Y a-t-il un usage pertinent de savoirs scientifiques pour justifier et
critiquer des normes éthiques ? Les normes font depuis longtemps
partie des objets d’études scientifiques. Mais l’invocation de concepts,
de faits et de théories scientifiques dans l’entreprise de justification
des normes éthiques semble un problème spécifique
qui demande d’interroger les fonctions de la norme comme objet d’étude
et comme enjeu moral. Enfin, se pose une question récapitulative:
peut-on entièrement naturaliser l’éthique ? Notons également
que 2009 sera l’année Darwin, en raison du bicentenaire de sa naissance
et du cent cinquantenaire de la parution de L’Origine des espèces.
Ce séminaire, en présentant plusieurs séances consacrées
à la vaste question de la naturalisation de l’éthique, de
l’éthique évolutionniste (ou évolutionnaire), etc.,
s’inscrit donc pleinement dans les initiatives liées à cette
commémoration, dont l’intérêt – il faut le souligner
– n’est pas uniquement historiographique. Insister sur les enjeux programmatiques
autant que moraux du darwinisme contemporain s’avère, en notre époque
de résurgences des créationnnismes, d’une cruciale nécessité.»
Calendrier
des séances
-
Mercredi
1er octobre 2008
Le matérialiste et l’éthique:
un nouvel espace de discussion depuis les Lumières. François
Pépin (professeur agrégé dans le secondaire, docteur
en philosophie). L’intérêt des philosophies matérialistes
pour les sciences en vue de penser l’éthique pourrait être
considéré comme aussi ancien que ces philosophies elles-mêmes.
Mais notre introduction insistera sur certaines leçons des Lumières.
En effet, un nouveau rapport entre sciences et éthique se noue autour
des matérialismes du XVIIIe siècle, susceptible d’éclairer
les débats ultérieurs. Plusieurs pensées tentent ainsi
de construire un espace théorique où l’éthique puisse
être discutée d’une nouvelle façon, Notamment contre
les dualismes âme/corps et les références à
la transcendance ou à une conscience posée en guide absolu.
Un double enjeu se dégage. D’une part, un effort est mené
pour constituer un espace théorique où l’éthique se
discute sans que la menace d’une accusation (religieuse, morale et juridique)
l’encadre par le rappel de principes posés comme absolus. Se tourner
vers les sciences permet alors de se donner des méthodes de réflexion
critique. D’autre part, la réduction des dualismes et l’évacuation
de la transcendance implique de penser l’articulation de plusieurs catégories:
le physique et le moral; la norme et le fait; l’organique, le social et
le politique. Les sciences de la nature sont alors convoquées avec
ce qu’on n’appelle pas encore les sciences humaines pour envisager la dimension
éthique de l’homme dans une perspective immanentiste. L’un des intérêts
majeurs de ces tentatives matérialistes du XVIIIe est que la réflexion
éthique ne s’appuie pas sur des sciences données, déjà
constituées par ailleurs, mais sur des sciences en train de se faire.
Mercredi
5 novembre 2008
Bioéthique
de la réciprocité. Dominique Lestel (philosophe et éthologue,
maître de conférences, ENS, Paris). Les bioéthiques
contemporaines sont généralement défensives et négatives,
en mettant en avant des impératifs proscriptifs. Nous pensons qu’il
est aujourd’hui plus fécond d’essayer de développer des bioéthiques
positives qui s’appuient sur des impératifs prescriptifs. Avec la
notion de bioéthique de la réciprocité, nous présentons
et discutons une telle bioéthique positive basée sur la réciprocité
des services et des dons entre hommes et autres animaux, une réciprocité
régulée par une transaction juste plutôt que sur un
évitement systématique de la souffrance.
Mercredi
3 décembre 2008
Développement
des connaissances en biologie et émergence de droits pour l’animal.
Georges Chapouthier (biologiste, directeur de recherches CNRS).
Longtemps le statut de l’animal dans la philosophie a oscillé entre
l’« animal-sorte d’humain », susceptible, par exemple, d’être
poursuivi en justice, et l’animal-objet. C’est cette dernière conception
qui a triomphé en Occident à partir du XVIIe siècle,
avec la thèse cartésienne de l’animal machine, poussée
à l’extrême par son disciple, Malebranche. A son origine,
la biologie, telle qu’elle est exposée par Claude Bernard, est clairement
post-cartésienne dans sa conception de l’animal. Mais le développement
même des connaissances en biologie a ensuite permis de montrer la
proximité étonnante de l’homme et de l’animal sur les plans
génétiques, biochimiques, physiologiques, et même comportementaux
et affectifs. La théorie de l’évolution est venue compléter
cette évolution conceptuelle en révélant que l’homme
était bien un animal, cousin assez proche des chimpanzés.
Les plus récents développements de l’éthologie montrent
enfin que, même dans ce que les partisans d’une spécificité
humaine radicale considéraient comme inaccessible à l’animalité,
à savoir la culture, on trouve des « ébauches »
chez les animaux: utilisations d’outils, règles, langages, choix
esthétiques et… règles protomorales. Ce dernier point permet
d’ailleurs d’étayer fortement l’existence de bases naturelles de
la morale. Finalement la grande proximité de l’homme et de l’animal
a permis l’émergence de la notion de « droits de l’animal
». Comment comprendre ces droits ? Et comment faut-il les situer
par rapport aux droits de l’homme ?
Mercredi
7 janvier 2009
Une
théorie contractualiste et naturaliste de la morale. Nicolas Baumard
(philosophe, ENS et Institut Jean Nicod). La morale semble être
une affaire de négociation. Comme l’ont noté les philosophes
contractualistes (Hobbes, Rousseau, Kant, Rawls), nous agissons comme si
nous avions négocié un contrat avec les autres. Dans les
situations de justice par exemple, nous estimons que la distribution d’une
ressource doit être proportionnelle à la contribution à
l’entreprise commune. Dans les situations de solidarité, nous jugeons
que nous avons le devoir d’aider seulement si cela nous coûte peu
et rapporte beaucoup à celui que nous aidons. Notre travail ne se
veut pas normatif mais empirique. Il vise à rendre compte du caractère
contractualiste de nos jugements moraux. Hobbes avait cherché à
montrer que nous avons intérêt à nous comporter de
la sorte. La coopération est en effet nécessaire à
la survie. Or qui veut s’associer à un individu injuste et égoïste
? Pour autant, nous n’agissons pas moralement pour préserver nos
intérêts. Nous agissons moralement pour des raisons proprement
morales. La théorie contractualiste de la morale débouche
donc sur un paradoxe. Tout se passe comme si nos jugements moraux résultaient
d’une négociation portant sur les intérêts individuels.
Et pourtant, il n’y pas de négociation ! Ce paradoxe disparaît
si l’on se place dans une perspective naturaliste, et en particulier évolutionnaire.
Si en effet, nos jugements moraux sont le produit de la sélection
naturelle (et nous verrons qu’il y a de bonnes raisons de la penser), s’ils
ont évolués parce qu’il était dans l’intérêt
des individus de se comporter moralement (comme le pensait Hobbes), alors
il est possible d’expliquer la correspondance entre jugements et intérêts.
Au niveau évolutionnaire, les individus qui avaient une disposition
psychologique (un sens moral) contractualiste survivaient mieux que les
autres. Au niveau psychologique, nous sommes contractualistes non pas par
intérêts mais parce que nous suivons notre sens moral.
Mercredi
4 février 2009
Éthique
de la psychologie, psychologie de l’éthique, la psychologie comme
Éthique Cyrille Bouvet (psychologue clinicien, maître
de conférences, université Paris 10). La psychologie
clinique est concernée à plus d’un titre par le problème
de l’éthique. Premièrement, en tant que méthode d’intervention
thérapeutique auprès de personnes en souffrance, la psychologie
clinique doit construire et s’imposer un cadre éthique spécifique
limitant les abus de pouvoir toujours possibles dans les relations d’aide.
Du code de déontologie des psychologues aux polémiques actuelles
entourant les projets de législation des psychothérapies,
l’éthique de la pratique paraît ballottée entre des
conceptions contradictoires laissant un vide parfois inquiétant
dans les pratiques réelles. Deuxièmement, la psychologie
s’intéresse aussi à l’éthique en tant qu’objet d’étude,
à son origine et aux conditions de ses expressions. L’éthique
en tant que phénomène psychologique ancré dans la
réalité des relations précoces et actuelles ainsi
que dans la conflictualité entre les besoins égocentriques
et les valeurs dites « supérieures » paraît bien
moins « pure » et « noble » qu’une vision morale
et idéalisée pourrait le laisser croire. Troisièmement,
il arrive que certains courants de la psychologie s’attribuent une fonction
sociale éthique répondant en cela à la demande sociale
d’autorités morales proposant des guides de comportements et déterminant
ce qui est bien et mal. Mais peut-on considérer la psychologie comme
une éthique de vie ?
Mercredi
4 mars 2009
Êtes-vous
responsable? Édouard Guinet (professeur agrégé
de philosophie dans le secondaire, Paris). Dans le domaine judiciaire,
l’excuse de l’irresponsabilité peut être invoquée;
l’auteur des faits peut alors être orienté vers une prise
en charge thérapeutique, plutôt que vers une sanction pénale.
Nous prendrons ce problème de droit, et les réactions
symptomatiques qu’il soulève dans l’opinion publique, comme point
de départ pour une réflexion plus générale:
et si nous étions tous à moitié, voire pas du tout
responsables de nos actes ? Cette hypothèse de départ, volontairement
provocatrice, nous permettra d’aborder le thème de la responsabilité
à partir de la position métaphysique, réputée
moralement intenable, du déterminisme. Si telle personne est poussée
par les circonstances, si telle autre ne fait que céder à
une compulsion de répétition inconsciente, si telle autre
vit sous la coupe d’une tierce personne ou d’une idéologie, et ainsi
de suite, la société est-elle vraiment fondée à
leur demander d’assumer les conséquences de leurs actes ? Ou, pour
le dire dans les termes philosophiques du déterminisme, si chaque
événement est toujours précédé de conditions
antérieures suffisantes pour le déclencher, et si l’agir
humain ne fait pas exception à cette règle de l’universelle
nécessité, ne reste-t-il de la responsabilité juridique
et morale qu’une commode fiction sociale ? On proposera, afin de démêler
ces difficultés, de dissocier plusieurs niveaux de réflexion
souvent confondus: la question de l’origine de nos décisions; celle
de la paternité de nos actions; celle, enfin, des conditions psychologiques
nécessaires pour qu’une personne se sente comptable de ses agissements.
Lecture conseillée: Ted Honderich, Êtes-vous libre? Le problème
du déterminisme, Paris, Syllepse, 2008. Trad. fr. de How Free Are
You ?, Oxford University Press, 2002.
Mercredi
1er avril 2009
Limites
et possibilités du naturalisme moral contemporain: enjeux métaéthiques
et normatifs Jérôme Ravat (philosophe, université
Paris 4) S’évertuant à remettre en cause la traditionnelle
dichotomie entre faits et valeurs, un certain nombre d’auteurs contemporains
affirment qu’il est possible de fonder la morale de manière universelle
au moyen d’une analyse naturaliste des phénomènes moraux.
Cette analyse naturaliste, qu’elle se cantonne au champ de la métaéthique
ou qu’elle puise ses sources dans les sciences naturelles, aurait tout
à la fois pour vocation d’expliquer et de légitimer valeurs
et comportements moraux. C’est ainsi que pour Philippa Foot (Natural Goodness),
le lien consubstantiel entre normativité morale et normativité
naturelle permet de comprendre que les jugements portant sur la moralité
humaine et ceux concernant animaux et végétaux, possèdent
une « structure logique commune ». De même, pour William
Casebeer, (Natural Ethical Facts), la théorie de l’évolution
associée à l’éthique de la vertu aristotélicienne
conduit à identifier valeurs morales et fonctions biologiques. Enfin,
selon les partisans du réalisme moral naturaliste de « l’école
de Cornell » (Richard Boyd, Nicholas Sturgeon, Peter Railton), une
approche naturaliste de la morale pourrait mettre un terme à la
très grande majorité des désaccords moraux, en identifiant
ces derniers à des désaccords portant sur des faits connaissables
par les sciences naturelles. Nous soulignerons dans un premier temps les
limites du naturalisme, dès lors qu’il se trouve associé
à l’absolutisme et au réalisme moral. Ainsi, comme nous l’expliquerons,
les désaccords moraux ne sont pas uniquement réductibles
à des désaccords portant sur des faits relatifs à
la nature humaine, mais résultent bien plutôt de désaccords
se rattachant à des valeurs et des principes spécifiquement
moraux (Shweder, Stich, Wong). Toutefois, nous montrerons également
que la connaissance de la nature humaine permet de soutenir ce que nous
pourrions nommer un « pluralisme moral naturaliste »: si les
investigations empiriques relatives à la nature morale de l’homme
ne sauraient fonder de manière absolue un système normatif
univoque, elles pourraient permettre néanmoins de légitimer
une pluralité (mais non une infinité) de codes moraux compatibles
avec la nature humaine. Nous insisterons enfin sur le fait que ce pluralisme
moral naturaliste ne saurait se confondre avec un pur et simple relativisme,
dans la mesure où il prend appui sur un certain nombre de métaprincipes
permettant de départager les systèmes moraux, et ce à
l’aune de facteurs naturels, d’ordre biologique et psychologique notamment.
Mercredi
6 mai 2009
Naturalisation
de l’éthique et naturalisations des mathématiques Fabrice
Pataut (philosophe, IHPST, CNRS, université Paris 1, École
normale supérieure) A priori, rien de plus opposé que
l’éthique et les mathématiques. Les conflits éthiques
sont innombrables et, semble-t-il, insolubles; ils reflètent ni
plus ni moins nos divergences de points de vue personnels et collectifs.
Les mathématiques possèdent en revanche un arsenal impressionnant
de résultats objectivement attestés par les preuves et les
calculs; les vertus de leur applicabilité son indéniables.
On propose depuis le début des années 1980 de naturaliser
ces deux disciplines sans trop s’attarder sur cette différence,
supposée établie ou manifeste. Je m’attacherai à la
mettre en doute et à expliquer pourquoi certaines formes de naturalisation
ne peuvent rendre compte, respectivement, ni des difficultés intrinsèques
des conflits éthiques, ni des difficultés intrinsèques
des problèmes mathématiques, pour des raisons étonnamment
similaires. Je m’attacherai dans un premier temps à décrire
les traits saillants de ces tentatives de manière à faire
ressortir leurs points communs. Dans un deuxième temps, je chercherai
à montrer que l’élimination de la notion de vérité,
en éthique comme en mathématique, conduit à des difficultés
qui, même si elles étaient surmontées, ne permettraient
pas de donner une bonne explication des difficultés intrinsèques.
La naturalisation peut s’entendre en deux sens. En un sens faible, on peut
vouloir montrer qu’une discipline est compatible avec les sciences de la
nature. Le sort des mathématiques est réglé sur ce
point puisqu’elles leur sont nécessaires, comme l’emploi du calcul
infinitésimal et le recours au statistiques le montrent aisément.
Dans le cas de l’éthique, on pourra faire valoir le point de vue
de l’autonomie des obligations, et la compatibilité des deux genres
de domaines est alors une simple affaire d’hétérogénéité.
En un sens fort, on peut soit tenter d’expliquer les concepts d’une discipline
en ayant recours aux concepts d’une science de la nature, soit tenter de
montrer que le savoir particulier que la discipline déploie est
acquis selon des processus dont les sciences de la nature peuvent rendre
compte sans difficulté. Dans le cas de l’éthique, on a pu
adopter la première voie, en cherchant à montrer qu’elle
est un produit final de la sélection naturelle, que la fonction
adaptative des normes éthiques démontre le caractère
superfétatoire de l’objectivité éthique (cf. Ruse
1985, Ruse 1991, et dans une moindre mesure, Gibbard 1990 pour la psychologie
des sentiments moraux). L’objectivité n’est rien de plus qu’un effet.
Dans le cas des mathématiques, on a adopté la deuxième
en proposant une explication de la connaissance mathématique qui
élimine toute référence aux objets abstraits ou idéaux.
Les perspectives nominalistes, matérialistes ou causalistes, ont
faitl’objet de développements récents, cherchant à
montrer que la bonne explication de l’utilité des mathématiques
militait en faveur d’une conception antiréaliste de la discipline
(Field 2001). L’objectivité est instrumentale. Je m’attacherai ici
à critiquer la perspective de la naturalisation forte en examinant
deux cas: celui de la fonction adaptative (éthique) et celui de
la nominalisation (mathématique). Dans ces deux perspectives, ce
qui nous empêche de régler un conflit éthique, tout
comme ce qui nous empêche de trouver une solution à un problème
mathématique, ne relève pas de l’opacité d’un secteur
particulier de la réalité (une supposée « réalité
éthique » dans le premier cas, une « réalité
mathématique » tout aussi problématique dans le deuxième).
Qu’est-ce qui nous empêche de démontrer la conjecture arithmétique
de Goldbach, ou de trouver un argument contraignant pour ou contre l’euthanasie
? Aucun fait pertinent autonome que nous pourrions ignorer, puisque nous
travaillons dans l’hypothèse qu’il n’y a pas de réalité
morale ou de réalité mathématique autonome. Il faut
donc chercher l’explication du côté de nos limitations cognitives,
soit à l’inspection de données pertinentes externes (respectivement:
non spécifiquement éthiques et non spécifiquement
mathématiques), soit du côté de nos limitations cognitives
à l’introspection. J’examinerai les difficultés propres à
chaque hypothèse. Ma suggestion sera que nous devons défendre
une notion minimale de vérité et de rationalité pour
rendre compte de ces difficultés cognitives, aussi bien dans le
domaine éthique que dans le domaine mathématique. Cette stratégie
est préférable à celle du remplacement pur et simple
de la notion de vérité, par la prouvabilité ou la
conservativité dans le cas des mathématiques, et par l’utilité
ou le rôle évolutionnaire dans le cas de l’éthique.
Bibliographie indicative: Field Hartry (2001), Truth and the Absence of
Fact, Oxford, Oxford UP. Gibbard Allan (1990), Wise Choice, Apt Feelings:
A Theory of Normative Judgment, Oxford, Oxford UP. Pataut Fabrice (1999),
« Vérité morale et justification morale », in
R. Ogien (dir.), Le réalisme moral, Paris, PUF: 457-502. Ruse Michael
(1985), Taking Darwin Seriously: A Naturalistic Approach to Philosophy,
Oxford, Blackwell. Ruse Michael (1991), « Une défense de l’éthique
évolutionniste », in J.-P. Changeux (dir.), Fondements naturels
de l’éthique, Paris, Odile Jacob: 35-64.
Mercredi
3 juin 2009
A
propos de l’éthique évolutionniste Philippe Huneman
(philosophe de la biologie, CNRS, IHPST, Paris) A partir des années
1970, et dans la foulée des programmes de naturalisation de l’épistémologie
et des valeurs sur la base du darwinisme, certains théoriciens ont
élaboré un projet d’éthique évolutionniste.
L’idée de base est que l’éthique a émergé dans
l’histoire évolutionnaire des primates comme un certain résultat
de la sélection naturelle; en gros, l’éthique est donc une
adaptation - le principal problème étant alors d’identifier
l’avantage sélectif à court terme qu’ont représenté
certains éléments et prescriptions éthiques. Après
avoir indiqué pourquoi cette recherche s’est vite centrée
sur la question de l’altruisme, je distinguerai des versions fortes et
faible de l’éthique évolutionniste et tâcherai d’évaluer
les perspectives qu’elles proposent pour répondre à des interrogations
usuelles de philosophie morale – en particulier, d’éthique normative
et de métaéthique (questions sur le fondement de l’obligation
morale).
Vendredi 5
Samedi 6
Dimanche 7
Mercredi 10
--- Institut d'études lévinassiennes. Luc
Brisson L'origine de l'être humain dans la mythologie grecque ; une
absence
remarquable
Mercredi 10 juin 2009, à 20h30. Ecole Normale Supérieure,
45, rue d'Ulm, 75005 Paris, salle des Actes.
Jeudi 11
--- La première
séance 2009 du séminaire Enjeux anthropologiques, culturels
et philosophiques des nanosciences et nanotechnologies, placé sous
la responsabilité de Xavier Guchet (Université Paris I) et
Sacha Loeve (Université Paris X, Lyon I), et organisé par
l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), aura lieu jeudi 15 janvier
2009 de 17h à 19h dans la Salle du Collège sur la Piazza
Beaubourg. L’entrée se fera à partir de 16h45. Cette
séance sera l’occasion d’accueillir Isabelle BRUNO (sciences politiques,
Université Lille 2) qui introduira le séminaire par une analyse
critique du concept de "société de la connaissance" (à
lire: I. Bruno, A vos marques, prêts... cherchez ! La stratégie
européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Bellecombe-en-Bauges,
Editions du Croquant, 2008). Vous trouverez ci-dessous l’intégralité
du programme du séminaire.
Séminaire Enjeux anthropologiques, culturels et philosophiques
des nanosciences et nanotechnologies. Le séminaire Enjeux anthropologiques,
culturels et philosophiques des nanotechnologies sera consacré cette
troisième et dernière année à l’examen des
dynamiques sociales associées aux innovations en micro- et nanotechnologies.
La question sera traitée du point de vue de la construction d’une
« société européenne de la connaissance »,
considérée comme une priorité depuis la conférence
de Lisbonne en 2000. Comme l’indique clairement le rapport d’un groupe
de travail mandaté par la Commission européenne, les nanotechnologies
et plus généralement les technologies convergentes doivent
être considérées comme une opportunité pour
construire une société européenne de la connaissance,
c’est-à-dire une société dans laquelle les connaissances
n’émanent pas des seuls scientifiques et experts mais sont «
co-construites » par l’ensemble parties prenantes, notamment le public.
Comment ce programme de construction d’une société de la
connaissance s’articule-t-il aux dynamiques de recherche et d’innovation
en micro- et nanotechnologies ? Que signifie « co-construire »
des connaissances ? Comment le public est-il invité à «
co-construire » des connaissances ? Quel rôle pour les sciences
humaines et sociales dans ce contexte et quel type de connaissance produisent-elles
? Le séminaire se focalisera sur le cas grenoblois.
Accès: anne-sophie.francois@centrepompidou.fr
- Jeudi 15 janvier de 17h à 19h: intervention d’Isabelle
BRUNO (sciences politiques, Université Lille 2), auteur d’un ouvrage
sur la notion de « société de la connaissance ».
- Jeudi 26 février de 17h à 19h: intervention d’Aurélie
DELEMARLE (gestion, ESIEE), auteur d’une thèse sur l’émergence
de MINATEC.
- Jeudi 26 mars de 17h à 19h: intervention de Dominique VINCK
(sociologie, Université Pierre Mendès-France, Grenoble),
sur les dynamiques de la recherche en micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 9 avril de 17h à 19h: intervention de Céline
VERCHERE (sociologie, CEA-LID, Grenoble), sur les usages anticipés
des micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 14 mai de 17h à 19h: intervention d’Alain KAUFMANN
(sociologie, Université de Lausanne), sur les débats publics
autour des nanotechnologies.
- Jeudi 11 juin de 17h à 19h: intervention de Xavier GUCHET
et Sacha LOEVE. Clôture du séminaire.
Lieu: salle du Collège sur la Piazza Beaubourg. Pour télécharger
les conférences et séminaires: aller dans la rubrique «Fonds
documentaires», cliquer sur «Accéder aux fonds».
Nom d’utilisateur: «fonds» et mot de passe: «institut».
Vendredi 12
--- Programme
2008-2009 du séminaire Philosophie et sciences sociales. Les séances
auront lieu cette année au second semestre, environ une fois par
mois, le vendredi de 14h à 16h, dans la salle de lecture de NoSoPhi
à la Sorbonne. Le séminaire est ouvert à tous.
Un séminaire organisé dans le cadre des activités
de l’équipe Philosophies Contemporaines (EA 3562, université
Paris I Panthéon-Sorbonne) par Céline BONICCO, Mélanie
PLOUVIEZ et Gildas SALMON.
Le séminaire Philosophie et sciences sociales se propose de
réunir sociologues, anthropologues, économistes et philosophes
pour nouer un dialogue interdisciplinaire. Parce que les sciences sociales
se sont historiquement constituées en rupture avec la philosophie,
leurs rapports ont souvent été d’ignorance, voire d’opposition.
Pour autant, les sciences sociales n’interrogent-elles pas directement
la philosophie? En soulignant la nécessité d’une collaboration
interdisciplinaire, il ne s’agit pas de placer la philosophie dans une
position de surplomb théorique à l’égard des sciences
sociales empiriques. Il s’agit au contraire de mettre en évidence
le travail de conceptualisation interne aux sciences sociales, c’est-à-dire
de comprendre comment elles reprennent, déplacent, subvertissent
ou inventent des problèmes qui intéressent la philosophie.
Ce sont les questionnements philosophiques immanents aux sciences sociales
qui seront au centre de nos discussions. Dans ce cadre, le séminaire
fera place aussi bien à des analyses historiques ou épistémologiques
qu’à la discussion de terrains et travaux en sociologie, en anthropologie
ou en économie. Plutôt que de chercher à fixer un partage
entre philosophie et sciences sociales, nous nous efforcerons de repérer
les points de passage multiples où leurs frontières se brouillent.
Pour l’année universitaire 2008-2009, le séminaire se
déroulera au second
semestre, environ une fois par mois, le vendredi de 14h à 16h.
Les séances
auront lieu dans la salle de lecture de NoSoPhi à la Sorbonne
(entrée par le 1, rue de la Sorbonne, 75005 Paris, escalier K au
fond de la Galerie Dumas, 2ème étage, couloir à gauche,
salle G 615 Bis, 01 40 46 33 64). Chaque séance, composée
d’une intervention suivie d’une discussion, est ouverte à toute
personne s’intéressant aux thématiques abordées.
Programme 2008-2009:
- Vendredi 06 Février: Laurent PERREAU (Université
de Picardie Jules Vernes), «Phénoménologie et sociologie:
le cas Alfred Schütz».
- Vendredi 13 Mars: Claude GAUTIER (Université Paul Valéry
Montpellier), « Les pratiques chez Pierre Bourdieu: entre reproduction
et histoire ».
- Vendredi 03 Avril (16h-18h): Catherine COLLIOT-THÉLÈNE
(Université de Rennes), «Max Weber, une sociologie sans société».
- Vendredi 15 Mai: Alain LEROUX (Université Paul Cézanne
Aix - Marseille), «De l'allocation personnelle au projet Entr'aide
MAIF: histoire d'une idée mise en acte».
- Vendredi 29 Mai: Philippe DESCOLA (Collège de France, EHESS),
«Anthropologie réflexive et philosophie spontanée».
- Vendredi 12 Juin: Frédéric BRAHAMI (Université
de Franche-Comté), « Ce que la Révolution française
fait à la philosophie ».
--- Le
séminaire Philosophie et sciences sociales a le plaisir
d'accueillir, pour sa première séance, Laurent PERREAU (Université
de Picardie Jules Vernes) le vendredi 06 Février 2009 de 14h à
16h dans les locaux de NoSoPhi à la Sorbonne. Séminaire Philosophie
et sciences sociales. Vendredi 06 Février 2009, 14h – 16h Laurent
PERREAU «Phénoménologie et sociologie : le cas Alfred
Schütz». La séance aura lieu dans la salle de lecture
de NoSoPhi à la Sorbonne (entrée par le 1, rue de la Sorbonne,
75005 Paris, escalier K au fond de la Galerie Dumas, 2ème étage,
couloir à gauche, salle G 615 Bis, 01 40 46 33 64).
Vendredi 06 Février 2009: Laurent PERREAU (Université
d'Amiens), «Phénoménologie et sociologie: le cas Alfred
Schütz». [14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 13 Mars 2009: Claude GAUTIER (Université de Montpellier),
«Les pratiques chez Pierre Bourdieu: entre reproduction et histoire».
[14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 03 Avril 2009: Catherine COLLIOT-THÉLÈNE (Université
de Rennes), «Max Weber, une sociologie sans société».
[16h-18h en salle nosophi]
Vendredi 15 Mai 2009 : Alain LEROUX (Université d'Aix-en-Provence),
«De l'allocation personnelle au projet Entr'aide MAIF : histoire
d'une idée mise en acte». [14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 29 Mai 2009 : Philippe DESCOLA (Collège de France),
«Anthropologie réflexive et philosophie spontanée».
[14h-16h en salle nosophi]
Vendredi 12 Juin 2009: Frédéric BRAHAMI (Université
de Besançon), «Ce que la Révolution française
fait à la philosophie». [14h-16h en salle nosophi]
--- In June 2009 there will be two philosophy of religion conferences
in Europe: one in Leuven, Belgium and the other in Birmingham, UK.
Convenient direct flights are available in summer between Brussels and
Birmingham.
Conference
1: Formal Methods in the Epistemology of Religion (KU Leuven, Belgium;
10-12 June 2009)
Organised by Dr. Victoria Harrison (University of Glasgow) and Dr.
Jake Chandler (Centre for Logic and Analytical Philosophy, University of
Leuven). Funded by a generous grant from Professor Igor Douven of the Odysseus
Formal Epistemology Project. Keynote speakers: Branden Fitelson (UC Berkeley);
Alan Hajek (ANU); Lydia McGrew; Tim McGrew (Western Michigan); Graham Oppy
(Monash); Richard Swinburne (Oxford); Michael Tooley (Colorado).
Call for papers: Authors are invited to submit a 400-600 word abstract
for a paper of 30-40 minutes reading time. The abstracts are to be submitted
by e-mail, as an attachment in a common format (preferably pdf, doc or
rtf). The submission deadline is Monday 16th of February 2009, with decisions
expected to be reached by Monday 30th of March 2009. Please send abstracts
and requests for further information to jacob.chandler@hiw.kuleuven.be
and cc. to v.harrison@philosophy.arts.gla.ac.uk.
Samedi 13
Dimanche 14
Conference
2: The Concept of God and the Cognitive Science of Religion (University
of Birmingham, UK; 14-16 June 2009) Organised by Dr. Yujin Nagasawa
(University of Birmingham) and sponsored by the Cognition, Religion and
Theology Project at the University of Oxford, funded by the John Templeton
Foundation.
Keynote speakers: Graham Oppy (Monash), David Efird (York), Richard
Swinburne (Oxford), Klaas J. Kraay (Ryerson), Robin Le Poidevin (Leeds),
David Leech (Oxford), Graham Wood (Tasmania), T. J. Mawson (Oxford)
Call for papers: We invite papers on the conference theme suitable
for 20-minute presentations. Please send the title and an abstract of no
more than 500 words to: Y.Nagasawa@bham.ac.uk. The submission deadline
is Monday 16th of February 2009 (prospective presenters will be notified
by early March). Papers should address implications of recent empirical
research for traditional issues in the philosophy of religion and philosophical
theology, such as the nature and existence of God, the coherence of and
consistency between divine attributes, anthropomorphism, and the cogency
of theistic doctrines. Selected papers will be considered for publication
in an anthology.
--- Année 2008-2009 SÉMINAIRE DE PHILOSOPHIE ET MATHÉMATIQUES.
Ecole normale supérieure, Paris. Fondé par Maurice Loi. Pierre
CARTIER, Jean-Baptiste JOINET, Giuseppe LONGO, Jean PETITOT, Bernard TEISSIER.
Le séminaire se tient, sauf exception signalée, le lundi
à 18h 00, salle Weil, 45, rue d'Ulm, Paris. Thème: "CONTRADICTION,
NEGATION ET RAISONNEMENT PAR L'ABSURDE". PROGRAMME PRELIMINAIRE.
- 12 janvier 2009 : Jean-Yves Girard (Maths, CNRS et IML, Marseille)
"De la vertu négatrice de la négation au surmoi logique.".
- 19 janvier : Richard Tieszen (Philosophy, San Jose' Univ.,
Ca, USA) "Consistency, Incompleteness, and Goedel's Turn to Transcendental
Phenomenology".
- 2 février : Pierre Cartier (Maths, CNRS-IHES) "Vivre
avec une contradiction invisible".
- 9 février : Jean-Baptiste Joinet (Philosophie, Paris
I, et Informatique, PPS, Paris VII) "Négation et infini".
- 9 mars : Alain Prouté (Maths, Paris VII) "Le raisonnement
par l'absurde".
- 16 mars : Imre Toth (Philosophie-Histoire, Université
de Ratisbonne) "Platon Le Sophiste : l'être et le non-être
ou les fondements logiques et ontologiques du nombre irrationnel".
- 30 mars : Giuseppe Longo (LIENS, CNRS-ENS) "Négation,
circularités et dualités dans les analyses de l'état
vivant de la matière". Reférénces: [1], [2].
- 4 mai : Arturo Carsetti (Filosofia, Universitá Roma
II) "Négation, falsification et construction de la connaissance".
- 11 mai : Jean-Philippe Narboux (Philosophie, Université
Bordeaux III) "Négation et espace logique dans le Tractatus de Wittgenstein".
- 18 mai : Marco Panza (CNRS et Paris VII) "La preuve par l'absurde
et la notion d'analyse".
- 25 mai : Michel De Glas (CNRS et CREA, Polytehcnique) "Non
contradiction, tiers exclu et constructivité".
- 15 juin : Federico Leoni (Philosophie, Univ. Statale, Milano)
"Dialectique et non-contradiction. Pour une généalogie de
la formalization".
- 22 juin : Nathalie Charraud (Psycho, Paris VIII)) "Les paradoxes
avec Lacan".
Mercredi 17
Jeudi 18--- La Société
Internationale d´Études Néoplatoniciennes / The International
Society for Neoplatonic Studies et l´Université Jésuite
de Philosophie et Éducation « Ignatianum » à
Cracovie. Colloque à Cracovie, du 18 au 21 Juin 2009. Les
propositions doivent être envoyées avant le 26 Janvier 2009
à l´un des organisateurs : Marcin Podbielski: marcin.podbielski@kul.lublin.pl,
Anna Zhyrkova: zhyrkova@post.tau.ac.il, John Finamore: john-finamore@uiowa.edu.
Les propositions de communications pour les différents «
panels » doivent être envoyées directement à
leurs organisateurs. Nous encourageons aussi des propositions de communications
individuelles, non liées aux « panels ». Les sommaires
de toutes les communications, d´une longueur ne dépassant
pas une page, doivent être envoyés aux organisateurs avant
le 23 Février 2009.
--- Institut d'études lévinassiennes. René
Lévy Un exemple de palimpseste : l'idée de l'immortalité
chez Walter Benjamin Jeudi 18 juin 2009, à 20h30, Ecole
Normale Supérieure, 45, rue d'Ulm, 75005 Paris, salle des Actes.
Vendredi 19
--- Colloque 2009 du Groupe d’Études
sartriennes aura lieu à Paris les 19 et 20 juin 2009. Le
GES (Groupe d'études sartriennes) Les
conférences du colloque 2008 sont accessibles au format audio.
--- Université Paris Ouest
– Nanterre-La Défense ; Association « Zetesis » [Association
de doctorants et de jeunes chercheurs en sciences de l'Antiquité]
Appel à contributions. « La rationalité tragique ».
Colloque de doctorants et de jeunes chercheurs en sciences de l'Antiquité,
les 19 et 20 juin 2009. «Échec de la délibération
ou de la volonté face aux affections, raison aux prises avec un
environnement qui déjoue ses plans, conflits entre un type de rationalité
scientifique naissante et un esprit attentif aux tensions, aux oxymores,
aux contraires, autant de situations où la construction de la rationalité
grecque se comprend contre un milieu qui tend à l'occulter ou à
empêcher son développement. M. Nussbaum (The Fragility of
Goodness) l'a souligné avec force : la fragilité des objets
désirés, le devenir contradictoire, le hasard sont autant
de défis posés à une « rationalité grecque
» s'opposant à l'ambiguïté, à l'infini,
au destin. C'est à partir d'un moment « tragique » que
se déploie la rationalité grecque, contemporaine d'institutions
théâtrales qui la mettent sur la scène du monde. Mais
ce « tragique » ne concerne pas seulement la sphère
des actions humaines : lorsque Socrate qualifie une définition de
la couleur de « tragique », (Ménon, 76d-e), l'hypothèse
d'une rationalité tragique pourrait bien s'appliquer pour caractériser
des modes de pensée qui entrelacent différemment le partage
entre science de la nature et l'éthique. Par « rationalité
tragique » on peut donc entendre l'enrichissement réciproque
d'une raison qui se nourrit de ce que la tragédie a pu révéler
en l'homme, et d'une tragédie qui constitue la frontière
que la philosophie tend toujours à déborder ou à investir.
Le dialogue entre les tragiques et les philosophes constitue un point central
de la rencontre entre la rationalité et la tragédie, mais
n'est pas exclusif d'un ensemble d'échanges avec d'autres formes
de savoir comme la science de la nature, la médecine, l'histoire,
ou la rhétorique. Nous attendons des contributions sur ce thème,
à travers une approche philosophique, littéraire, ou historique,
sans restriction de corpus particulière. Il s'agira avant tout de
croiser différentes approches sur ce sujet, afin de cerner dans
les textes anciens le nœud plus ou moins serré constitutif de la
rationalité grecque, à travers ses applications dans la sphère
de la pensée, de l'éthique ou de la politique.»
CALENDRIER : Les propositions doivent parvenir aux organisateurs par
courrier électronique avant le 1er février 2009, seront soumises
à un comité scientifique pour sélection (début
mars), et les communications complètes doivent parvenir aux organisateurs
au 1er juin 2009 pour leur mise en ligne sur le site de « Zetesis
».
Comité scientifique
: Vincent Azoulay (Paris Est), Jean-François Balaudé (Paris
Ouest Nanterre), Paul Demont (Paris IV), Marie-Laurence Desclos (Grenoble
II), Annick Jaulin (Paris 1), André Laks (Paris IV), Arnaud Macé
(U. Franche-Comté), Sylvie Perceau (U. de Picardie Jules Verne)
et Anne-Gabrièle Wersinger (U. de Reims Champagne Ardenne).
Comité d'organisation
: Sandrine ALEXANDRE (Grenoble II), [xianglang(at)hotmail(point)fr] ; Stéphane
MARCHAND (Paris Ouest) [marchand.st(at)gmail(point)com] ; Olivier RENAUT
(Paris Ouest) [o.renaut(at)gmail(point)com].
Samedi 20
Dimanche 21
--- Séminaire
Lumières : François Zanetti (Paris X, CHISCO):
"L’électricité médicale des Lumières" le lundi
5 janvier de 18h à 20h au centre Pierre Mendès-France, 90
rue de Tolbiac 75013 Paris, salle C. 19. 07 (19e étage, ascenseurs
rouges). La séance est ouverte à tous. «L'électricité
médicale est un bon poste d'observation des dynamiques et des tensions
dans le monde médical et la société de la seconde
moitié du XVIIIe siècle. Par la diversité des acteurs
impliqués, les incertitudes du support théorique et l'adéquation
avec le moment empiriste, elle permet de concentrer et d'articuler les
interrogations sur la légitimation des savoirs et des savoir-faire
médicaux, les rapports entre médecine officielle et «
pénombre médicale », l'adoption de nouveaux instruments
et de nouvelles pratiques dans les stratégies thérapeutiques
des praticiens mais aussi des patients, enfin sur le contexte médical
et social qui l'entoure."
Programme 2008-2009 :
Lundi 27 octobre : Maurice Rouillard (Paris IV, CELLF 17e-18e), Cabanis,
homme de l'art. De la sensibilité d'organe à la sensibilité
d'esprit.
Lundi 1er décembre : Ricardo Monteagudo (Universidade Estadual
Paulista), Gouvernement et démocratie chez Rousseau.
Lundi 5 janvier : François Zanetti (Paris X, CHISCO), L’électricité
médicale des Lumières.
Lundi 16 février : Thomas Van der Hallen (Paris 1, CHSPM), Vers
une théorie de la révolution : Condorcet, Barnave, Robespierre.
Lundi 30 mars : Florent Trocquenet (Caen, CRHQ), 'Idées',
'réflexions', 'pensées' : pour une poétique des Pensées
de Montesquieu.
Lundi 11 mai : Stefanie Buchenau (Paris X, Les Mondes allemands), Anthropologie
philosophique et médecine dans les Lumières allemandes.
Lundi 22 juin : Isabelle Aubert (Paris 1, NoSoPhi), Les Lumières
revues par la théorie critique.
Le séminaire
« Lumières » est organisé par Capucine Lebreton
(NoSoPhi) et Marion Chottin (CHSPM). Il rassemble doctorants et jeunes
chercheurs travaillant autour du dix-huitième siècle, d’abord
en philosophie, mais également dans d’autres disciplines, et est
ouvert à toute personne intéressée.
--- Année 2008-2009 SÉMINAIRE DE PHILOSOPHIE ET MATHÉMATIQUES.
Ecole normale supérieure, Paris. Fondé par Maurice Loi. Pierre
CARTIER, Jean-Baptiste JOINET, Giuseppe LONGO, Jean PETITOT, Bernard TEISSIER.
Le séminaire se tient, sauf exception signalée, le lundi
à 18h 00, salle Weil, 45, rue d'Ulm, Paris. Thème: "CONTRADICTION,
NEGATION ET RAISONNEMENT PAR L'ABSURDE". PROGRAMME PRELIMINAIRE.
- 12 janvier 2009 : Jean-Yves Girard (Maths, CNRS et IML, Marseille)
"De la vertu négatrice de la négation au surmoi logique.".
- 19 janvier : Richard Tieszen (Philosophy, San Jose' Univ.,
Ca, USA) "Consistency, Incompleteness, and Goedel's Turn to Transcendental
Phenomenology".
- 2 février : Pierre Cartier (Maths, CNRS-IHES) "Vivre
avec une contradiction invisible".
- 9 février : Jean-Baptiste Joinet (Philosophie, Paris
I, et Informatique, PPS, Paris VII) "Négation et infini".
- 9 mars : Alain Prouté (Maths, Paris VII) "Le raisonnement
par l'absurde".
- 16 mars : Imre Toth (Philosophie-Histoire, Université
de Ratisbonne) "Platon Le Sophiste : l'être et le non-être
ou les fondements logiques et ontologiques du nombre irrationnel".
- 30 mars : Giuseppe Longo (LIENS, CNRS-ENS) "Négation,
circularités et dualités dans les analyses de l'état
vivant de la matière". Reférénces: [1], [2].
- 4 mai : Arturo Carsetti (Filosofia, Universitá Roma
II) "Négation, falsification et construction de la connaissance".
- 11 mai : Jean-Philippe Narboux (Philosophie, Université
Bordeaux III) "Négation et espace logique dans le Tractatus de Wittgenstein".
- 18 mai : Marco Panza (CNRS et Paris VII) "La preuve par l'absurde
et la notion d'analyse".
- 25 mai : Michel De Glas (CNRS et CREA, Polytehcnique) "Non
contradiction, tiers exclu et constructivité".
- 15 juin : Federico Leoni (Philosophie, Univ. Statale, Milano)
"Dialectique et non-contradiction. Pour une généalogie de
la formalization".
- 22 juin : Nathalie Charraud (Psycho, Paris VIII)) "Les paradoxes
avec Lacan".
Mardi 23
--- FROM RICOEUR TO ACTION: AN INTERDISCIPLINARY CONFERENCE. UK-IRELAND
SOCIETY FOR RICOEUR STUDIES CONFERENCE. June 23-24, 2009. This conference
will be held at the University of Kent (Canterbury, UK). CONFIRMED KEYNOTE
SPEAKERS: Dr. Pamela S. Anderson (Philosophy, Oxford University), Prof.
George H. Taylor (School of Law, University of Pittsburgh), Prof. Olivier
Abel (Faculté libre de théologie protestante de Paris) .
SUBMISSION DEADLINE: Friday, April 24, 2009.
There is an arrangement with Continuum to review a formal proposal
for publication of a selection of the conference papers as an edited volume
on Ricoeur, for their series in Continental Philosophy.
SUBMISSION INSTRUCTIONS: Papers addressing all aspects of Ricoeur's
work in relation to contemporary social, political, economic and environmental
crises are welcome. Areas of particular interest include but are not limited
to: Social Praxis, Political Theory and Identity, Political Economy, Theology,
Religion and Society, Hermeneutics and Law, Ethics and Nature, Literary
Theory and Self-Understanding. A partial list of Ricoeur’s work and themes:
Lectures on Ideology and Utopia, The Just, The Course of Recognition Oneself
as Another, Thinking Biblically, The Symbolism of Evil, Figuring the Sacred,
Memory, History, Forgetting, History and Truth, Fallible Man, L’Homme Capable.
For purposes of consideration, please submit an electronic abstract
only (of roughly 300-500 words) and attach a separate title page that includes
the paper's title, the author's name, institutional affiliation, mailing
address, and email address. Notification of acceptance will be given via
email. Final papers should not exceed a length of 3000 words (or twenty
minutes when read aloud). Abstracts and queries should be sent to: Dr.
Todd Mei (University of Kent) at T.Mei@kent.ac.uk.
Mercredi 24
Jeudi 25
--- Seizième Colloque Bisannuel de l'Association
Rousseau. Sixteenth Biennial Colloquium of the Rousseau Association. Fortunes
de Rousseau/Rousseau's Legacies Los Angeles, Californie (Etats-Unis) 25-28
Juin, 2009. Appel à communications. En collaboration avec l'université
de Californie, Los Angeles (UCLA) (Directeur du programme: Byron Wells).
«Célébré par Kant comme le Newton du monde moral,
et qualifié de "fondateur des sciences de l'homme" par Claude Lévi-Strauss,
Rousseau est indéniablement un penseur auquel la postérité
aura réservé une place de choix. Peu d'auteurs auront eu
l'impact qu'a eu Rousseau dans des domaines aussi variés que la
philosophie, la politique, l'autobiographie, la psychologie, la pédagogie,
et la musicologie. Peu également auront été considérés
comme précurseur dans tant de sphères d'activité.
Or, ces jugements sur Rousseau, remarquables par leur nombre et leur diversité,
le sont également par leur contradiction: ainsi Rousseau est-il
considéré comme le théoricien de la démocratie
moderne par certains, et comme l'apôtre du totalitarisme par d'autres.
Ce colloque invite les réflexions sur ces diverses et multiples
fortunes de Rousseau, et sur l'influence et l'importance de sa pensée
dans la postérité. Conformément à la mission
de l'Association Rousseau, toutes les disciplines sont invitées
à cette réflexion (philosophie, littérature, théorie
politique, théâtre, musicologie, etc.). Les communications
au colloque, en français ou en anglais, seront de vingt minutes.
Les propositions (titre et résumé) devront être envoyées
à Christopher Bertram, Président de l'Association Rousseau,
par courrier électronique de préférence : <C.Bertram@bristol.ac.uk>.
Vendredi 26
Samedi 27
Dimanche 28
Lundi 29
Mardi 30